Le « non » du Catéchisme de l’Eglise catholique à la peine de mort, pour un grand « oui » à la vie

par Natalia Bottineau

samedi 18 août 2018

Le “non” à la peine de mort inscrit désormais dans le Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC) vient compléter le grand “oui” de l’Eglise à la vie, avec une modification du CEC du 2 août dernier. Une modification saluée par le gouvernement français…

“La France se réjouit de l’opposition ferme à la peine de mort exprimée par le Saint-Siège, pour laquelle elle est une « mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle »”, indique le Quay d’Orsay le 2 août. Le communiqué ajoute : “Nous saluons le souhait exprimé que l’Eglise « s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde ».”
Et il conclut : “La France est engagée de façon déterminée et constante pour l’abolition universelle de ce châtiment injuste, inhumain et inefficace. Elle appelle tous les États appliquant encore la peine de mort à établir un moratoire en vue d’une abolition définitive.”

L’évêque de Gap, Mgr Xavier Malle, salue ce commentaire en répondant au tweet de France Diplomatie : “Merci. Et on espère une même réjouissance sur d’autres sujets abordés par le Saint-Père ! #migrants #avortement #euthanasie #meresporteuses #pmasanspere”.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de la cohérence dans le respect de toute vie humaine, dans toute sa continuité, de sa conception à sa mort naturelle.
A l’origine de cette déclaration de la diplomatie française la décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dirigée par un théologien « de Benoît XVI » qui l’avait appelé à ce dicastère, le cardinal Luis Ladaria Ferrer sj, de revoir la rédaction de l’article du Catéchisme de l’Eglise catholique sur la peine de mort.

Le numéro 2267 du CEC constate en effet que « pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée à la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun ».

Il constate aussi l’évolution de la conscience morale pour ce qui est du respect de la vie et l’évolution de la capacité des sociétés de mettre un agresseur hors d’état de nuire : « Aujourd’hui, on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir. »

C’est le point : la possibilité de conversion. L’exemple du « Bon larron » vient facilement à l’esprit. On se souvient aussi de la prière de Thérèse de Lisieux pour Henri Pranzini (1857-1887), reconnu coupable d’un triple meurtre crapuleux, à Paris. Et de la conversion d’un Jacques Fesch (1930-1957), condamné à mort pour un braquage commis le 25 février 1954, à Paris également, suivi par le meurtre d’un gardien de la paix. Son procès de béatification a été ouvert. Mais dans les trois cas, il y a eu sentence de mort.
L’article du catéchisme conclut, pour être en cohérence avec l’Evangile, que la peine de mort est « inadmissible » : « C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que “la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne’’ et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde. »

En employant le terme « inadmissible », le Catéchisme cite entre guillemets le discours du pape François aux participants de la Rencontre organisée par le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, le 11 octobre 2017.

Le pape François a approuvé la nouvelle version de ces paragraphes du Catéchisme, au cours d’une audience accordée le 11 mai 2018 au cardinal Ladaria, et il a demandé qu’ils soient traduits dans les différentes langues et inclus dans toutes les éditions du CEC.

Le texte révisé du catéchisme s’accompagne d’une lettre du cardinal Ladaria et du secrétaire du même dicastère, Mgr Giacomo Morandi, aux évêques du monde, pour expliquer les fondements de la décision. Ils soulignent que le “respect dû à chaque vie humaine”, est la motivation profonde du changement apporté à la rédaction du Catéchisme, et qu’elle s’appuie notamment sur l’enseignement du saint pape Jean-Paul II dans "L’Evangile de la vie" : “L’enseignement de l’Encyclique Evangelium vitae de Jean-Paul II est d’une grande importance (...). Le Saint-Père indique parmi les signes d’espérance d’une nouvelle civilisation de la vie « l’aversion toujours plus répandue de l’opinion publique envers la peine de mort, même si on la considère seulement comme un moyen de “légitime défense” de la société, en raison des possibilités dont dispose une société moderne de réprimer efficacement le crime de sorte que, tout en rendant inoffensif celui qui l’a commis, on ne lui ôte pas définitivement la possibilité de se racheter ».”
La lettre rappelle cette réflexion de Jean-Paul II sur Caïn : “Meurtrier, il garde sa dignité personnelle et Dieu lui-même s’en fait le garant”.

