Le culte pendant le confinement

«  La messe est plus qu’un simple rassemblement »

propos recueillis par Constantin de Vergennes

vendredi 13 novembre 2020

© Pascal Deloche / Godong

À l’origine de l’un des nombreux référés-libertés déposés au Conseil d’État pour contester l’interdiction de la messe en présence de fidèles, l’évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, Mgr Marc Aillet, revient sur l’importance de cette démarche.

Vous répondiez à la demande de vos fidèles… Que vous disaient-ils ?

Mgr Marc Aillet : J’ai déposé ce référé avec l’évêque de Montauban, puis avec d’autres, en tant qu’évêques diocésains et donc responsables du culte dans notre diocèse, et donc du bien spirituel de nos fidèles ! Beaucoup ont été bouleversés par le premier confinement, même si satisfaits par les retransmissions virtuelles de ces messes… Ça a été une très belle aubaine, mais ils se sont lassés. Les fidèles, c’est vrai, ont été très attristés et révoltés que les écoles, les supermarchés, les transports en commun soient laissés ouverts, mais que la messe leur soit interdite. C’est donc de ma responsabilité de faire entendre ces voix et c’est ma mission de défendre le droit de mes fidèles à vivre une pratique sacramentelle. Nous vivons dans un climat où il y a beaucoup d’angoisse, notamment à cause de la menace islamiste qui vise les chrétiens depuis Nice et Saint-Étienne-du-Rouvray. Nous avons besoin de lieux de recueillement comme les églises.

En quoi le culte catholique est-il différent des autres pratiques religieuses ?

Parce que le moyen privilégié que Jésus a institué pour que Dieu rentre en relation avec l’Homme, c’est le mystère et le sacrement de l’eucharistie. C’est unique. Les protestants, par exemple, peuvent prier chez eux sans problème, car la part sacramentelle a moins d’importance. Pour rejoindre Dieu, le catholique passe par l’eucharistie, qui est la sainte humanité du Christ continuée dans les Espèces eucharistiques et qui vont permettre au Corps de l’Église de se constituer. La communauté ecclésiale est une continuation du Corps du Christ.

Il y a donc urgence, au-delà de cette période de confinement, à défendre le sens de la messe ?

Si nous ne nous bougeons pas pour défendre l’importance de la messe, qui est de moins en moins comprise par le gouvernement et l’opinion publique, on va finir par avaliser l’idée que la messe n’est pas importante et des chrétiens vont y croire.

Je suis convaincu que pendant un certain temps, on a opposé l’engagement social et caritatif au culte, qu’on a souvent compris de manière réductrice comme une réalité extérieure. On a fini par penser que la messe, ou la fidélité à la messe dominicale dont on a dénoncé un certain pharisaïsme, n’était pas si importante par rapport à la charité. Il ne faut pas opposer les deux : la charité trouve sa sève dans la participation à l’eucharistie.
La démarche que nous faisons est une catéchèse : nous disons au monde et aux catholiques que les évêques défendent l’eucharistie non pas pour fanfaronner et marquer leur différence, mais parce qu’il s’agit là du sommet et de la source de la vie chrétienne et qu’il faut redécouvrir son importance.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

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