Centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc

Jeanne d’Arc, un miracle français

Propos de Jacques Trémolet de Villers recueillis par Aymeric Pourbaix

mercredi 25 septembre 2019

Fêtes johanniques à Orléans en 2018.
© Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc

Fondée en 1953 par le général Weygand, l’Association universelle des Amis de Jeanne d’Arc prépare l’année du double centenaire.

L’année 2020 sera doublement consacrée à Jeanne : centenaire de sa canonisation et de l’hommage national qui lui a été rendu. Comment les deux événements sont-ils liés ?

Le lien, entre la loi promulguée au Journal officiel de la République française le 14 juillet 1920 et la canonisation de Jeanne par le pape Benoît XV à Rome le 16 mai 1920, est symbolique et éclairant. Après la séparation des Églises et de l’État dans les années 1905, l’Union sacrée de la Grande Guerre et le sacrifice des prêtres et religieux dans la défense de la patrie ont aboli pratiquement beaucoup de barrières. La concordance des dates dit la réconciliation sous l’égide de Jeanne d’Arc, sainte mystique, chef de guerre et chef politique.
Nous sommes dans un moment historique de joie après les années horribles 14-18. Comme tous les événements humains, cette unité ne durera pas autant qu’elle aurait dû. Mais elle a existé et il est bon de le savoir et d’y revenir pour en prendre des leçons. L’Église et l’État, encore si séparés et opposés, se sont entendus. C’est un grand miracle posthume de Jeanne.

Dans l’histoire, Jeanne a été célébrée à gauche comme à droite. Cette «  universalité  » demeure-t-elle aujourd’hui ?

À France Culture, il y a trois ans, interrogé avec Colette Beaune et Michel Winocq, sur le «  pourquoi du retour de Jeanne  », j’ai entendu Michel Winocq dire : «  Jeanne revient là où elle a toujours été, à gauche.  »

Et c’est vrai qu’à son retour, au milieu du XIXe siècle, par la découverte par Quicherat des minutes de son procès et avec le livre de Jules Michelet, Jeanne était à gauche, avec la libre-pensée et la République. Puis les historiens se sont aussi souvenus qu’elle était catholique, mystique et qu’elle avait rétabli le roi. Mais tous ont rappelé qu’elle disait : «  Je suis venue pour les pauvres gens.  »

Y a-t-il contradiction entre les deux ? Ou, au contraire Jeanne n’est-elle pas la figure vivante de l’unité nationale ? C’est ce que nous avons besoin de redécouvrir aujourd’hui. Elle est inclassable parce qu’universelle…

Savez-vous que, pendant l’année qui a préparé la «  Révolution de velours  », à Prague, avec Vaclav Havel, dans ce pays où l’athéisme est largement majoritaire, chaque jour, dans les maisons, se jouait «  la Passion de Jeanne  » d’après son procès… De même, le 30 mai prochain à Saint-Pétersbourg, sera édifiée une statue géante de Jeanne d’Arc. Enfin, le 8 mai, à la Nouvelle-Orléans aux états-Unis, la Louisiane fêtera la jeune fille de Domrémy ? Universelle, vraiment ! Donc française et catholique.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

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