Chronique n° 293 - F.C. - N° 1610 - 21 octobre 1977

L’HOMME-CAILLOU

Une Révélation ne peut pas être de nature scientifique

lundi 14 octobre 2013

Ce que j’ai essayé de dire (a) sur Adam et le Pithécanthrope manquait, semble-t-il, de clarté, ce qui ne m’étonne pas : en ce moment, je travaille à un recueil d’articles publiés dans diverses revues il y a une quinzaine d’années, et il m’arrive de ne plus comprendre exactement ce que j’ai voulu dire. Dans les matières que je traite, il est difficile de penser toujours clairement et pour tous. Mais revenons à Adam [1].

Dans cet article du 9 septembre, je disais en substance ceci : d’abord, que nous commençons à comprendre par la science que les choses sont infiniment compliquées, ou infiniment simples, ce qui revient au même, car dans les deux cas, leur compréhension requiert un effort infini, dont l’achèvement recule donc indéfiniment devant nous.

« Supposons, ajoutais-je (en soulignant que c’est précisément ce que nous dit l’Écriture), que Dieu ait voulu nous faire entendre le maximum que l’homme puisse entendre. Cela s’appelle une Révélation. L’objet d’une Révélation venant de l’Infini est forcément un mystère (ce qu’enseigne également l’Écriture). Si ce n’était un mystère, ce serait une information dépassée dans vingt ans » (par la science). Je concluais que les récits des Écritures « sont ce qui, dans tout langage humain imaginable, approche le plus de la vérité inaccessible », et qu’on est donc « plus près de cette vérité en croyant à la littéralité du jardin, du serpent, de l’arbre, etc., même si cela s’est passé autrement ».

Un très éminent théologien m’objecte que : « Certes, la foi, fondée sur la parole de Dieu, a une transcendance à l’égard de tout balbutiement du savoir humain. Et ce qui nous est dit d’Adam se situe à un autre plan que ce que nous apprend la paléontologie. Mais, poursuit ce théologien, on vous avait posé une vraie question [2] (c’est lui qui souligne). Vous répondez par une fuite à laquelle vos pointes contre les ignares « nouveaux théologiens » n’ajoutent aucune lumière satisfaisante. Conclusion de mon correspondant : mon article lui a inspiré un « sentiment pénible ». Je le regrette beaucoup. Voyons si l’on peut atténuer ce sentiment que je déplore.

La question posée par une lectrice était : « Comment peut-on concilier l’idée chrétienne d’une humanité supérieure à l’origine, puis d’une chute ayant nécessité l’Incarnation et la Rédemption, avec ce que la science semble découvrir, à savoir une humanité montant au contraire de l’animal à l’homme, et en route vers plus de conscience ? »

Avant d’aborder un si grand problème, faisons acte d’humilité en reconnaissant la formidable complexité de la science, qui doit définitivement décourager toute hypothèse simple sur l’énigme de notre nature spirituelle. Mon éminent correspondant croit que c’est pour esquiver cette énigme que je me suis moqué des « nouveaux théologiens » et de leur présomption à décider que ceci est « scientifiquement impossible », cela « réfuté par les progrès de la science » etc. Disons-le donc, s’il se peut, plus clairement à ceux que je visais (et dont mon correspondant ne fait certes pas partie) : « Il faut que vous soyez bien savants pour trancher, à propos des plus profonds mystères, que ceci ou cela est scientifiquement impossible, quand, dans la plus sûre et la plus simple des sciences elle-même, la physique, personne au monde n’ose se prononcer ainsi, du moins sans faire rire. »

Je donnais comme exemple les fentes d’Young (b). Cette expérience d’une simplicité cristalline met en évidence le double comportement de la lumière. Si l’on procède d’une certaine façon, la lumière est forcément ondulatoire. Si d’une autre, elle est corpusculaire. Et l’on peut aussi la faire apparaître à la fois comme ondulatoire et corpusculaire. L’ennui, c’est qu’une onde ne peut pas être un corpuscule, et inversement.

