Droit de l’enfant

«  La PMA avec donneur est une injustice  »

Propos d’Aude Mirkovic recueilis par Guillaume Bonnet

mercredi 18 septembre 2019

Porte-parole de l’association des Juristes pour l’Enfance, Aude Mirkovic esquisse l’impact sur la filiation de l’extension de la PMA. Tsunami silencieux en perspective.

Existera-t-il une différence fondamentale avec les PMA pour des couples hétérosexuels infertiles avec tiers donneurs anonymes ?

Aude Mirkovic : La PMA avec donneur, anonyme ou pas, est toujours une injustice envers l’enfant délibérément privé du lien biologique dans une branche de sa filiation. Certes, la dimension biologique n’est pas le seul aspect de la filiation : l’adoption en est le signe le plus visible mais, plus couramment, lorsqu’un homme reconnaît un enfant, on ne vérifie pas qu’il est bien le père biologique. Pour autant, peut-on en déduire que le lien biologique serait indifférent au point de pouvoir en priver délibérément un enfant ?

Un exemple pour répondre à cette question : dans les processus de PMA, il peut y avoir des erreurs. Une femme peut être inséminée avec le sperme d’un autre homme que son conjoint, ou bien le médecin peut lui implanter un embryon qui vient d’un autre couple. S’il est vrai que la filiation n’a rien à voir avec la biologie et que seuls comptent l’intention et l’amour, alors le couple qui subit cette erreur ne devrait pas y trouver à redire, n’est-ce pas ? Pourtant, il semble que, dans la totalité des cas, les couples préfèrent avorter.

Si le fait d’attendre un enfant qui n’est pas issu de leurs deux gamètes caractérise un préjudice tel que les couples, non seulement saisissent la justice mais en plus, préfèrent ne pas avoir d’enfant du tout, n’est-ce pas un peu léger de décréter que, pour l’enfant, cela serait indifférent d’avoir comme parents ses géniteurs ou quelqu’un d’autre ?

D’ailleurs, les jeunes issus des dons commencent à expliquer qu’être issu de quelqu’un n’a rien d’indifférent, quand bien même on l’appellerait donneur.

Le bouleversement de la filiation dépasse donc la problématique de l’extension de la PMA aux femmes homosexuelles ?

Le projet de loi aggrave la situation car ces jeunes issus des dons sont bien clairs sur le fait qu’ils ne cherchent pas un père dans la personne du donneur car, disent-ils, «  un père j’en ai déjà un, c’est mon père légal, celui qui m’a élevé, etc.  ».

Mais justement, les enfants à venir des PMA sans père ne pourront pas en dire autant car un père, ils n’en auront pas. (…)

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

Pour aller plus loin :

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.