Traduit par Claude

Garder le Jour du Seigneur

par le Père C. John McCloskey III

vendredi 12 août 2016

Nous sommes tous conscients de la chute du pourcentage de catholiques (et d’autres chrétiens) qui sanctifient le Jour du Seigneur en allant à la messe ces cinquante dernières années. Une autre manière d’honorer le troisième commandement a aussi été abandonné dans les temps moderne, même par beaucoup de ceux qui vont à la Messe du dimanche et s’efforcent de vivre en concordance avec leur foi.

Car il il n’y a aucun doute que de nombreux catholiques, et d’autre chrétiens, au moins au Etats Unis, ne prêtent pas beaucoup d’attention à l’importance de se reposer ce jour-là. Nous lisons dans le livre de la Genèse que Dieu créa le monde en six jours et se reposa le septième, après avoir vu que ce qu’il avait créé était bon. L’oeuvre de la création continue, avec l’homme en tant qu’assistant, et Dieu entend que l’on honore son exemple, non seulement en travaillant, mais aussi en se reposant, interrompant le rythme de nos labeurs.

La lettre apostolique de saint Jean-Paul II, Dies Domini, pose les bases pour comprendre la signification du Dimanche pour les chrétiens. Il insiste sur la dépendance de l’homme, en tant que créature, à Dieu pour toutes choses et affirme le fait que tout appartient à Dieu, même le temps.

Dans l’Ancien Testament, les Dix Commandements en incluent un nous exhortant à nous souvenir du Sabbath - le septième jour - durant lequel Dieu se reposa de tout son travail et le trouva bon, un repos « contemplatif » ainsi que Saint Jean Paul l’exprime.

Dans le Nouveau Testament, la signification du Sabbath à été reporté au dimanche parce que « dans le calcul du temps hebdomadaire le dimanche rappelle le jour de la résurrection du Christ. C’est donc Pâques qui revient semaine après semaine, célébrant la victoire du Christ sur le péché et la mort, l’accomplissement en Lui de la première création , et l’aube de la nouvelle création (2 Cor 5:17). C’est le jour qui rappelle dans une adoration reconnaissante le premier jour de la Création et attend avec un espoir actif « le dernier jour » quand le Christ reviendra dans sa gloire.

La signification spirituelle su Sabbath est ainsi réalisée dans la résurrection de Notre Seigneur le dimanche de Pâques. Aujourd’hui, ainsi que Dies Domini le reconnaît, la caractère particulier du dimanche a été submergé par le caractère purement séculier du week-end : « Malheureusement quand le dimanche perd sa signification fondamentale et devient seulement une partie du week-end, il peut arriver que les gens restent enfermés dans un horizon si limité qu’ils ne peuvent plus voir le Paradis ».

St Jean-Paul II explique en détail le besoin d’une adoration régulière en commun de l’Eglise le dimanche, en méditant les mystères de la Communion et du corps mystique du Christ.

Ceux qui ont reçu la grâce du baptême ne sont pas sauvés en tant qu’individus isolés, mais comme membres du Corps Mystique, étant devenu membre du Peuple de Dieu. Il est donc important qu’ils se réunissent pour exprimer pleinement la véritable identité de l’Eglise, l’ekklésia, l’assemblée appelée ensemble par le Seigneur ressuscité qui offrit sa vie « pour réunir tous les enfants de Dieu dispersés ».

N’oublions pas, le dimanche doit aussi être un jour de repos joyeux dans la solidarité. Nous avons besoin d’un repos régulier du travail qui va au-delà des jeux videos ou de la télévision ou des promenades sans but dans des galeries marchandes. Les familles en particulier devraient s’efforcer de passer au moins un peu de cette journée en activités qui aiderons à les nourrir et les rafraîchir durant la semaine suivante, comme par exemple de passer du temps dans la nature. Saint Jean Paul nous exhorte :

De façon à ce que le repos ne dégénère pas en vide ou ennui, il doit offrir un enrichissement spirituel, une plus grande liberté, et des opportunités pour la contemplation et la communion fraternelle. Par conséquent, parmi les formes de culture et de divertissements que la société offre, le fidèle devrait choisir ceux qui sont les meilleures pour maintenir une vie en obéissance des préceptes de l’Evangile…. Le dimanche devrait aussi donner aux fidèles l’opportunité de se consacrer à des œuvres de miséricorde, de charité et d’apostolat.

Ceux d’entre vous qui sont des parents ont la responsabilité d’aider leurs enfants, ou même leurs petits-enfants, à voir l’importance du dimanche comme étant une opportunité de jouir d’une vie familiale. Garder saint le jour du Seigneur n’est pas seulement une obligation, mais aussi un besoin. Comme nous remercions le Seigneur de nous libérer de nos péchés, nous devons aussi nous rappeler que tout appartient à Dieu, y compris notre temps.

