L’étau de la Russie post-soviétique

par Gérard Leclerc

lundi 28 février 2022

Immeuble à Kiev (rue Oleksandr Kochyts) après un bombardement le 25 février.
Ville de Kiev / CC by

La semaine dernière, avant même que Vladimir Poutine ne lance sa terrible offensive guerrière contre l’Ukraine, j’avais crû devoir remettre à l’ordre du jour certaines données géopolitiques que l’on avait encore un peu trop tendance à mettre entre parenthèses. Non, l’effondrement de l’empire soviétique en 1989 ne nous avait pas introduit dans un monde de paix et de tranquillité. Sans doute, les théâtres d’affrontement étaient-ils éloignés de notre espace européen alors. Quoi que ce qui s’était passé dans l’ex-Yougoslavie aurait dû nous mettre en garde.

Depuis trente ans, nous n’avons cessé d’aller d’affrontements en affrontements. La responsabilité de la puissance américaine dans les expéditions en Irak a aboutit à des catastrophes dont nous subirons les conséquences encore très longtemps. Et de ce point de vue, on ne mesure que mieux la lucidité d’un Jean-Paul II qui, dès le début, avait saisi l’infernal engrenage dont nous étions menacés. Ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine résulte aussi pour une bonne part de notre imprévoyance. Car les désagrégations de l’empire soviétique ne débouchaient pas seulement sur l’heureuse libération des nations soumises. Hubert Védrine, notre ancien ministre des Affaires étrangères, remarque à juste titre qu’on n’a pas suffisamment pris garde à ce que deviendrait la Russie post-soviétique.

L’indépendance de l’Ukraine n’était pas sans poser des problèmes, eu égard à la proportion de population russophone qu’elle comprenait. D’évidence, cela n’empêche pas que Vladimir Poutine s’est lancé dans une opération condamnable qui ne pourra que déboucher sur le malheur. Comment se sortir de cette catastrophe ? C’est la seule question vraiment à poser. Comment déserrer l’étau qui s’est refermé sur un peuple engagé dans un processus dont il faut absolument arrêter le cours. Prions en attendant pour que ce processus s’arrête au plus vite.


Voir en ligne : Radio Notre-Dame le 28 février 2022

Messages

  • Le drame en cours de l’Ukraine conduit à notre propre malheur.

    La Russie joue son avenir et l’Europe le sien.

    - Comment penser un jour que l’Ukraine puisse sans l’Europe et la Russie subvenir à son destin ?

    - Comment croire que l’intérêt commun de ce pays des confins européens puisse résister à la pression de l’est et de l’ouest pour qui l’histoire depuis son origine a réservé de se situer au coeur de son avenir ?

    Ukrania des convoitises incessantes de ses voisins.

    Pays aux quatre églises de l’orthodoxie, par trop souvent concurrentes ou complices du nationalisme inhérent de son histoire, la voici à nouveau au coeur des défis de son destin.

    La guerre fratricide qui se joue désormais entre ukrainiens, ukrainiens-russes,frères de sang et de foi biélorusses-russes-ukrainiens, ukrainiens-hongrois, ukrainiens-roumains, est un entrelacs de fratries déchirées entre elles.

    Comment réconcilier ces familles conjointes entre elles ?

    Que faire avec eux pour les réunir à nouveau, et les préparer à un cessez le feu et des pourparlers de paix d’un horizon prochain ?

    Penser cette âme slave et la comprendre avec un esprit occidental est une prouesse de bienveillance et de compassion partagée.

    Réfléchir avec une vision occidentale les enjeux historiques de ces pays d’europe de l’est
    qui sont aussi nos plus proches partenaires européens, est un défi majeur !

    L’avenir de l’Ukraine n’est donc plus le seul avenir des Ukrainiens !

  • Titre de l’information : "L’avancée russe vers Kiev est "au point mort", affirme le Pentagone ....AFP 01/03/2022 ; Teneur : "Nous avons le sentiment général que le mouvement de l’armée russe (...) vers Kiev est au point mort. A ce stade... nous pensons aussi que, plus globalement, les Russes sont en train de faire le point pour repenser leur stratégie..." etc... .selon un responsable du Pentagone. Ainsi, l’"affirmation" du Pentagone est basée sur un "sentiment général" et encore mieux, ils "pensent aussi"...

    Voilà, parmi bien d’autres "news" du même tonneau, ce qui est mis sous nos yeux comme "informations" agrémentées de la photo toujours la même de trois étages aveugles d’un immeuble, d’un amoncellement, toujours le même, de gravats dans une rue et enfin de ces malheureux civils femmes, vieillards et enfants jetés sur les routes ukrainiennes vers la Pologne et autres...

    Est-ce à dire que ce qui se passe depuis une semaine n’est qu’une vue de l’esprit ? Certainement pas, la situation est très sérieuse et chars, canons braqués, soldats entassés dans des camions ne sont pas des joujoux et des figurines sortis d’un livre d’aventures. Seulement voilà comment est présentée cette nième tragédie
    qui plonge des peuples dans la souffrance et le désespoir. Et on lit que du 24 au 28 février 2022 quelque 325 morts ont été dénombrés. Qualifier les Ukrainiens de "vernis" ne semblerait pas exagéré quand on se souvient que deux explosions de "nitrate d’ammonium à Beyrouth ont fait, en moins de dix minutes, près de 200 morts, plus de 6263 blessés, rasant le port et détruisant immeubles résidentiels, hôpitaux, écoles, églises etc... tout un quartier à 2 kms des explosions sous un champignon de fumée...

    Oui, il nous faut prier pour que tous les processus s’arrêtent...

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