Cardinal Gerhard Müller

«  La vérité est au-dessus du pouvoir  »

Propos recueillis par Iris Bridier Traduction : Félicité Lagier

jeudi 15 octobre 2020

La sécularisation de notre société est en réalité une résurgence du paganisme, estime le cardinal Gerhard Müller, 72 ans, dans son dernier livre, La force de la vérité. Face à cela, l’archevêque allemand, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, exhorte à puiser dans la vérité de la Révélation, qui est libératrice.

Vous étiez il y a quelques jours en visite chez la «  fille aînée de l’Église  ». Quel regard portez-vous sur la France ?

Cardinal Gerhard Müller : Les racines et les origines de la France sont chrétiennes et catholiques. La vision matérialiste et immanente du monde, qui découle de la philosophie des «  Lumières  », a éclipsé l’image de l’homme venant de la Bible. La civilisation et la nation françaises auront donc un bel avenir, seulement si l’Église sait offrir au monde d’aujourd’hui une nouvelle synthèse entre foi et raison, éthique et science, orientation vers Dieu et ouverture au monde, amour de Dieu et pour le prochain.

Votre livre interpelle tous ceux qui pensent que l’Église n’a plus rien à dire au monde. Chacun a sa vérité, les cultures sont multiples et toutes les religions se valent… Face à ce libéralisme religieux, quel message apportez-vous ?

Chacun a son goût propre pour les agréables banalités. Mais il n’y a qu’une seule vérité qui vaille. Les esclavagistes et les génocidaires avaient certes eux aussi leur vérité, par laquelle ils justifiaient la violation des droits de l’homme.

Mais il s’agit alors d’un pouvoir arbitraire et mensonger de l’homme sur l’homme. Car seul Dieu rend libre, lorsque nous reconnaissons qu’Il est la vérité. Une vérité incarnée en la personne même de Jésus, son Fils. En réalité, les relativistes ne sont pas des amis de la liberté, car ils condamnent et poursuivent à travers les médias et les tribunaux ceux qui contredisent leur opinion subjective. Quiconque, par exemple, défend le droit à la vie des enfants à naître, ou reconnaît l’union à vie d’un homme avec une femme comme le véritable mariage, est brutalement diffamé, et professionnellement discriminé.

Voire pénalement poursuivi par des leaders d’opinion dans les médias de masse aujourd’hui, que ce soit en Europe, en Amérique ou en Australie.

[…]

Certains ont encore peur aujourd’hui de se rendre à l’église pour assister à la messe. De nouvelles habitudes de messes télévisées ont été prises. Quel message souhaitez-vous transmettre ?

En ayant recours aux précautions d’usage, tout le monde est bien protégé. Mais il n’y a pas de protection absolue contre les maladies et les accidents. La Sainte messe ne peut être suivie à la télévision que s’il n’y a aucune possibilité d’y assister physiquement dans l’église. Ce n’est qu’une participation subjective, et non objective, à la réalisation sacramentelle du sacrifice du Christ sur la croix dans le sacrement de l’autel.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

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