Démographie

La fin des bébés ?

par Aymeric Pourbaix

mercredi 12 février 2020

C’est aujourd’hui la peur qui domine
© RitaE / Pixabay

Il y a bel et bien une crise démographique à l’échelle de la planète, et celle-ci ne concerne pas que les pays occidentaux, comme le montre un article récent du New York Times. Dans ce «  baromètre  » de la pensée dominante, la journaliste constate en effet que la chute du taux de natalité préoccupe un nombre croissant de pays, en Asie, en Europe de l’Est, en Amérique du Sud et jusqu’en Afrique. En Chine même, présentée comme l’archétype du pays en proie à une surpopulation galopante, la politique de l’enfant unique a été officiellement abandonnée en 2016. Tordant le cou au passage à une idée reçue, et tenace, qui voudrait que la surpopulation soit la cause de tous nos maux actuels.

« Malaise reproductif  »

Il faut donc saluer le fait que ce «  malaise reproductif  », repris par Courrier International dans un dossier intitulé «  La fin des bébés  », fasse désormais l’objet d’un débat au plan mondial, dont l’urgence est au moins aussi importante que la question écologique. Car cette dénatalité, affirme l’auteur de l’article, est en fait le symptôme d’un mal plus profond. Celui de notre système économique notamment, qui agit selon la journaliste comme un «  contraceptif insidieux  » qui ne permet pas le bon développement d’une vie de famille.

Mais il faut aller plus loin. Le Danemark, pays qui a tenté de promouvoir la natalité par une campagne de communication, est aussi extrêmement sécularisé. De même que l’Asie de l’Est, au taux de fécondité parmi les plus bas du monde, et qui souffre aussi d’un «  culte excessif du travail  », explique-t-on désormais en Corée du Sud.

Ainsi, ce qui est en jeu derrière ce changement relativement discret des mentalités – sauf en France ? – ce n’est rien de moins que la sortie du malthusianisme, cette idéologie née du cerveau d’un pasteur anglican à la fin du XVIIIe siècle, pendant la Révolution. Au moment même où l’homme s’éloignait de Dieu, rompant ainsi le lien de confiance avec le Créateur de toutes choses. Un lien qu’exprimait bellement, en particulier, cette tradition de la prière des Rogations, pour s’assurer de la bénédiction divine sur les récoltes.

Au lieu de cela, c’est aujourd’hui la peur qui domine, parfois même de manière irrationnelle : peur de la faim, des catastrophes naturelles, peur d’élever des enfants dans un monde violent, peur de perdre son confort aussi…

Or la confiance – autre nom de la foi –est aussi, historiquement, le vrai facteur de progrès des sociétés occidentales et chrétiennes, comme l’avait brillamment montré l’historien Jean-Louis Harouel dans Le Vrai Génie du christianisme.

Cela suppose ainsi, mentalement, de retrouver et de cultiver l’esprit d’enfance, base de toutes les entreprises. Ni sentimentalisme enfantin ni glorification de la faiblesse, mais plutôt confiance en la paternité aimante et miséricordieuse de Dieu. Et aptitude à voir en toutes choses la main du Père céleste, à être fils – y compris dans les épreuves, ce qui demande il est vrai une certaine ascèse… Là réside cependant notre véritable victoire sur le monde. Et notre fécondité.

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