L’islam et la liberté religieuse

par Gérard Leclerc

mercredi 7 mars 2018

Ce n’est pas la première fois, et sûrement pas la dernière, que la question du statut de l’islam en France est posée, et d’abord par le gouvernement. Nous avons eu l’occasion d’évoquer la façon dont Emmanuel Macron entend la traiter. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne soulève pas l’enthousiasme, et d’abord celui des principaux intéressés. Une double page dans Le Monde daté de mercredi rend compte d’un scepticisme assez bien exprimé dans une tribune de Rachid Benzine : « On peut avoir légitimement le sentiment que l’immense majorité des fidèles du Coran en France se montrent peu intéressés par la mise en place de structures censées les représenter. » Et par ailleurs, n’y a-t-il pas une étrange contradiction de la part d’un État, qui ne cesse de brandir la loi de séparation de 1905, à vouloir intervenir dans les affaires intérieures d’une religion ?

On aurait tort, toutefois, de reprocher à cet État de vouloir résoudre une difficulté qui met en cause l’équilibre même de la nation, sa paix intérieure. Alors que faire ? Dans les mêmes pages du Monde, un autre contributeur, Houari Bouissa, insiste sur l’enseignement du fait religieux à l’école, dans un but de meilleure reconnaissance des Français entre eux. L’intention est sans doute louable, mais l’auteur de l’article se charge lui-même d’en souligner la nature très particulière, plus propre à provoquer de nouvelles déchirures qu’à concilier. En effet, que signifie « repenser le fait religieux dans son historicité », c’est-à-dire « dans sa dimension critique » propre à la débarrasser de « son caractère mythique ». Une réduction rationaliste d’un phénomène religieux ne peut que provoquer un soulèvement général de la part des musulmans religieux.

Il faudra choisir d’autres voies, peut-être moins ambitieuses. Je retiendrais particulièrement celle indiquée par Pierre Manent dans un passionnant dialogue avec Rémi Brague publié dans le mensuel L’Incorrect. Un grand pas serait franchi si nos compatriotes musulmans acceptaient le principe de la liberté religieuse et donc la possibilité de se convertir à une autre religion. Ce serait le signe tangible qu’ils acceptent une règle de vie commune indispensable, pour participer, avec une pleine loyauté, à la vie de notre nation. Ce serait une concession sans doute lourde à accepter, mais sans elle il n’y a aucune possibilité de former une communauté unie et paisible.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 7 mars 2018.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Le principe de la liberté religieuse pour un musulman est incompatible avec le Coran. Les apostats sont punis de mort.

  • Bonjour,

    Voici une tentative de réflexion.

    Le respect et le souci de la liberté, en matière religieuse, c’est très bien ainsi, mais le respect et le souci de la vérité, en matière religieuse, c’est très bien aussi, or on voit mal comment une religion, quelle qu’elle soit, qui n’est pas partisane de la pratique de la liberté, en matière religieuse, et qui n’est pas non plus partisane de la recherche de la vérité, en matière religieuse, pourrait, pour ainsi dire, faire bon ménage avec les idéaux démocratiques et avec les valeurs républicaines.

    Je pense ici à ce que ces idéaux, ces valeurs, ont de meilleur, donc de plus libérateur et de plus responsabilisant, pour chaque être humain, dès lors que ces idéaux et ces valeurs sont pensés et vécus dans le respect et le souci du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine et de l’honnêteté intellectuelle, et non en contradiction, plus faussement libératoire que vraiment libératrice, avec ces notions et avec les réalités qu’elles désignent.

    Ce qui précède revient à dire que nous demandons probablement l’impossible aux musulmans, à chaque fois que nous leur demandons de prendre appui, avant tout, voire seulement, sur leur religion, sur les ressources présentes dans leur religion, pour qu’ils respectent, notamment, l’abandon de l’islam, par un musulman, et la conversion en direction d’une autre religion, par un ex-musulman.

    Nous ferions peut-être bien mieux de leur demander de se penser non avant tout, ni seulement, comme des musulmans, mais avant tout comme des êtres humains, qui peuvent et doivent respecter leur existence et leur humanité ainsi que l’existence des autres et l’humanité des autres, qu’ils soient ou non des musulmans, des ex-musulmans ou des non musulmans.