Elle cite les interventions de Jean-Paul II contre la peine de mort, notamment dans une homélie à Saint-Louis, aux Etats-Unis, le 27 janvier 1999 : “Un signe d’espérance est constitué par la reconnaissance croissante que la dignité de la vie humaine ne doit jamais être niée, pas même à celui qui a fait le mal. La société moderne a les moyens de se protéger sans nier de façon définitive aux criminels la possibilité de se racheter. Je renouvelle l’appel que j’ai lancé tout récemment à Noël en vue d’un accord visant à mettre un terme à la peine de mort, qui est à la fois cruelle et inutile.”

Et l’enseignement de Benoît XVI est allé dans le même sens, ajoute la lettre, que ce soit dans son exhortation apostolique post synodale Africae munus (n.96), ou au cours d’une audience du 30 novembre 2011 où il s’est exprimé en faveur de l’abolition de la peine de mort : “Que vos débats encouragent les initiatives politiques et législatives actuellement promues dans un nombre croissant de pays en vue d’abolir la peine de mort et de poursuivre les progrès importants accomplis afin de rendre le droit pénal plus conforme à la dignité humaine des prisonniers et au maintien efficace de l’ordre public”.

Ainsi, la révision du CEC “se situe dans la continuité du Magistère précédent et atteste un développement cohérent de la doctrine catholique”.

La nouvelle formule invoque la lumière de l’Evangile : “L’Évangile aide à mieux comprendre l’ordre de la création que le Fils de Dieu a assumé, purifié et porté à sa plénitude ; il nous invite aussi à la miséricorde et à la patience du Seigneur, qui donne à chacun le temps de se convertir.”

Et le document s’achève par la demande de reconnaissance par les Etats de la “dignité de chaque vie humaine” : “La nouvelle formulation du n.2267 du Catéchisme de l’Église Catholique veut pousser à un engagement décisif, notamment par un dialogue respectueux et serein avec les autorités politiques, afin de favoriser une mentalité qui reconnaisse la dignité de chaque vie humaine ; de même, elle incite à créer les conditions qui permettent d’éliminer dans le monde contemporain l’institution légale de la peine de mort, là où elle est encore en vigueur.”

Mgr Malle ne s’y trompe pas, ce qui est en jeu, c’est de faire progresser aussi dans l’opinion publique le respect dû à toute vie humaine, à chaque moment de sa vie. C’est une étape en vue de l’adhésion au grand « oui » à la vie proposé par l’Evangile où le Fils de Dieu, l’Innocent, donne sa vie pour le salut du monde – y compris des pires criminels - et meurt, condamné à mort par un pouvoir inique, en régime d’Occupation. Et de sa mort jaillissent le pardon et la vie, l’Esprit qui est pour qui l’accueille puissance pour ne plus pécher : « Va, et désormais ne pèche plus ! »

Messages

  • Et la dignité des victimes ?
    Comment peut-on placer sur le même plan une vie innocente et une vie coupable ?
    Quid enfin du sérieux de la vie politique ( bien commun) dans ces conditions ?

  • Heureusement, le texte officiel ne concerne que la peine de mort appliquée frauduleusement par le Pouvoir contre les délits. Celle appliquée pour les crimes inhumains commis sur l’innocent demeure moralement licite. Voir Saint Thomas d’Aquin !

  • Je ne comprends pas :
    « C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que “la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne’’...
    Et jusqu’alors, à la lumière de l’Evangile, l’Eglise enseignait que la peine de mort était admissible...
    La lumière du même Evangile peut donc avoir deux interprétations contradictoires.
    Pascal disait "vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà".
    Faut-il donc croire maintenant que cet adage s’applique aussi à l’Evangile ? Péché la veille et vertu le lendemain ?
    Tout ceci est très politiquement correct mais pas très crédible...