Saint Jean-Paul dans sa conclusion de Dies Domini résume de la façon suivante la signification du dimanche :

Comme la solennité hebdomadaire du dimanche continuera à modeler le temps du pèlerinage de l’Eglise, jusqu’à ce dimanche qui ne connaîtra pas de soir. par conséquent, chers frères évêques et prêtres, je vous recommande vivement de travailler sans cesse avec les fidèles pour assurer que la valeur de ce jour sacré est compris et vécu en plus en plus profondément. Ceci portera des fruits riches dans les communautés, et ne manquera pas d’avoir une influence positive sur la société civiles dans son ensemble.

Nous remercions notre Dieu de nous avoir donné la vie et un monde plein de merveilles pour y vivre, nous rachetant du péché et nous ouvrant les portes du salut. Et une manière de le remercier est de nous rappeler que tout appartient à Dieu, y compris notre temps.

— -

Le Père C. John McCloskey est un historien de l’Eglise et un chercheur non-résident à la « Faith and Reason Institute"

https://www.thecatholicthing.org/2016/08/07/keeping-the-lords-day/

Messages

  • Il ne serait peut-être pas inopportun d’ajouter à cet article le fait que dans nos pays développés les fêtes catholiques, à commencer parfois par leur nom, sont en voie de "laïcisation" et la liste n’est pas terminée. Pour ne prendre comme exemple que le dimanche, autrefois "jour du Seigneur" - et, soit dit en passant, avant toute "invasion" de musulmans, par exemple - les supermarchés ouvrent le dimanche matin à cause de l’alimentation, avait-on alors avancé. Sauf qu’à part supermarchés et autres superettes c’est au tour des boutiques de prêt-à-porter de pratiquer l’hospitalité le dimanche parce que les citoyens, "bouffés" par leurs heures de travail, n’ont pas le temps de "chiner" pour acheter un T-shirt ou un short. Puis, les parfumeries, des fois qu’on est obligé de faire un cadeau à sa chérie.Et voilà que sans avoir l’air de rien, le dimanche, "jour du Seigneur", est de plus en plus réduit à n’être qu’un jour de la semaine comme tous les autres. Et pourtant, et pourtant...

    Et pourtant il y a, dans des pays en développement, des gens qui arrivent jusque-là à contourner franchement les tentatives de la société de consommation, laquelle société tient tellement au confort des citoyens et qui a bon dos pour, à la longue et au nom des meilleures "principes", éradiquer les manifestations religieuses chrétiennes, enfin, appelons les choses ainsi. Or, voilà qu’un samedi soir, ayant composé le numéro de téléphone d’amis dans un de ces pays, c’est un des enfants qui me répond que "papa et maman ne sont pas là". "Ils sont peut-être à une soirée ou au restaurant avec des amis ?" "Non, ils sont au supermarché". "Comment ça au supermarché, il est bientôt 23h !". "Oui, les supermarchés font nocturne le samedi jusqu’à minuit ou minuit et demie pour qu’on puisse faire les courses et, comme ça, on a tout notre dimanche libre". Comme quoi, il n’y a pas que les "lois" qui seraient susceptibles d’être contournées...Il y aussi toutes sortes de prétextes, mais encore faudrait-il être à plusieurs pour pratiquer gentiment un amical pied-de-nez...Ensuite c’est une question de volonté et d’organisation et les meilleures bonnes excuses volent en éclats... Il n’est pas interdit aux chrétiens d’être "un peu futé" sur les bords, et aussi complices, au lieu d’emboîter le pas au pseudo-bien-être-du-citoyen et pratiquer, entre autres, le panurgisme commercial...

    Mais, c’est une autre question... car il n’est pas facile d’agir comme ces chrétiens des pays en voie de développement...

    MERCI.

  • « le dimanche doit aussi être un jour de repos joyeux dans la solidarité. Nous avons besoin d’un repos régulier du travail qui va au-delà des jeux vidéos ou de la télévision ou des promenades sans but dans des galeries marchandes. Les familles en particulier devraient s’efforcer de passer au moins un peu de cette journée en activités qui aideront à les nourrir et les rafraîchir durant la semaine suivante »

    C’est tellement juste, et tellement banal, comme constat qu’on se demande comment il ne se trouve pas plus de gens pour se lever en masse contre cette tentative (en voie de réussite totale) de faire du dimanche un jour comme les autres (c’est à dire où les caisse continuent de s’emplir...) avec pour corollaire l’obligation d’aller travailler sans rechigner et sans prime particulière.

    Ce n’est pourtant pas très compliqué, il suffirait de déserter tous ces temples de la consommation et le combat cesserait faute de combattants (ou d’un seul côté du ring et sans public, ce qui donne l’air un peu idiot).

