«  Il a fait ce que Dieu lui demandait de faire »

La charité selon saint Vincent de Paul

propos recueillis par Constantin de Vergennes

vendredi 12 juin 2020

Saint-Vincent de Paul recueille un enfant abandonné. Église Saint-Séverin, Paris.
© Fred de Noyelle / GODONG

Sans jamais dissocier le souci des corps de celui des âmes, le saint propose une charité radicale, mais accessible à tous. Comme l’explique le Père Jean-Christophe Chauvin, religieux de Saint-Vincent-de-Paul et vicaire à la paroisse Notre-Dame-de-Nazareth à Paris.

Saint Vincent de Paul fut à la fois à l’origine des hôpitaux et des séminaires… Que doit-on comprendre ?

Père J.-C. Chauvin : Pour lui, les besoins corporels et les besoins spirituels vont de pair. Les Dames et les Filles de la charité, quand elles visitent les malades à la maison ou à l’hôpital, les prient de manger «  pour l’amour de Dieu  » et se soucient de leur dernière confession. Quant aux prêtres, s’ils doivent être bien formés et pieux pour pouvoir bien servir les âmes et assurer leur salut par une bonne confession, les détresses matérielles ne doivent pas les laisser indifférents et servir les pauvres dans leurs humbles besoins, c’est «  quitter Dieu pour Dieu  » : «  Évangéliser par paroles et par œuvres, c’est le plus parfait, c’est ce que Notre Seigneur a pratiqué.  »

Quelles leçons pouvons-nous tirer de son exemple ?

Saint Vincent de Paul n’est pas un idéologue. Il ne fait pas de grandes organisations à partir d’idées. Il dira lui-même à la fin de sa vie en repensant à toutes ses œuvres : «  Je n’y avais jamais pensé !  » Il se laisse interpeller par un événement, il y reconnaît l’appel de Dieu, et il y répond simplement et efficacement. Si saint Vincent de Paul a pu accomplir tant de bien, c’est parce qu’il n’a fait que ce que Dieu lui demandait. Bien sûr, il avait le génie de l’organisation, mais il partait des hommes.

Aujourd’hui, on entend partout le mot «  solidarité  » et non plus «  charité  »… Quelle différence ?

La solidarité, c’est une relation entre personnes, qui entraîne une obligation d’assistance mutuelle. La charité, c’est l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs. «  Dieu est Amour  » (1 Jn 4,8). C’est Dieu qui invite nos cœurs à L’aimer et à aimer notre prochain. Il peut y avoir une grande solidarité entre les malfaiteurs mais ce n’est pas de la charité. La solidarité peut bien sûr être une expression de la charité, mais en remplaçant la charité par la solidarité, on occulte la source qui est Dieu.

Quel conseil donner aux lecteurs qui voudraient exercer leur charité ?

On peut bien sûr rejoindre la Société de Saint-Vincent-de-Paul ! Mais, plus profondément, prier et se laisser interroger par les événements que nous vivons. Le cœur à cœur avec le Seigneur nous aide à reconnaître ses appels dans les événements et à passer à l’action. «  Si quelqu’un, voyant son frère dans le besoin, lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ?  » (1 Jn 3,17).

Ensuite, nous voyons que saint Vincent de Paul ne travaille jamais seul. Il réveille la bonté dans le cœur des autres. N’ayons pas peur de demander à nos connaissances, même non chrétiennes, de nous aider, d’être bonnes. C’est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions leur faire. C’est ainsi que Jésus a accroché la Samaritaine. Enfin, comme saint Vincent de Paul le demandait, il faut se rencontrer souvent ensemble pour se motiver ensemble dans le service et dans la foi. Les deux vont de pair.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

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