  • Dans cette phrase : "l’homme ne perd pas sa dignité même après avoir commis des crimes très graves" le mot "dignité" devrait être précisé car il n’a pas le même sens pour un chrétien et un non-chrétien. Le catéchisme enseigne que le premier homme créé a perdu sa dignité dans l’Eden après avoir désobéi à Dieu. Jésus Christ est venu sur terre pour rétablir l’homme dans sa dignité. Et dans l’évangile de saint Jean, Jésus dit : Ce qui est né de la chair est chair
    Ce qui est né de l’esprit est esprit
    Ne t’étonne pas si je t’ai dit
    Il vous faut naître d’en haut
    Ainsi le chrétien peut retrouver sa dignité perdue
    La personne athée considère qu’elle a sa dignité propre par sa naissance : être supérieur à tout autre vivant, c’est le bon sauvage de Jean-Jacques Rousseau, et on arrive à la formule :" il est interdit d’interdire ", qui s’est propagée dans les années 1970
    Que faire maintenant des délinquants pour qu’ils ne deviennent pas des multirécidivistes, ou des radicalisés en prison

  • Le tout est supérieur à la partie, nous dit le pape François. Le rejet de la peine de mort s’inscrit dans ce grand combat pour la défense de la vie. Il en est de même pour l’avortement et l’euthanasie. Prions le Seigneur pour qu’il éclaire nos gouvernants et les aide à ne pas se contredire.

  • Permettez moi de ne pas partager l’enthousiasme franc et massif de madame Bottineau.
    D’abord il convient de se référer à l’excellente chronique sous-jacente de Monsieur Dumas.
    Il décrit fort bien les ambiguïtés et les aspects un peu démagogiques d’une telle déclaration dans une société où il semble que si condamner à mort un assassin cruel n’est "plus admissible de nos jours" , mettre fin à 200 000 vies humaines innocentes par an (en France) ne saurait plus poser de problème.
    Quelques éléments par ailleurs :
    On nous parle de " systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité des citoyens"
    Lesquels , s’il vous plaît ?
    Pas en France en tous cas où les récentes évasions ont défrayé la chronique et où la perpétuité "réelle" n’existant pas, le pire des assassins-tortionnaires- violeurs d’enfants récidivistes peut ressortir 30 ans après.
    On nous cite le Bon Larron, Pranzini et Fesch : mais remarquons qu’aucun de ces 3 hommes ( qui, Dieu soit loué, sont sauvés : avec certitude pour le premier et bon espoir pour les 2 autres) n’a contesté la légitimité de sa peine !
    Enfin il est intéressant de noter que la version française parle du caractère "inhumain" de la peine de mort et non du caractère "inadmissible" de celle-ci.
    Ceci me paraît beaucoup plus juste : en effet la peine de mort est d’une sévérité inhumaine c’est indéniable mais comme faire la guerre est chose inhumaine ( faut-il condamner les combattants de 1940 et 1944 qui ont défendu et libéré le pays ?) comme ouvrir le feu sans sommations sur un terroriste retranché est chose inhumaine( mais faut-il le laisser repartir et faire d’autres victimes ?)
    en réalité c’est le problème du moindre mal qui est posé.
    Si mettre fin à une vie humaine innocente et sans défense est ABSOLUMENT inadmissible, il semble bien que mettre fin à la vie d’un injuste agresseur peut , dans certains cas, être licite.

  • Les victimes des récidivistes seront donc considérées comme des "dégâts collatéraux" et passées par pertes et profits !

    Ce Pape me semble avoir tendance à privilégier la "personne" individuelle et négliger la collectivité menacée. C’est aussi ce qu’il fait à propos des migrants !

