Loi de bioéthique

L’imposture progressiste

par Gérard Leclerc

mercredi 22 janvier 2020

Pancarte lors de la manifestation « Marchons enfants ! » du 19 janvier 2020.
© Michel Pourny

Lorsqu’Emmanuel Macron, durant sa campagne de la présidentielle, déclarait vouloir rassembler autour de lui les progressistes de toutes tendances, avait-il pleine conscience du contenu idéologique du concept qu’il remettait ainsi dans le débat politique ?

Disqualifier l’adversaire

Il n’est sûrement pas l’inventeur du «  progressisme  », le mot ayant été utilisé dans les acceptions les plus diverses avec cet avantage, pour ceux qui se rangeaient sous sa bannière, de disqualifier des adversaires forcément rétrogrades et condamnés définitivement à se retrouver à la traîne de l’histoire. Pour sa part, Bernanos n’était guère impressionné par une telle disqualification, n’ayant crainte de désigner les progressistes de l’après-guerre comme «  d’extrême arrière-garde  ». Faut-il préciser qu’il s’agissait des chrétiens alors tentés par le communisme stalinien ? On dira que cela n’a rien à voir avec le progressisme contemporain, définitivement étranger à toute tentation totalitaire. Sans doute, encore que le culte du progrès en soi recèle souvent par principe la soumission à de nouvelles idolâtries idéologiques.

Soumission à l’esprit du temps

Si l’on observe les tropismes de publications progressistes comme Le Monde et Libération, on est frappé par leur fascination à l’égard de l’indifférenciation sexuelle, considérée comme le dernier cri d’une modernité émancipatrice. Ce n’est que la conséquence d’une adhésion sans condition à la théorie du gender. L’esprit du temps l’exige, même au prix de toutes les aberrations, comme le soulignait récemment Michel Onfray. Il exigeait, il y a trente ans, la défense et l’illustration de la pédophilie. On sait que Libération a fait depuis son mea culpa, reniant les horreurs qu’il avait publiées. Combien de temps faudra-t-il pour que le quotidien renie ses actuelles aberrations ?

Une résistance s’impose

Le culte du progrès permet ainsi de canoniser, souvent de la façon la plus totalitaire, des idées accueillantes à de prétendus nouveaux droits. Ces idées s’ordonnent en système, associant l’indifférenciation sexuelle à l’antispécisme – qui refuse la différence ontologique entre l’homme et l’animal – et l’obsession de l’euthanasie – le droit de se donner la mort et celui de la donner à qui ne mérite plus de vivre. C’est bien à une transgression anthropologique globale que nous assistons, souvent en pleine inconscience. La loi de bioéthique présentée ces jours-ci au Sénat s’inscrit parfaitement dans cette logique. C’est pourquoi une résistance totale s’impose à son égard. Résistance assumée par l’Église catholique en France et aussi par la magnifique foule de manifestants qui ont défilé dimanche pour défier l’insupportable. Il n’y a pire ennemi du vrai progrès de l’humanité qu’un progressisme dopé à tous les poisons des idéologies les plus mortifères.

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