HUMILITE DU MINISTERE PETRINIEN

samedi 20 novembre 2010

CITE DU VATICAN, 21 NOV 2010 (VIS). A 9 h 30’en la Basilique vaticane, en la solennité du Christ Roi, le Pape a présidé la messe concélébrée avec les 24 nouveaux Cardinaux, auxquels il a remis l’anneau cardinalice. Dans son homélie, le Saint-Père a dit que "le premier service du Successeur de Pierre est celui de la foi... Le drame qui se déroule au pied de la croix de Jésus est un drame universel. Il concerne tous les hommes face à Dieu qui se révèle pour ce qu’il est, c’est-à-dire Amour. En Jésus crucifié, la divinité est défigurée, dépouillée de toute gloire visible, mais elle est présente et réelle. Seule la foi sait la reconnaître : la foi de Marie qui...ne voit pas encore tout, mais continue de faire confiance à Dieu, répétant une fois encore avec le même abandon : Je suis la servante du Seigneur".

Benoît XVI a alors souligné que "le ministère de Pierre consiste entièrement dans sa foi...une foi qui doit passer par le scandale de la Croix, pour devenir authentique, vraiment chrétienne, pour devenir le roc sur lequel Jésus peut construire son Eglise... Ce ministère est difficile car il ne correspond pas à la façon de penser des hommes, à cette logique naturelle qui reste toujours active au fond de nous-mêmes... Il nous faut témoigner et annoncer cette réalité paradoxale comme il l’a fait Lui, le Roi, c’est-à-dire en suivant la même voie et en s’efforçant d’adopter la même logique, celle de l’humilité et du service, du grain de blé qui meurt pour donner du fruit". Puis il a ajouté : "L’efficacité de notre service à l’Eglise, l’Epouse du Christ, dépend essentiellement de cela, de notre fidélité à la royauté divine de l’Amour crucifié. C’est pourquoi la crucifixion est représentée sur l’anneau que je vous remets aujourd’hui, sceau de votre pacte nuptial avec l’Eglise. Pour la même raison, la couleur de votre habit rappelle le sang, symbole de la vie et de l’amour, le sang du Christ que, selon une ancienne iconographie, Marie recueille du côté transpercé de son Fils mort sur la Croix, et que l’apôtre Jean contemple alors qu’il jaillit mêlé à de l’eau, conformément aux Ecritures prophétiques... Le primat de Pierre et de ses successeurs -a-t-il conclu- est totalement au service du primat de Jésus-Christ, unique Seigneur, au service de son règne, c’est-à-dire, de sa seigneurie d’amour, pour qu’elle vienne et se diffuse, renouvèle les hommes et les choses, transforme la terre et fasse germer en elle la paix et la justice".

HML/ VIS 20101122 (430)

Messages

  • Très beau message de Benoît XVI sur l’ ’humilité et le dépouillement du Christ Roi et la révélation de l’amour de Dieu dans mort sur la croix, occultation de sa gloire... On peut se demander cependant quand l’Eglise, et son plus haut service "pétrinien", feront de la pauvreté et du dépouillement visibles des élément essentiels et palpables de cette kénose du Christ qu’elle veut prendre à son compte et dont elle entend témoigner face aux coutumes et aux puissants de ce monde...

    Faute de quoi, on demeure dans le spirituel pur dépourvu d’impact.

  • @Benoit A. Dumas

    Je connais personnellement deux Cardinaux français, et leur vie personnelle est extrêmement modeste. Si vous parlez de la pauvreté de l’Eglise de France, on ne pourrait imaginer que très difficilement une pauvreté plus grande, à part que tous ses prêtres deviendront SDF.

    En effet, combien des parents catholiques français aujourd’hui rêvent que leur enfant deviendra "une âme consacrée" ? Ou bien, pour combien des jeunes catholiques, intelligents et ambitieux, comme le héros du "Rouge et Noir" de Stendhal, la question se pose : l’armée, le gouvernement, les sciences, la commerce ou … l’Eglise ?

    Et si vous parler du Vatican, son existence "étatique" indépendante est le seul garant matériel de son indépendance spirituelle et morale : par exemple, est-t-elle libre, l’Eglise de France, de parler franc de la catastrophe d’avortement ou de la permissivité illimité sexuelle — la réalité de nos enfants à partir de 12 ans ou bien avant ?

    C’est depuis déjà d’un siècle que les puissants de ce monde se moquent de l’importance du Pape. Ainsi, lorsque en mai 1935, Pierre Laval se rend à Moscou pour convaincre Staline du bien-fondé d’une alliance entre la France et l’URSS pour prévenir la menace que fait peser Hitler à la tête de l’Allemagne, Staline, en entendant la demande de Laval de "faire quelque chose en Russie, en faveur de la religion et des catholiques," pour aider la diplomatie française avec le Vatican, aurait répondu :"Oh, le pape ! De combien de divisions dispose-t-il ?"

    En particulier, toute la controverse autour du "silence de Pie XII" a à la source la même combinaison empoisonnée que manifeste votre remarque : on ne comprend pas le mystère de la persévérance de l’Eglise du Christ et donc la visibilité du Vatican, mais on veut l’exploiter pour des fins pratiques ou idéologiques, en espérant par ailleurs de la détruire ou au moins de la faire invivable.

    C’est par des arguments pareils que le Communisme russe a cherché à camoufler sa politique de terreur implacable contre l’Eglise russe. Aujourd’hui, le Communisme russe est mort, et on y reconnait l’importance de la visibilité digne de l’Eglise du Christ. La France est encore très loin de cette conscience.

    Voir en ligne : Pie XII - assumer le noble défi de l’historicité

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.