    Et puis, il convient de dire ici qu’un Occident décadent est bien mal placé pour donner quelque leçon de morale que ce soit à un Islam conquérant ; je veux dire par là qu’avant de demander, en l’occurrence, aux musulmans, de respecter nos idéaux officiels, nos valeurs officielles, nous ferions bien de nous demander quels usages effectifs nous avons ou faisons de ces idéaux et de ces valeurs.

    En tout cas, on peut comprendre que la confusion contemporaine entre liberté et licence, en matière religieuse, et la réduction contemporaine de la recherche de la vérité à la recherche d’une "sensibilité", en matière religieuse, ne donnent guère envie à des musulmans d’incorporer des idéaux, d’assimiler des valeurs, qui sont fréquemment dévoyés par le relativisme et le subjectivisme, et donnent plutôt l’idée à bon nombre d’entre eux de rester fidèles à leur religion, aussi propice à un certain asservissement, intellectuel et/ou relationnel, cette religion soit-elle.

    Il ne s’agit là que de quelques éléments constitutifs d’une tentative de réflexion. Bonne journée.

    A Z

  • Tant que le "DIEU" de l’islam demandera à ses ouilles de tuer les chrétiens, les juifs, et autres minorités pour exister il n’y aura pas d’entente entre les peuples.
    les musulmans disent : DIEU "allah" EST AMOUR ET MISERICORDIEUX !!!
    que disent les chrétiens : DIEU EST AMOUR ET MISERICORDIEUX, à quel moment le chrétien demande de tuer un musulman, pas une seul fois on peu trouver cela dans la BIBLE !!
    faut il avoir peur de l’ISLAM ? oui il nous fait peur, quand on voir une pauvre et frêle femme en prison tout simplement après avoir bu un peu d’eau à un puit appartenant à un musulman, oui il faut avoir peur de l’ISLAM.
    quand on entends ce que dit ERDOGAN oui il nous fait peur. oui tout ceux qui viendront aprés moi se seront des anti-christ !!!!!!!! ils vous flagellerons et vous tueront, c’est malheureusement cela l’islam
    oui ERDOGAN doit replacé les CROISES dans sont contexte historique, sans cela il ne peut y avoir de paix.

  • Cher Gérard Leclerc,

    Faut il que ce ne soit qu’entre les lignes que vous posiez le problème de l’Islam ?
    Religion politique et totalitaire au sens premier du terme, le "fait" Islam ne
    peut du fait de sa nature, s’adapter à une société où la distinction spirituel-temporel est fondamentale.
    Ou les musulmans se font apparemment conciliateurs, lorsqu’ils sont en position de faiblesse, ou
    bien imposent leur loi et soumettent les infidèles à la dhimitude.....
    Pour nous chrétiens, ce constat est difficile à accepter, compte tenu du regard bienveillant que l’Eglise nous demande
    notamment depuis Vatican II, de porter sur les adeptes de l’ISLAM, mais l’histoire est là, avec ses leçons, et le "dialogue"
    peut il changer fondamentalement une relation qui in fine ne changera rien à la nature de l’Islam ?
    Enfin, il faudra bien un jour, au sein même de l’Eglise catholique, poser sans embages la question aux responsables du dialogue avec les musulmans :
    y a t-il une révélation dans l’Islam ? Mahomet est il un prophète ?

    Bien cordialement

  • Saint Paul a écrit dans l’épître aux Galates I (21 à 30) : "Abraham eut 2 fils, l’un de la servante, l’autre de la femme libre ; mais celui de la servante est né selon la chair, celui de la femme libre selon la promesse.....Mais comme alors l’enfant de la chair persécutait l’enfant de l’esprit, il en est encore ainsi maintenant. Eh bien, que dit l’écriture ? chasse la servante et son fils......"
    La servante étant Agar et son fils Ismaël ancêtre des Arabes, ce passage des épîtres est-il anachronique ou faut-il encore le lire ? ceci est un problème

  • Epitre aux Galates I, 20-30, le fils de la servante "né selon la chair" et celui de la femme libre né "selon la promesse", et plus loin, comme l’enfant de la chair persécutait l’enfant de l’esprit, alors : "chasse la servante et son fils". Textuel.