Voilà donc une expérience portant sur le phénomène le plus élémentaire que l’on connaisse, et elle met déjà en défaut notre entendement (c). Sachant cela, et que les esprits les plus profonds du XXe siècle échouent depuis cinquante ans à le pénétrer, qu’ils ne peuvent en accorder les contradictions, sincèrement, comment lirait-on sans se tenir les côtes des auteurs qui, prenant d’une main assurée la manifestation du Mystère dans le monde (la Révélation) et de l’autre leur petite loupe, prétendent nous enseigner qu’en ceci le Mystère des Mystères s’est trompé, et qu’en cela il est évident qu’il n’a pas eu la prudence de consulter d’abord l’Académie des sciences ?

J’en demande pardon à mon éminent correspondant (et à Dieu, qui nous commande la charité), mais ces messieurs me font mourir de rire. Ils disent que ceci est conforme à la science moderne, cela non, et même (je l’ai lu) conforme (ou non) aux lois de la nature ! Ils les connaissent donc, ces lois ? Et ils les connaissent toutes, puisqu’il suffit qu’ils en ignorent une seule pour qu’elle produise l’incompréhensible sous leurs yeux ? Il est très facile, dans le cadre des connaissances du XIXe siècle, de démontrer que l’éclair d’Hiroshima est impossible. Cela se démontre par un calcul élémentaire, et n’oublions pas que pour lord Kelvin, exprimant une opinion unanime, la physique était alors achevée. Il l’a écrit [3]. Ce n’est pas pour « m’enfuir » que je propose, avant tout examen sérieux de la question posée par ma correspondante (question capitale et en effet angoissante), de jeter au trou les élucubrations visant à épouiller la Révélation de ses « erreurs scientifiques ». C’est pour éviter de mélanger les genres. Soit, ne les jetons pas. Mais alors, classons-les parmi les productions du comique involontaire.

Et cela dit, comment concilier l’histoire du pithécanthrope et celle du Jardin ?

Cette question, prenons-la par le seul bout où la raison humaine ait le droit de s’égarer, puis de le reconnaître et de se corriger : par la science, dont c’est là le cheminement. Cette science, ici la paléontologie, ressuscite de son mieux, grâce aux fossiles, l’histoire du corps humain ; et grâce aux traces de son activité, l’histoire de l’intelligence. C’est la foi de tout savant que la science ne cessera jamais de progresser [4]. C’est la mienne.

Supposons alors que, dans les plans de la Création, il y ait eu cet événement : qu’à un moment de son histoire, le descendant du pithécanthrope soit instruit d’un événement dont il n’a plus souvenance et qui est la clé de sa destinée. Comment en sera-t-il instruit ? Par la révélation d’un fait scientifiquement observable ? On se demande à quoi servirait une « révélation » que la science découvrirait toute seule un jour ou l’autre, puis dépasserait, car elle ne s’arrête jamais. Si la Révélation nous parlait du pithécanthrope et des couches géologiques où on le trouve, ce serait certes impressionnant. Mais dans vingt ans, après avoir fouillé ces couches, nous en saurions plus que la Révélation.

De plus, nous serions laissés à jamais ignorants du seul problème sur lequel nous attendons la lumière d’une révélation : celui de notre nature, de notre destinée, de la signification de notre apparition personnelle dans ce monde, de notre lutte contre le mal, de notre mort. Aucune de ces questions n’est « scientifique ». La science ne peut ni ne pourra jamais rien nous en dire puisque sa méthode vise à obtenir une connaissance excluant précisément toute subjectivité [5]. Quand Lévi-Strauss se flatte de restituer l’homme au monde minéral, il prend son désir pour une réalité, mais c’est bien là l’objectif de la science. Dans un monde supposé entièrement réduit à la science, l’homme ne serait en effet, comme le dit à peu près Lévi-Strauss, qu’un caillou un peu plus compliqué.

Seulement, voilà : ce caillou n’est pas entièrement réductible à la science. Il souffre, il aime, il dit je, et aussi tu, et rien de cela n’existe dans sa nature minérale. L’homme reconstitué par la science n’a, par définition, pas d’âme, car l’explication scientifique ne peut progresser qu’au prix d’exclure de sa vision cette immatérielle entité.

