Épidémie

«  Le système sanitaire ne peut pas tout  »

propos recueillis par Émilie Pourbaix

jeudi 1er avril 2021

« Pour la première fois de l’histoire, le serment d’Hippocrate a volontairement été écarté, éliminé par la post-modernité. »

La crise qui secoue la planète depuis un an interroge notre société sur le sens donné à la médecine. Entretien avec le docteur Patrick Theillier, ancien médecin permanent du bureau médical de Lourdes.

Quel regard portez-vous sur les événements que nous traversons depuis un an ?

Patrick Theillier : Il est temps de comprendre que le système sanitaire ne peut pas tout. C’est ce que révèle cette pandémie : c’est une crise techno-sanitaire où tout a été fondé sur la technique, sans autre réflexion. Elle a mis également en lumière la fragilité de notre société et des personnes. Fragilité physique, en raison de nos déficiences immunitaires, liées notamment à notre alimentation trop pauvre ; et fragilité morale, à cause de nos déficiences psycho-spirituelles. L’écrivain Serge Joncourt a écrit récemment : «  Rien n’affole plus les peuples que de se redécouvrir mortels.  » C’est exactement ce que nous vivons… Nous avions occulté la mort par tous les moyens, on n’en parlait plus. Nous voilà terrifiés de nous redécouvrir mortels ! Et c’est l’occasion de faire passer n’importe quoi dans l’esprit des gens. La survie est devenue le seul but de notre société. Mais une vie réduite à la survie, ce n’est plus une vie, c’est juste une existence… Être vivant c’est être en relation : on meurt de vouloir seulement survivre ! On a oublié qu’il y avait une vie bien plus grande que la vie sanitaire : c’est la vie spirituelle.

Cette crise serait-elle un avertissement permis par Dieu ?

C’est possible que Dieu permette cela devant notre aveuglement spirituel, pour nous ramener à l’essentiel, nous faire comprendre que la vie n’est pas seulement le bien-être matériel, se divertir, se nourrir et vivre le plus longtemps possible. Car le vrai danger pour notre vie n’est pas la menace de mort, mais le – mauvais – choix de vivre sans lui, qui est la source de la vie… C’est le grand problème de notre société post-moderne, qui a commencé, selon moi, en 1858. Étonnamment, c’est à la fois l’année des apparitions de Lourdes et de la parution de deux livres dont les conséquences ont été très néfastes pour notre société : L’origine des espèces, de Darwin, source de tout l’athéisme moderne ; et la Vie de Jésus, de Renan, qui a lancé la critique moderniste.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

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