  • En remerciant Natalia Bottineau il est permis de constater que son billet est beaucoup trop long pour une simple information :

    - faire référence, dans ce cas, est légitime mais il eut été pertinent de citer les mots du § 11 du discours de Benoit XVI pour les voeux au corps diplomatique le lundi 07 janvier 2008 : "... rappelant l’appel du Pape Jean-Paul II à l’occasion de grand Jubilé de l’An 2000, je me réjouis que le 11 décembre dernier l’Assemblée générale des Nations-Unies ait adopté la résolution appelant les Etats à instituer un moratoire sur l’application de la peine de mort... " (noter : "application de la peine de mort") ;

    - Paul VI avait aboli en 1969 la clause de la peine de mort dans la Constitution du Vatican de 1929, mais ce n’est que le 22 février 2001, sauf erreur, que la peine capitale a été retirée de la Constitution ;

    - mentionner Thèrèse de Lisieux, Pranzini et le Bon larron" ne semble pas indispensable, car pourquoi dès lors ne pas citer également Maria Goretti et son assassin et, tant qu’on y est, les bombes qui ont pulvérisé les populations et les villes de Hiroshima et Nagasaki et sans avoir jamais entendu à ce jour, non pas amende honorable, mais le moindre regret ou la moindre petite excuse du gouvernement des USA... Cela dit pour abréger, sans rappeler tout ce qui a commencé en 2011 et même avant et qui perdure : violations de l’espace aérien et naval de pays membres de l’ONU pour larguer comme autant de friandises des bombes sur les populations...

    Pour en terminer, le choix d’étaler, dès le 2ème §, une citation du Quai d’Orsay c’est un peu comme présenter un verre de limonade pour faire avaler une purge et résonne comme une bénédiction ou satisfecit à l’action du pape. Telle action papale peut être appréciée ou non par tel ou tel gouvernement, sans pour autant qu’une quelconque autorité civile soit avancée comme une sorte de parachute.

    Que le pape ait retiré la peine de mort du Catéchisme de l’Eglise catholique relève de sa seule responsabilité ; quand on n’est pas abilité à en discuter, on pourrait par contre se permettre de constater que cette action de François est de loin bien plus facile, sinon possible, à entreprendre que, par exemple, d’y faire adhérer, avec le respect qui lui est dû, l’ami Ahmed El Taïeb, de l’Azhar, au Caire.

  • Serge Wassilieff (bonjour) je trouve votre commentaire tout-à-fait opportun et bienvenu, en ce qu’il oblige à considérer la complexité des choses, infinie sans doute en la matière, et à éviter le risque toujours présent d’en rester à une perception sentimentale ou charnelle (au sens paulinien).
    Sur le sujet de la peine de mort, si l’on veut bien faire l’effort de s’interroger en conscience, oui, bien-sûr !, on doit laisser à tout homme la possibilité de changer et, d’un point de vue chrétien, de se sauver. Mais il y a la présence du Mal il me semble ...
    Et l’homme n’est pas bon par nature ; il peut même inconsciemment se sentir encouragé à passer à l’acte, à "profiter" de cet esprit issu des Lumières qui a imposé la tolérance aux dépens de la miséricorde, qui elle, commence par inviter à faire la vérité en soi, avant et afin de proposer le pardon.
    Donc, cette décision, sans doute juste, peut être perçue de bien des manières selon que l’on est croyant ou incroyant et qu’on a des conceptions souvent incompatibles de la dignité ou de la compassion par exemple (voir le sujet de l’avortement et de l’euthanasie).
    Cela soulève également la question (évoquée par un lecteur) de l’inspiration des textes précédents du Catéchisme ...
    D’autre part vous posez justement la question du licite et de l’illicite quand il s’agit de se défendre ou de résister à un agresseur au risque de donner la mort. Cette question demeure quasiment insoluble car si je comprends bien l’Évangile, tout se joue à l’intérieur de soi-même. En effet, comment savoir où commence l’intention de tuer ? Faut-il se défendre contre celui qui veut vous tuer ou tuer un de vos proches tout en gardant sans cesse à l’esprit que chaque geste de défense doit non seulement ne pas comporter la moindre intention de tuer mais veiller à ce qu’il ne provoque pas la mort ?
    Et que dire à propos de la guerre ???

