La force de l’Esprit Saint

par Gérard Leclerc

lundi 10 juin 2019

Les carmélites de Compiègne, St Honoré d’Eylau, Paris.
© GFreihalter

Notre actualité à nous autres chrétiens c’est la Pentecôte. Et c’est une magnifique actualité, d’autant plus nécessaire que nous vivons des épreuves qui souvent nous paraissent démesurées. Le don de l’Esprit Saint qui a été donné à l’Église à la Pentecôte, nous en mesurons la force précisément dans les pires moments de détresse. Le hasard d’un rangement de bibliothèque m’a permis de confirmer ce qui devrait être une certitude de foi. Le nom de Gertrud von Le Fort est sans doute familier à ceux qui savent où Georges Bernanos a trouvé l’idée de ses merveilleux Dialogues des carmélites, avec la figure de Blanche de la Force inspirée de La dernière à l’échafaud de la femme de lettres allemande. Précisément, comme allemande, Gertrud von Le Fort avait vécu la Seconde Guerre mondiale. Elle a décrit sa véritable déréliction, le jour où elle s’est demandée si la simple présence de l’Église et le don des sacrements lui seraient enlevés.

Elle s’interrogeait : « Que reste-t-il quand tout est détruit (…) et qu’un jour peut-être toutes les maisons de Dieu auront disparu dans les décombres et sous la cendre ? » Oui, qu’arrive-t-il quand notre confiance en l’être humain s’efface ? Le danger du désespoir menace alors. Gertrud von Le Fort ne trouvait de réponse à l’assaut des forces démoniaques que dans l’assistance de l’Esprit Saint : « Seul l’Esprit que nous nommons en même temps l’Esprit d’amour et l’Esprit créateur, peut nous donner une véritable victoire. De Lui seul, et seulement de Lui, nous avons la promesse certaine que sur notre terre encore toutes les choses peuvent devenir nouvelles. » [1]

Écrivant ces lignes, Gertrud von le Fort avait en tête la promesse de l’Apocalypse (21, 5) et c’est l’expérience extrême de la guerre qui lui permettait d’en acquérir l’intelligence, qui est un don de l’Esprit Saint. La fête de la Pentecôte nous permet ainsi de méditer sur la mission de l’Esprit dans nos vies, qui nous est accessible dans et par l’Église. Joseph Ratzinger nous précise, en pasteur et en théologien, que « l’Église n’existe que parce que l’Esprit Saint souffle sur la glaise, rassemblant les hommes. Il veut qu’ils deviennent le nouvel organisme que le Christ créé dans le monde. »

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 10 juin 2019.


[1Gertrud von Le Fort, Écrits de résistance, Via Romana.

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