Il se trouve, et c’est ainsi, que tout ce qui m’intéresse dans le caillou mortel que j’appelle mon corps, c’est ce qui n’est pas mon corps. Que m’importe qu’on me coupe en quatre, si mon moi n’en est pas atteint ? Le livre de Monod explique fort bien le « principe d’objectivité », sans lequel aucune science n’est possible. Mais ma part d’objectivité m’est complètement indifférente. Même les plaisirs de mon corps ne sont pas de ce monde : « Ces plaisirs qu’à la légère on appelle physiques », disait Colette. Bref, aucune des questions qui intéressent ma destinée personnelle n’est une question scientifique.

Il est donc clair que s’il existe, venant de l’infini, de Dieu, quelque chose appelé « révélation », ce ne peut être de nature scientifique. Ce doit être d’une autre nature, sous peine de ne rien m’apprendre. L’histoire du Jardin, d’Adam, de la Chute, est l’expression d’une autre réalité – la réalité à laquelle appartient, non le caillou, mais mon moi, ma solitude, mon âme. Cette histoire raconte ce qui s’est passé dans l’âme de nos ancêtres, à un certain moment de la préhistoire : une mystérieuse tragédie spirituelle dont la suite fut le retrait de Dieu. Que l’homme ait continué d’évoluer physiquement et intellectuellement, et comment, c’est à la paléontologie de nous le dire. Quant à la tragédie de la Chute, si elle est ce que dit la Révélation, c’est-à-dire spirituelle, nous n’en pouvons trouver de trace que dans notre âme, et d’explication que dans la foi.

Aimé MICHEL

(a) F.C.-E, 9 sept. 1977.

(b) Sur les fentes d’Young « mystère central de physique » selon Feynman, voir l’excellent exposé de Feynman lui-même (les Lois de la nature, chez Laffont). Feynman est Prix Nobel de physique [6].

(c) Elle le met si bien en défaut que certains ont proposé, pour la résoudre, de renoncer au fondement de la logique, à savoir que Non est le contraire de Oui. [7]

Chronique n° 293 - F.C. - N° 1610 - 21 octobre 1977. Reproduite dans La clarté au cœur du labyrinthe, Aldane, Cointrin, 2008 (www.aldane.com), chapitre 26 « Commentaires bibliques », pp. 662-664.


Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 14 octobre 2013


[1Aimé Michel, interpelé à nouveau par un lecteur, reprend ici la réflexion commencée dans la chronique n° 287, Le pithécantrope et le jardin – La Révélation est forcément un mystère sinon elle serait dépassée dans vingt ans, mise en ligne le 26.08.2013. Il tente une nouvelle fois de faire comprendre qu’une part de la réalité échappe à l’objectivité scientifique (au cœur d’une part de la physique, d’autre part de la subjectivité humaine ; les deux domaines étant peut-être liées) et qu’une conception acceptable en ce début de XXIe siècle de ce que peut être la Révélation doit en tenir compte.

Par ailleurs, à ma connaissance, Aimé Michel n’a fait paraître aucun recueil de ses articles en 1977 ou 1978. Il est donc probable que le projet dont il parle n’ait pas abouti.

[2Je pense que cet « éminent théologien » est le cardinal Henri de Lubac, S. J., qui avait déjà écrit à Aimé Michel à propos d’une précédente chronique (voir Une lettre du père de Lubac à propos de Teilhard de Chardin, mise en ligne le 28.12.2011).

Quant aux « vraies questions », voir l’apologue du char d’Apollon dans la chronique n° 498, Bac 1992, in La clarté au cœur du labyrinthe, Aldane, Cointrin, www.aldane.com, p. 550.

