Jésus aimait-il vraiment la famille ?

par Charles Becquérieux

mercredi 8 janvier 2020

La Sainte Famille avec saint Jean le baptiste, musée de Belfast, Jacob van Oost, 1643.
© Julian Kumar / Godong

Certains passages des Écritures sur la famille peuvent être déroutants.

À la simple lecture de ce titre, certains se diront en eux-mêmes : «  Quelle drôle de question ! N’a-t-il jamais vu les images pieuses de la Sainte Famille ? Ne sait-il pas que la religion est la meilleure protectrice de l’institution familiale ?  » Si, bien sûr. Mais je lis aussi l’Écriture. Et force est de reconnaître qu’elle est parfois déroutante.

En l’occurrence, j’y lis ceci, dans la bouche de Jésus-Christ : «  Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison.  » (Mt 10, 34-36.) Et aussi cette phrase encore plus terrible : «  Si quelqu’un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses sœurs, et même aussi sa propre vie, il ne peut être mon disciple.  » (Lc 14, 26.)

Voilà qui nous éloigne des chromos sulpiciens… On en viendrait à se demander si Jésus n’a pas été un précurseur d’André Gide, dont la célèbre exclamation «  Familles, je vous hais !  », dans Les Nourritures terrestres, prend d’un seul coup une sorte de résonance évangélique.

Comment comprendre de telles déclarations ? Jésus nous demande-t-il de violer le quatrième commandement – «  Tu honoreras ton père et ta mère  » ? Entend-il détruire l’ordre social ? Conçoit-il son rôle à la façon de ces chefs de sectes totalitaires, religieuses ou politiques, qui exigent de leurs adeptes qu’ils renient les attachements les plus naturels, à commencer par la famille ?

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

Messages

  • Les évangélistes ne racontent pas les faits du point de vue objectif comme actuellement mais en fonction de leur ressenti, et pour être crus et compris, ils exagèrent souvent et cela semble bizarre
    Par exemple : "il voit la paille qui est dans l’œil des autres mais il ne voit pas la poutre qui est dans le sien" . Ou bien, dans la multiplication des pains : "il y avait cinq mille personnes " pour il y avait un nombre excessif de personnes, beaucoup trop de monde, l’évangéliste n’a pas compté, mais Jésus ne parle pas en plein air sans micro à tant de monde
    Luc, dans ce passage sur la famille insiste sur la difficulté à venir pour les futurs convertis de vivre en famille avec des parents qui ne les comprendront pas avec le même langage excessif Mais la religion est ce qui est le plus important. Dans la société romaine, cela peut aller jusqu’à la mort : Sainte Agnès fut condamnée par son père pour s’être convertie au christianisme, comme dans tant d’autres
    drames
    Jésus n’a pas méprisé la famille, Luc parle des femmes qui suivaient Jésus : outre la Sainte Vierge, ses 2 sœurs (l’une mère de son cousin Jacques) la mère de Jacques et Jean fils de Zébédé : tout ce monde semble uni

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