    A cette occasion, je souhaite dire ceci. Que le pape François s’attèle à une profonde réflexion sur la mort qui est plus que jamais occultée et sur son "refus" quasi superstitieux, qui a pour effet de rendre difficilement supportable tout ce qui nous rappelle notre finitude et notre condition mortelle : la maladie, la vieillesse, les fragiles, les handicapés ; bientôt les disgracieux ?
    Qu’il puisse dénoncer, à la suite de Benoît XVI, le relativisme moral, car c’est cette confusion entre le bien et le mal qui entraîne le chaos des esprits et l’endurcissement des cœurs auquel nous assistons.
    Qu’il nous ramène à nous passionner pour les Fins dernières et à la venue du Christ, réalités dont plus personne ne parle, qui semblent réservées à d’hypothétiques lendemains ; qu’il nous fasse "entrer dans l’espérance", nous et le monde à notre suite.

  • Le débat se déroule dans le respect mutuel qui favoriserait son élargissement dans le même esprit.

    L’article présente le changement survenu en s’appuyant sur :
    - le "satisfecit" du ministère des A.E. d’un gouvernement civil,
    - le rappel du discours du pape François du 11/10/2017,
    - des événements au cours desquels Jean-Paul II et Benoît XVI auront donné leur sentiment sur l’abolition de la peine de mort : homélie de J.-P.II aux USA le 27/01/1999, audience de Benoit XVI du 30/11/2011 pour ne citer qu’eux,
    pour en arriver à :
    - "Ainsi, la révision du CEC "se situe dans la continuité du Magistère précédent et atteste un développement cohérent de la doctrine catholique"".
    - in fine : "La nouvelle formulation du N.2267 du CEC veut pousser à un engagement décisif , notamment par un dialogue respectueux et serein avec les autorités politiques, afin de favoriser une mentalité qui reconnaisse...".
    1. En dépit de leur sentiment respectif sur la peine de mort, aucun changement de la N. 2267 n’a été opéré sous les pontificats de JPII et de Benoit XVI.
    2. "La nouvelle formulation de la 2267" viserait "un engagement décisif des Etats
    notamment par un dialogue respectueux et serein avec les autorités..." ;
    3. "Le pape François a approuvé la version de ces paragraphes au cours d’une audience accordée le 11 mai 2018 au cardinal Ladaria et il a demandé qu’ils soient traduits... "Le texte révisé du Catéchisme s’accompagne d’une lettre du cardinal Ladaria au Secrétaire du même dicastère, Mgr. G. Morandi, aux évêques du monde pour expliquer...".

    D’une part, "un dialogue respectueux et serein avec les autorités politiques" est visé par la "nouvelle formulation de la 2267" et, d’autre part, le libellé de l’article ci-dessus mentionne que l’audience du 11 mai 2018 et les actions du Cal Ladaria et de Mgr Morandi ne semblent pas avoir été précédées, au moins, d’un "dialogue respectueux et serein" avec, par exemple, un cercle plus élargi de pasteurs de l’Eglise catholique, responsables eux aussi, devant Dieu et leurs ouailles.

    "Le "non" du Catéchisme de l’Eglise catholique à la peine de mort..." est un article dont la structure pourrait susciter plus d’inquiétudes que d’apaisement, qui reflète le désir de "dialogue respectueux et serein avec des autorités politiques" sans aucune mention de l’avis d’au moins une petite majorité de responsables religieux.

    A défaut, ce billet encourage vivement à prier pour que l’Esprit-Saint soit au rendez-vous pour le Saint Père, pour tous les dignitaires de l’Eglise catholiques, pour les fidèles et tout le peuple de Dieu.

