Homélie du 1er janvier 2017 : circoncision de Jésus

par le père Daniel Foucher

dimanche 1er janvier 2017

Au cours d’une table ronde projetée avec Juifs et Musulmans à la synagogue 18 rue Galvani à Paris, un journaliste m’a interpellé : « Pourquoi l’Église a-t-elle supprimé la fête de la circoncision » ? J’ai exprimé mon regret et je vais essayer aujourd’hui de vous montrer la grande signification de cette fête

Que signifie la circoncision ?

J’ai répondu que cette ablation partielle de l’organe masculin destiné à transmettre la vie représentait une sorte de castration symbolique avec un double aspect négatif et positif.

1° Au négatif, l’homme est impuissant tout seul à transmettre la vie, à réaliser par lui-même le miracle de mettre au monde un enfant. Dans le contexte biblique il s’agissait d’Abraham, un vieillard et de son épouse Sara, très âgée et stérile.

2° Au positif, sans Dieu l’homme ne peut rien faire, c’es vrai, mais avec Lui ‘rien n’est impossible’, tout est possible à celui qui croit. Dieu dit au patriarche : « Abraham, cette circoncision, sera le signe de mon alliance avec toi et avec ta descendance après toi. Grâce à Moi, en lien avec Moi, tu auras un fils : Isaac ce qui veut dire : « l’ Enfant du rire », et par lui tu obtiendras une postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que les grains de sable au bord de la Mer. »

Abraham crut et s’ajusta à cette Parole de Dieu. Résultat : avec Sara il devint grand-père d’une longue généalogie qui se termine par « Joseph, l’époux de Marie de laquelle fut engendré Jésus que l’on appelle Christ. » Mt 1, 16.
Et c’est la circoncision de ce Jésus que l’on fête aujourd’hui, au temple de Jérusalem, huit jours après sa naissance.

Que signifie la circoncision de Jésus ?

Je vous entends me poser la question : Et pour Jésus, que signifie sa circoncision ?

Même réponse au négatif et au positif : une coupure, castration symbolique.

1° Au négatif. Jésus n’a pas eu d’épouse humaine, car il n’avait qu’un seul Amour absolu, son Père. Ils formaient tous les deux un Couple divin, heureux et modèle. Je le propose en exemple aux fiancés que je prépare au mariage.

2° Au positif. Jésus n’a pas eu d’enfants biologiques, comme le prétendent des romans imaginaires et frelatés, cette paternité purement humaine n’aurait eu aucun sens. Grâce au Père, il possédait une fécondité divine et infinie, puisqu’en union avec Lui li donnait naissance éternelle à une Personne nouvelle, l’Esprit Saint, le Fruit de leur tendresse, car il procède de l’Un par l’Autre, comme le chante notre credo. Et Jésus ose dire que nous sommes associés à l’origine de ce Cadeau inestimable, nous participons à cet Événement formidable : « Celui qui croit en moi des Fleuves d’eau vive jailliront de son sein, de son cœur. » Jean traduira plus tard : « Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui » Jn 7, 37-39.
Et voilà que dans la Bible, pour ne pas faire du sexe une idole, car il n’a pas d’autre avenir que le pourrissement généralisé du cadavre, une expression nouvelle va naître. On la retrouve dans Jérémie 4,4, le Deutéronome 10, 16 et l’épître aux Romains 2, 29 : ce qui compte pour être sauvé, ce n’est pas la circoncision de la chair, mais celle du cœur, celle de la foi. Cela veut dire que notre foi en Dieu doit être totale, absolue, sans mélange, par exemple :« Vous devez choisir entre Dieu et l’Argent ». Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » Heureux ceux qui n’écoutent que sa Parole et la mettent en pratique ». Ils ne veulent passer qu’à travers une seul porte étroite, l’immense joie de ne faire que sa volonté.

La virginité de Marie

À part Jésus, le plus bel exemple c’est la virginité de Marie, celle de sa foi d’abord, le don plénier de son cœur au Dieu unique, avec comme conséquence la consécration totale de son corps : « Je ne connais point d’homme ». Par le fait même, au négatif, sans relation conjugale, elle renonçait à devenir la mère du Messie. Mais Dieu lui a donné une fécondité extraordinaire : « Tu concevras et tu enfanteras et ton enfant sera appelé Fils de Dieu ».
Mes amis, nous fêtons aujourd’hui joyeusement, en ce premier jour de l’année, cette maternité divine de Marie. Elle est devenue la femme la plus distinguée du monde, car elle distingue le Père dont elle est l’Épouse et le Fils dont elle est la Mère.

Une révolution vient de s’accomplir dans notre histoire coupée en deux. Avez-vous remarqué que grâce à elle le mot Seigneur a changé étrangement de sens ». Quand elle dit : « Je suis la servante du Seigneur » ou « Mon âme exalte le Seigneur », il s’agit toujours du Dieu qui est esprit, du Dieu unique de la Création et de l’Ancien Testament, Mais voilà qu’Élisabeth avertie par le petit Jean-Baptiste et poussée par l’Esprit Saint, éclate en cris d’allégresse : « Quel bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ! » C’est un coup de tonnerre dans l’ordre de nos relations. Un seul Dieu, mais qui n’est plus seul, car il partage sa souveraineté avec son Fils. Comme les premiers chrétiens, nous pouvons proclamer : « Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père ! »

Bonne année à tous !

Jésus, Seigneur, je te souhaite une bonne année aujourd’hui, ainsi qu’au monde et aux paroissiens de Saint Clément. Nous te l’offrons et nous te promettons de la rendre, belle, heureuse, pour tous ceux que tu placeras sur notre route. 2017 sera-t-elle la dernière ? Qu’importe ! J’ai confiance en toi, car tu nous assures ta présence permanente, notre plus grand bonheur : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Amen.

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