L’Ascension dans nos vies

par Gérard Leclerc

jeudi 30 mai 2019

Abbaye Fontevraud - Salle capitulaire /
CC by sa Jean-Christophe Benoist

Aujourd’hui, fête de l’Ascension, il est permis de laisser provisoirement de côté l’actualité politique, pour s’interroger sur le mystère chrétien. On oublie peut-être un peu trop que l’Église n’a d’existence qu’à nous le révéler, le mettre en évidence et nous faire réfléchir à la lumière qu’il projette sur notre existence personnelle et collective. Je sais bien que la crise institutionnelle, cruellement ressentie depuis des mois n’a guère favorisé ce regard sur l’essentiel. Et pourtant, la crise elle-même devrait nous inciter à ce recentrement. Je ne sais pas si mon expérience personnelle rend compte de toute la réalité, mais je constate qu’autour de moi il n’y a guère d’intérêt pour les discussions sur la crise elle-même. Celles-ci seraient plutôt réservées à de cercles d’initiés. Non que les maux et les scandales dont les médias parlent abondamment n’atteignent pas les consciences des catholiques, mais ce qu’ils demandent à l’Église n’est pas prioritairement de disserter sur ses structures. C’est de faire comprendre à quel point seul l’amour de Dieu, tel qu’il s’est manifesté dans le Christ, est digne de foi.

Ce disant, je parodie Urs von Balthasar, un théologien de haute volée, mais dont l’enseignement de fond est directement accessible à qui se donne la peine de l’écouter : « Le motif de crédibilité, celui qui rend vraiment le christianisme “digne de foi”, c’est l’amour divin lui-même s’attestant dans les paroles, la vie et la mort du Christ. » L’Ascension nous renvoie directement à cette Révélation, car elle nous invite à méditer l’ultime étape de la venue du Christ parmi nous. Après avoir traversé la mort de la croix et ressuscité le troisième jour, Jésus entre pleinement dans la gloire divine où il fait pénétrer notre humanité. Car telle est la gloire aussi qui nous est promise.

L’Église n’est rien si elle ne nous conduit à comprendre et vivre de ce mystère. L’historien Guillaume Cuchet a établi une relation troublante entre l’affaissement brutal de la pratique religieuse dans les années soixante et l’effacement de la question des fins dernières dans la prédication de la même époque. Sans doute avait-on le sentiment qu’une telle prédication était trop éloignée de nos vies concrètes. Mais c’était une erreur profonde. L’Ascension du Seigneur nous renvoie au sens même de notre condition humaine plénière, avec le destin de notre corps. Natalia Trouiller, dans le manifeste crucial qu’elle vient de publier, nous le rappelle à partir de saint Paul aux Philippiens. C’est le Seigneur Jésus qui transformera notre corps misérable en le rendant semblable à son corps glorieux (Ph 3, 20-21).

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 30 mai 2019.

Messages

  • Merci de conforter la foi en christ le ressuscité, monté au ciel avec son corps et la plénitude de l’esprit.

    L’ascension n’est donc pas facultative pour le croyant.
    Laissé au terme d’une vie corporelle comme une hypothèse discutable et discutée par les plus incrédules d’entre nous.
    Corps et esprit, nous fit le Créateur.

    Le combat et la compétition portée le long de la vie entre ces deux réalités qui se cherchent, se toisent et se distinguent au fil du temps, est une réalité observable pour chacun.
    Le corps domine parfois au début d’une croissance physique impénitente, indomptable parfois, irréfléchie bien souvent, car les facultés physiques sont qualifiées pour avoir le premier rôle, mais vient le temps de la maturation.

    Les enjeux et la comparaison des possibles rend le combat inégal.

    Si le corps résiste et conjugue le champ des réussites patentes des efforts accomplis et d’une volonté personnelle en situation, l’esprit aspire à exister par lui même bien au delà des faveurs admirables et des ambitions cultivées.

    L’esprit s’éveille à l’autonomie de l’être invisible, imprévisible, voilé et caché au regard extérieur.

    Les questions existentielles se dévoilent par le rapport entretenu du possible et des impossibles.

    La question parmi toutes du sens de l’esprit et de ses dons multiples marque le tempo d’une dimension surnaturelle de l’homme et de la conscience.

    A quels saints se vouer si le déroulé des jours ne sonde cette intériorité qui trouble, dérange et interroge la destinée ultime des exercices appris de la volonté ?

    L’ascension spirituelle ouvre des horizons de plénitude, de lumière et de paix intérieure pour celui qui cherche, sans avoir déjà trouvé, trouve et cherche encore sans avoir obtenu les réponses induites à sa conduite.

    La métaphysique nous fut enseignée jadis comme une discipline philosophique, elle fut peu ou prou laissée à la pensée spéculative comme une option improbable, mais aujourd’hui elle refait surface à nouveau dans le cursus de l’intelligence et de la conscience inachevée des connaissances positives de l’esprit.

    L’esprit conduit sans cesse à l’esprit en plus, et le combat d’antan du corps et de l’esprit premier de toute origine instaure un rapport spirituel de l’esprit en lui même avec son univers invisible, que les contemporains réclament dans des spiritualités parfois éphémères, volatiles et liquides, - un adjectif en vogue aujourd’hui- pour désigner l’univers ondulatoire des pensées passagères..

    De toute évidence les "métaphysiciens" devenus artistes, physiciens de l’infiniment petit, penseurs de mondes d’initiés et chercheurs de laboratoires expérimentés, rejoignent des univers de l’intelligence spirituelle et religieuse que l’on ne pourrait écarter d’un revers de la main, ni de l’esprit,
    car il en est d’en expliquer la valeur et le sens de chaque vie humaine et environnementale, intimement liés dans le destin commun de leur propre survie...

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