  • @ Serge Wassilieff

    « La condamnation à la peine de mort est une mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle ». Le Pape François s’est exprimé ce 11 octobre 2017 à l’occasion du 25ème anniversaire du Catéchisme de l’Église Catholique promulgué par Saint Jean-Paul II le 11 octobre 1992. Devant les participants à cette rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation dans la salle du Synode au Vatican, le Saint-Père a réaffirmé l’évolution de la position de l’Église sur la peine capitale : « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité de la personne ».
    Cf. site Paroisse Saint Jacques du Val Graon — Paroisse Notre Dame de Lumière
    https://www.paroisse-moutiers.fr/peine-de-mort-le-pape-modifie-le-catechisme-de-leglise-catholique/

    Je renvoie également au commentaire de http://www.catholique-reims.fr/blog/peine-de-mort-le-pape-modifie-le-catechisme-de-leglise-catholique/

    [...] le primat de la dignité humaine
    Cette nouvelle formulation affirme que « la suppression de la vie d’un criminel, comme punition d’un délit, est inadmissible parce qu’elle attente à la dignité de la personne, laquelle n’est pas perdue même après des crimes très graves ». De plus, « étant donné que la société actuelle dispose de systèmes de détention plus efficaces, la peine de mort n’est plus nécessaire pour protéger les personnes innocentes » ; il n’en demeure pas moins que « l’autorité publique a le devoir de défendre la vie des citoyens », comme l’a toujours enseigné le Magistère.

    Cette nouvelle formulation, approuvée par le Pape, est entrée en vigueur le mercredi 1er août 2018. Elle veut pousser à « un engagement décisif, notamment par un dialogue respectueux et serein avec les autorités publiques, afin de favoriser une mentalité qui reconnaisse la dignité de chaque vie humaine », et réaffirmer avec force et sans équivoque, le combat déterminé de l’Église pour l’abolition totale de cette pratique. [...]

  • l’absence de peine de mort sauve la vie d’un grand nombre de prêtres pédérastes

  • Tenez-vous informé, berndt, il y a longtemps que ce que vous nommez ainsi ne concerne plus la Justice et encore moins la peine de mort (consultez les annales). Cela entre dans ce que l’on appelle "commerce" entre adultes de même sexe consentants... Commerce dont la critique constitue désormais une discrimination, punissable par cette même justice.

    Contrairement à votre assertion, on peut légitimement douter qu’un "grand nombre de prêtres" soient concernés par cette orientation sexuelle. Ce serait faire injure à l’Eglise de croire que ses prêtres transgressent allègrement les règles du célibat auquel ils se sont engagés en toute solennité devant Dieu (de surcroît pour s’engager dans des relations homosexuelles).

  • Sous "Abolition de la peine de mort....", le message du 24 août 00:37 de Réginald de Coucy contient une note de bas de page sur la peine de mort à retenir : "à ne pas confondre avec légitime défense".

    Un linguiste avéré confirmerait que, dans une langue vivante, l’expression orale et écrite évolue. Or, force est de constater que sur ce point précis une sorte de "glissement" s’est opéré concernant la fin de certains criminels : de "il a été tué", "il a été abattu", "il a été mis hors d’état de nuire" etc... on en est aujourd’hui à "il a été neutralisé". Issu de la chimie et/ou de la recherche médicale (neutraliser un agent pathogène) ce verbe signifie maintenant, pour le dire vulgairement, régler son compte à un criminel, un "radicalisé", un "djihadiste", autrement dit simplement le tuer. De mémoire : l’inauguration, si l’on peut dire, de cette expression a eu lieu avec la mort de Mohamed Merah ; il y a eu aussi l’assassinat au couteau des deux jeunes cousines Maurane et Laura en Gare St. Charles de Marseille par Ahmad Hanachi lui aussi "neutralisé" et ainsi de suite...

    Ne pourrait-on pas dès lors considérer que de nos jours le fil est si ténu entre légitime défense et peine de mort que le danger pourrait exister de voir parfois cette dernière appliquée sous le pieux vocable de la légitime défense ? Et, par extension, les mots ne sont-ils pas à utiliser à bon escient et avec une extrême prudence ? Prière considérer ces longueurs avec charité. Comptant sur votre miséricorde, merci.

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