[3Il n’est pas certain que Lord Kelvin l’ait écrit, mais bien d’autres l’ont fait dans le dernier quart du XIXe siècle, voir la note 4 de la chronique Le pithécantrope et le jardin. Pour Aimé Michel le fait que la science ne connaisse pas toutes les lois de la nature interdit de conclure à l’impossibilité de quelque fait que ce soit. Il s’en est expliqué notamment dans les chronique n° 88, Quand deux plus deux font trois – Possible et impossible (18.10.2011) et n° 160, La science et le mystère (18.7.2011). Il s’agit d’un point sur lequel il est d’autant plus difficile de s’entendre exactement que les réserves de surprises offertes par ce qui reste encore à découvrir sont jugées de manière très variable selon les individus.

[4Cette foi d’Aimé Michel que « la science ne cessera jamais de progresser » est au fondement de toutes ses réflexions métaphysiques et religieuses. Pour plus de précisions, voir les chroniques n° 222, La science est-elle achevée ? (La clarté, op. cit. p. 483) et n° 223, La ci-devant matière ? − L’inachèvement de la science en général et de la physique en particulier, mise en ligne le 22.11.2011.

L’auteur américain, Nicholas Rescher, professeur de philosophie à l’université de Pittsburg, a écrit un livre éclairant sur ce sujet, Le progrès scientifique. Un essai philosophique sur l’économie de la recherche dans les sciences de la nature, trad. par I. et M. Rosier, PUF, 1993. Il y soutient deux thèses fort importantes :

1/ Pour fonder la perspective d’un progrès scientifique sans fin il n’est pas nécessaire de postuler que la constitution de la nature est intrinsèquement infinie. En effet « un système peut bien être structurellement fini et simple et s’avérer d’une complexité illimitée au niveau opérationnel ou fonctionnel. Cette sorte de complexité opérationnelle suffirait largement pour garantir un horizon illimité à l’activité scientifique, qui aurait à découvrir les lois comportementales d’un système dont la constitution physique serait pourtant extrêmement simple. » (p. 48 ; nous avons déjà rencontré cette idée à propos des systèmes complexes, voit la chronique n° 149, Sherlock Holmes en échec − Corrélation n’est pas causalité, 29.10.2012). En outre, il n’y a pas de limites dans nos perspectives d’analyse : « nous pouvons constamment découvrir de nouvelles lois en jetant notre filet de façon suffisamment large ». Bien entendu, Aimé Michel ne s’en tient pas à ces arguments a minima, car, d’une part, du côté de la nature, il se place dans une perspective pascalienne d’une complexité illimitée avec « l’espoir de découvrir indéfiniment des mondes s’ouvrant à l’intérieur d’autres mondes » et, d’autre part, du côté du sujet connaissant, dans la perspective évolutive d’une augmentation des capacités cognitives au-delà du niveau humain.

2/ Rescher observe « qu’un ensemble impressionnant de lauréats du prix Nobel (E.P. Wigner, R. Feynman, MacFarlane Burnet et al.) ont exprimé des opinions qui laissent penser à un regain de la position fin de siècle parmi certains des scientifiques professionnels les plus expérimentés et les plus créatifs. Une fois de plus, nous semblons entrer dans une période où ceux qui étudient savamment la question inclinent à conclure que le progrès de la recherche scientifique pourrait bien approcher de sa fin. » Mais lui-même, au terme de son étude, rejette ce point de vue : « L’ensemble de notre analyse suggère le contraire. A long terme, il peut y avoir des cycles de déclin et de chute, mais la perspective d’une renaissance telle celle du phénix est toujours là, devant nous, même si c’est assez loin. Si notre conception est, ne serait-ce qu’approximativement correcte, il n’est pas nécessaire que la science rencontre jamais un échec définitif dans ses tentatives pour pénétrer toujours plus profondément les secrets de la nature. Il y a des obstacles, bien sûr, mais ils sont à l’origine d’un ralentissement, et non d’un blocage, d’une décélération plutôt que d’un arrêt. Nos horizons sont littéralement sans limites, et les perspectives de nouveaux succès sont en principe sans fin. La question primordiale n’est pas celle de la faisabilité des avancées, mais celle de la volonté de les réaliser, étant donné les difficultés grandissantes et les obstacles croissants. » (p. 319). Encore une fois, les vraies limites ne sont pas extérieures aux hommes mais dans leur foi collective à les dépasser (ou non).