    Oui, mais voila, il y a l’appel insistant du consumérisme (le droit imprescriptible de parcourir, à toute heure de l’année, de long en large, semi vautré sur les caddies, les rayons des hyper-marchés), un peu comme pour la chèvre de monsieur Seguin.
    Ce prurit, savamment inoculé et entretenu par le marketing et par la pub, semble avoir un effet définitivement anesthésiant sur les fonctions les plus nobles du cerveau.

    Ça fait un peu penser à ces expériences de psycho-physiologie effectuées sur des rats : on implante une électrode sur la zone cérébrale dite "du plaisir" que le rat peut stimuler en appuyant sur une petite pédale. Bientôt il s’adonne de manière frénétique à cette activité, négligeant toute autre chose, y compris le besoin vital de se nourrir, comme celui de se reposer.

    Et, finalement, il en meurt. Comme les orgiaques de la Rome décadente...

    Les chrétiens (du moins une partie d’entre-eux) qui s’arc-boutent sur la préservation du "jour du Seigneur" seront bientôt le seul rempart (*) contre cette chute inéluctable et contre l’asservissement (**) qui l’accompagne.

    * Joseph Thouvenel, vice président CFTC, (que l’on entend assez régulièrement, avec plaisir, sur radio Notre-Dame) fait entendre une voix revigorante mais assez solitaire au milieu d’un troupeau syndicaliste moutonnier qui semble se satisfaire des joies et délices de la consommation "h 24" en dépit de l’esclavage qui en résulte

    ** Asservissement d’abord volontaire, comme pour toutes les activités addictives, mais qui, très vite, est subi dans les contraintes de fer imposées par un système cynique qui est le seul gagnant de l’affaire.
    Déjà, aujourd’hui, de très nombreux salariés n’ont plus le choix de refuser de travailler le dimanche (oubliées, depuis longtemps, les primes qui invitaient et incitaient les travailleurs à sacrifier leur dimanche pour la bonne cause).

    A cet égard, on ne peut s’empêcher de citer cette incroyable anecdote qui a fait le tour des "news". Quelques commerçants d’un centre commercial (près de Toulon) ayant jugé beaucoup plus profitable de ne pas lever leur rideau le jour du 14 juillet dernier (de tels jours qui drainent plus de badauds désœuvrés que d’acheteurs) se sont vus infliger des amendes phénoménales (1) au nom du contrat qui les liait avec ce centre !
    Certains, totalement désemparés, envisagent de mettre la clef sous la porte, d’autres vont tenter d’hypothétiques recours juridiques (qu’ils ne comptent pas sur la ministre du Travail et le regard bovin qu’elle porte sur les travailleurs et sur les petites entreprises)

    1) 10 euros par m2, toutes les cinq minutes, sur une amplitude horaire de 10 heures, ce qui a représenté 186 624 euros (!!!) pour le gérant d’une brasserie du centre... Non, on ne rêve pas.
    C’est le résultat de l’accouplement monstrueux de
    l’homo festivus et de la société ultra-libérale, une procréation assistée, sans complexe, par un gouvernement qui se prétend “socialiste

    • Mais oui, mais oui, bien sûr. Aussi :

      Il y a quelques années, Monsieur et Madame X invitaient leurs parents et amis au mariage de leur fillle aînée. Diner de gala et tout et tout. Au café, l’hôtesse de céans s’approche de l’un des invités, ami de la famille de longue date : "Merci d’avoir répondu à l’invitation" "Le plaisir est pour moi, chère madame. Le gendre à l’air bien sympathique. J’espère toutefois qu’il n’a pas été attiré par la dot de votre fille.." "Pas du tout ! D’ailleurs il n’en a guère besoin, étant lui-même dans la haute finance, banques, services assurances etc... Mais dites-moi, cher Monsieur, comment trouvez-vous la situation actuelle ?" Et entre deux lampées de café : "On est dans la m..de !". La dame, au bord de l’évanouissement, appelle le maître d’hôtel : "Jules, apportez le chapeau de monsieur !" Et voilà "monsieur" mis à la porte. Un tel vocabulaire...

      Les années ont passé, et monsieur et madame X donnent une grande réception en l’honneur du mariage de leur benjamin. Et monsieur dit à madame qu’il serait peu-être temps de revoir
      leur copie vis-à-vis de monsieur untel, tenu à l’écart depuis longtemps maintenant. L’invitation arrive à monsieur untel qui y répond favorablement. Et madame X d’accoster monsieur
      untel entre les plateaux remplis de coupes de champagne et amuse-gueules : "Comme ça fait plaisir de vous revoir, cher ami ! " "Tout le plaisir est pour moi, d’avoir aussi bénéficié de votre gentillesse de m’inviter à cette soirée fort réussie. " "Mais, tout à fait entre nous, que pensez-vous de la situation actuelle ?" " et untel : "Jules, apportez-moi mon chapeau !".

      Histoire sans (trop) de paroles...

      MERCI.

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