Gino Bartali, dit « Gino le Pieux » : le cycliste qui sauva près de huit cents Juifs

par NL

mercredi 3 juillet 2019

"Le bien se fait, mais ne se dit pas. Certaines médailles s’accrochent à l’âme et non à la veste". Telle était la devise, a priori ambitieuse, du cycliste italien Gino Bartali.

Vainqueur du Tour de France en 1938 et en 1948 et lauréat du Tour d’Italie en 1936, 1937 et 1946, il est depuis considéré comme l’un des plus grands cyclistes de l’histoire. Il fait en effet partie du petit groupe de dix coureurs ayant remporté au moins cinq grands Tours. Outre ses performances sur les courses de trois semaines, Bartali était également un homme de classiques : il a notamment remporté Milan-San Remo et le Tour de Lombardie à plusieurs reprises. Sa rivalité italo-italienne avec le jeune Fausto Coppi a, tout comme sa foi et son engagement religieux, contribué à sa postérité. }

Ayant reçu une éducation catholique, Bartali n’a jamais renoncé à sa religion. Il refusait d’être l’incarnation de la réussite du fascisme et se distinguait par son mysticisme et sa foi : à partir de 1937, il est même surnommé « Gino le Pieux ». L’année suivante, à l’issue de sa victoire dans le Tour de France, il déposa une gerbe aux pieds de la statue de Sainte Thérèse dans la basilique Notre-Dame des Victoires à Paris. Il est également resté dans l’histoire pour s’être recueilli à la grotte de Lourdes lors du Tour de France 1948.

Un résistant en selle

Dix-neuf ans après sa mort, Bartali est aujourd’hui bien plus qu’un sportif catholique : il est considéré comme l’un des résistants italiens les plus actifs durant la Seconde Guerre mondiale. Une forte mobilisation de la communauté juive a permis de mettre au jour ses actions restées secrètes jusqu’à son décès. Les descendants d’une famille cachée sous le toit de Bartali durant la guerre ont notamment permis de révéler son implication dans la Résistance. En tant que membre de l’Action catholique, il s’est engagé aux côtés du cardinal archevêque de Florence dans la lutte contre le fascisme. Lors de ses entraînements quotidiens, il a acheminé depuis Florence de fausses cartes d’identité, cachées dans le cadre et la selle de son vélo. Grâce à ces faux papiers, près de huit cents Juifs ont pu quitter l’Italie, notamment depuis le port de Gênes.

Cependant, toujours fidèle à sa devise, il n’a jamais révélé à sa famille son action héroïque, par laquelle il a risqué sa vie. Il fut arrêté une fois mais finalement relâché grâce à l’admiration des fascistes pour ses exploits cyclistes. Malgré son désir d’humilité et de discrétion, le mémorial de Vad Yashem a depuis tenu à honorer son héroïsme en le proclamant « Juste parmi les nations » en 2013. Une juste récompense pour celui qui érigeait le bien et la paix en priorités absolues !

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