[5Sur l’irréductibilité de la conscience voir notamment les chroniques n° 102, Le lit de Procuste, parue ici le 4.8.2010, n° 126, Avis désintéressé à MM. les assassins – Les hypothèses les plus certaines ne sont pas de nature scientifique (04.06.2012) et n° 181, Des machines intelligentes – Ordinateurs intelligents de Turing et machines autoreproductrices de von Neumann (18.08.2013).

[6Il vaut effectivement la peine de lire ou relire Feynman, en particulier la 6e des sept conférences que ce livre reproduit. Intitulée « Probabilité et certitude. La description quantique de la nature », elle est consacrée aux enseignements de la physique quantique si surprenants, si incompréhensibles, si rebelles à nos préjugés.

« Il n’y a qu’une petite fraction des phénomènes naturels, dont nous ayons une expérience directe. Seules des mesures raffinées et des expériences rigoureuses peuvent nous donner une vision plus étendue. Et nous avons alors des surprises : nous voyons des choses très différentes de ce que nous attendions, de ce que nous imaginions. Nous devons faire un effort d’imagination extrême, non pas pour imaginer des phénomènes irréels, fictifs, mais seulement pour comprendre ce qui se passe vraiment. (…) [L]a difficulté, en fait, est psychologique et réside dans ce tourment perpétuel que vous causent des réflexions comme “mais comment peut-il en être ainsi ?”, qui reflètent un désir incontrôlé, mais parfaitement vain, de revenir à une vision familière. (…) [J]e crois pouvoir dire à coup sûr que personne ne comprend la mécanique quantique. (…) Personne ne sait comment cela peut se passer ainsi. »

Feynman s’emploie ensuite à décrire l’expérience classique des deux trous d’Young. Elle montre (je laisse au lecteur le soin de lire les explications détaillées de l’auteur) que « les électrons arrivent un par un, comme des particules, mais que leur probabilité d’arrivée est déterminée comme le serait l’amplitude d’une onde. » Mieux, on ne peut pas déterminer par quel trou est passé l’électron sans détruire la figure d’interférence. « On peut se demander comment ça marche vraiment. Quel est le mécanisme à l’œuvre en réalité ? Personne ne connaît aucun mécanisme. Personne ne peut vous donner de ce phénomène une explication plus profonde que la mienne – c’est-à-dire une simple description. » Et il généralise : « Il se trouve qu’on peut toujours expliquer n’importe quelle autre situation en mécanique quantique, en disant : “Vous vous rappelez le cas de l’expérience des deux trous ? C’est pareil !” (…) Elle contient le mystère général, je n’évite rien, je dévoile la nature sous son aspect le plus élégant et le plus difficile. »

Feynman poursuit : « Un philosophe a dit une fois : “Il faut, pour que la science puisse exister, que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.” Eh bien, ce n’est pas ce qui se passe. Vous montez l’expérience, toujours dans les mêmes conditions, et vous ne pouvez pas prédire derrière quel trou vous verrez l’électron. Mais la science continue malgré tout, bien que les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets. (…) En fait, ce qu’il faut pour que la science existe, ce sont des esprits, qui n’acceptent pas d’imposer de conditions a priori à la nature, comme celles de ce philosophe. »

[7La mécanique quantique n’obéit pas à la logique habituelle, appelée logique booléenne en l’honneur de George Boole, un maître d’école irlandais qui le premier en codifia les règles. En effet, elle obéit à toutes les règles de Boole sauf une (la loi de distribution). Pour cette raison la logique quantique est dite non booléenne. C’est une conséquence naturelle, aisément vérifiée par l’expérience, de ses fondements mathématiques. La logique quantique a suscité un grand nombre de travaux mathématiques, instructifs pour les théoriciens mais qui n’ont pas permis de mieux comprendre la nature physique intime des processus quantiques. Au début les théoriciens espéraient décrire les objets quantiques eux-mêmes, et non pas seulement les résultats obtenus lors des mesures. Cet espoir a été déçu et on sait aujourd’hui que la logique non booléenne ne permettra pas d’obtenir une description réaliste des objets quantiques.

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