    Il y a aussi, ailleurs : "Si ton oeil droit te scandalise, arrache-le et jette le loin de toi" (Mat. 5,29), plus loin il s’agit de la main droite etc... Textuel.

    Au cas où ces expressions - et bien d’autres dans l’AT, les épitres de Paul et les quatre Evangiles - devaient être prises "au pied la lettre" il serait légitime de se poser la question de savoir comment se fait-il que les êtres humains dans leur ensemble ne soient pas borgnes ni avec la main droite coupée.

    Serait-ce là le problème ?...

  • @12 mars 13:13

    Nulle part cette phrase : "chasse la servante et son fils" n’a été niée ni contredite. C’est la raison pour laquelle l’AT a - entre autres - été mentionné dans 12 mars 5:58 et qu’est-ce donc qu’une expression si ce n’est la façon ou la manière de dire ou de présenter une idée ou un fait...

    Pourquoi ne pas entrevoir dans ce passage de l’épitre de Paul une invitation à vivre selon l’Esprit qui rend libre ? Si, par ailleurs, on utilise le terme "allusion" pour expliciter le rejet par Paul d’Agar et de son fils, il conviendrait aussi probablement d’admettre qu’il existe une symbolique que l’on se doit de déchiffrer et non prendre, bis repetita, les écrits "au pied de la lettre"... (dans l’espérance du jour où il n’y aura "ni grecs ni juifs ni maitre ni esclave... ").

  • Je vois que mon commentaire du 12-03 a été supprimé, vous ne répondez donc à rien ; Je répète donc que les récits de l’Ancien Testament et les écrits de saint Paul ne signifient plus rien pour l’Eglise contemporaine qui enseigne que les descendants d’Agar et Ismaël doivent être accueillis à bras ouverts par les chrétiens alors que saint Paul admet le rejet d’Ismaël. Ce n’est pas à moi d’émettre un jugement mais de demander une justification

  • Le message du "12 mars 13:13 par Gilberte" a inopinément disparu. Pourrait-il être remis en ligne pour légitimer la réponse du 12 mars 20:13 ci-dessus et la rendre lisible ? Dans tous les cas : merci.

  • En admettant que le message du 12 mars 13:13 aura été, non pas supprimé, mais peut-être omis par inadvertance, les lignes du 12 mars 20:13 peuvent être comprises comme la réponse y afférente.

    Non, ceux décrits comme "les descendants d’Agar et d’Ismaël" n’ont pas à être "accueillis à bras ouvert par les chrétiens" et toute tentative de dialogue - ou rencontre - doit être amorcée - soit répété pour la nième fois et définitivement - avec discernement et extrême prudence. (Comme par ailleurs tout dialogue avec les sujets d’autres sensibilités : bouddhisme, indouhisme, etc...). Sauf que le cheminement dans l’Histoire entre chrétiens et musulmans s’articule autour de faits et d’événements différents. Encore que les persécutions dans les pays d’Asie, Chine, Vietnam et bien d’autres, n’ont pas épargnés les chrétiens et leurs missionnaires...

    Pour en revenir à Paul qui "admet le rejet d’Ismaël" comme écrit plus haut, ne pourrait-il pas être compris comme, disons, l’adhésion à l’alliance selon l’esprit (représentée par Sara) plutôt qu’à celle de la chair (représentée par Agar)... Et comment comprendre les Ecritures, par exemple et surtout les paroles de Jésus rapportées par les 4 évangélistes : je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive (ou la guerre), je suis venu mettre la belle fille contre sa belle mère etc... (citations de mémoire)...
    Pourquoi ne pas ajouter : "Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel mérite en retireriez-vous ?"... Et "aimer" selon Jésus-Christ et comme Lui, gratuitement, ça...
    C’est encore une autre histoire, sur laquelle il convient d’avouer son impuissance à discuter. Voilà qui est dit.

    Quoiqu’il en soit merci à FC d’avoir remis en ligne le message qui avait disparu, et en espérant avoir répondu à tout, ou presque...

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