Traduit par Claude

Le cardinal Sarah et les innovateurs

par le père Gerald E. Murray

lundi 1er mai 2017

Le cardinal Robert Sarah fit récemment une intervention qui porte l’image d’un avertissement prophétique relatif à la nature de l’actuelle crise de la foi. Il dit clairement et sans hésitation de nombreuses choses qui vont certainement inspirer certains - et ennuyer beaucoup d’autres. Je suis sûr qu’il vise ces deux effets. Son analyse nous ramène au titre de son premier livre, Dieu ou rien. Les catholiques font un grand tort à l’Eglise lorsqu’ils s’élèvent eux-mêmes et mettent leurs propres théories au-dessus de Dieu et de Ses doctrines révélées.

Cette attitude, remarquée dans toutes les aspects de la vie de l’Eglise, est plus nettement manifeste dans le domaine de la liturgie. Le Cardinal Sarah affirme :-
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Ainsi que le Pape Benoît XVI y a souvent insisté, à la racine de La liturgie se trouve l’adoration, et donc Dieu. Il est donc nécessaire de reconnaître que la sérieuse crise profonde qui affecte la liturgie et l’Eglise elle-même depuis le Concile est dûe au fait que son CENTRE n’est plus Dieu ni l’adoration que nous lui portons, mais plutôt les hommes, et leur soit-disant capacité à "faire" quelque chose pour être occupé pendant les célébrations Eucharistiques.

Les concepts d’adoration, de dévotion, de vénération, d’hommage sont inconnus pour un grand nombre de Catholiques, y compris de beaucoup de pratiquants. Un prêtre de mes amis a récemment décrit une nouvelle grande église comme n’étant pas un endroit "où l’on peut prier". J’ai été dans de tels "espaces". On peut mieux les décrire comme étant établis pour des spectacles avec une assistance installée confortablement. On peut trouver le tabernacle à l’aide des cartes Google.

Le Cardinal Sarah continue :

Même aujourd’hui, un nombre significatif de chefs de l’Eglise sous-estiment la crise sérieuse que traverse l’Eglise : le relativisme dans l’enseignement doctrinal, moral et disciplinaire, les graves offenses, la désacralisation et la trivialisation de la Liturgie sacrée, et la vision uniquement sociale et horizontale de La mission de l’Eglise-.-

Beaucoup croient et clament haut et fort que le concil Vatican II a apporté un véritable printemps à l’Eglise. Cependant un nombre croissant de chefs de l’Eglise voient ce "printemps" comme étant un rejet, un renoncement de son héritage centenaire, ou même comme une remise en cause radicale de son passé et de ses traditions. On reproche à l’Europe politique d’abandonner ou de dénier ses racines catholiques. Mais le premier à avoir abandonné son passé et ses racines chrétiennes est sans nul doute l’Eglise Catholique post-conciliaire.

Lorsque j’étais prêtre étudiant à Rome, on m’avait dit que l’intérieur de ses nombreuses magnifiques églises ont été préservées de "rénovations" destructives, parce que le gouvernement italien devait approuver toutes modifications affectant ces trésors artistiques nationaux, ce que les curateurs artistiques avaient détesté de faire.

Hélas, les innovateurs de la liturgie et de la doctrine n’étaient pas tenus par de mêmes contraintes internes ou externes. Par exemple le père Thomas Reese, S. J., a écrit récemment un étonnant rejet de l’enseignement de Jésus sur l’indissolubilité du mariage :

Par conséquent, ce que Dieu à uni, aucun homme ne peut le désunir... et je vous le dis : celui qui divorce de sa femme, excepté en cas d’indécence, et épouse une autre, commet un adultère, et celui qui épouse une femme divorcée, commet un adultère.

(Mt.19 ; 6-9).

Robert Cardinal Sarah :

Le Père Reese, non convaincu par l’enseignement clair et non ambiguë de l’Eglise que Notre Seigneur signifie exactement ce qu’il a dit, observe...

"Jésus dit une multitude de choses que nous n’observons pas littéralement et sans exception... Jésus ne donne aucune liste de sanctions contre le divorce et le remariage.... Je considère l’enseignement de Jésus sur le divorce est la première législation féministe car une femme divorcée était jetée à la rue sans biens ni pension. Aujourd’hui nous vivons dans un monde différent. Comment pouvons être certains que Jesus aurait été réagi de la même manière aujourd’hui en ce qui concerne le divorce ?"

L’Eglise a enseigné l’indissolubilité en de nombreuses différentes époques et circonstances dans toutes les parties du monde, depuis que le Christ a établi cet enseignement. Comment ce fait-il que Frère Reese soit si sûr que le contexte moderne lui donne, ainsi qu’à ceux qui sont d’accord avec lui, la permission de changer ce qui a été enseigné toujours et partout ?

Le Cardinal Sarah voit cette sorte de subversion insidieuse pour ce qu’elle est, et n’a pas peur d’en parler directement :

Beaucoup refusent de prendre conscience du travail d’autodestruction de l’Eglise à travers la démolition délibérée de ses fondations doctrinales, liturgiques, morales, et pastorales. Alors que de plus en plus de voix de prélats de haut rang soutiennent avec entêtement des erreurs évidentes dans les domaines de la doctrine, de la morale et de la liturgie qui avaient été condamnées des centaines de fois et travaillent à la démolition du peu de foi restante dans le peuple de Dieu, tandis que l’arche de l’Eglise navigue sur la mer tumultueuse de ce monde décadent et que les vagues s’écrasent sur l’embarcation, à tel point qu’elle est presque remplie d’eau, et qu’un nombre grandissant de leaders de l’Eglise et de fidèles crient : "Tout va très bien, Madame la Marquise !" (refrain d’un chant populaire comique de 1930, dans lequel les employés d’une aristocrate lui rapporte une série de catastrophes).

Pour certains dans l’Eglise d’aujourd’hui, la Doctrine Catholique est sujette à réécriture, l’adoration liturgique de Dieu est essentiellement une chance pour les fidèles de se rassembler et de s’exprimer, l’enseignement moral de l’Eglise est maintenant considéré comme un exemple de rigorisme démodé, et le soin pastoral pour les fidèles signifie leur dire de faire ce qu’ils veulent pour autant que cela les rend "heureux".

Mais sommes nous réellement heureux quand nous rejetons les enseignements de Notre Seigneur et que nous essayons de nous convaincre que c’est cela que le Seigneur voudrait que nous fassions ? Une telle manipulation de l’enseignement du Christ ne produit-elle pas un esprit d’anxiété et d’amertume qui se manifeste inexorablement dans une tentative frénetique pour démolir ce qui reste de l’enseignement et de la pratique Catholique ?

Cela se résume simplement à Dieu ou rien.

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Le Rev. Gerald E. Murray, J.C.D. est le curé de La Holy Family Church, New York, NY, et avocat canoniste.

Source : https://www.thecatholicthing.org/2017/04/19/cardinal-sarah-and-the-innovators/
 

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