Traduit par : Albérique

Emmanuel et l’islam

par le Rév. Jerry J. Pokorsky

samedi 24 décembre 2016

Les prophéties d’Isaïe (le serviteur souffrant) ont été souvent accomplies dans la personne du Christ. D’après mes recherches, la première allusion à l’Incarnation vient de l’utilisation du mot « Emmanuel » dans Isaïe. Bien que des indices concernant « Dieu avec nous » sont antérieures (par exemple dans l’Exode 33 « Et Il dit - Ma présence vous accompagnera, et Je vous donnerai le repos - » ). La personnification du nom « Dieu est avec nous » dans l’Ancien Testament ne figure que dans Isaïe. Pourquoi est-ce si nécessaire d’anticiper et de connaître l’Emmanuel ?

Certains disent qu’ils n’ont pas besoin d’une « religion organisée » car ils rencontrent Dieu dans les grands espaces. Tant mieux pour eux ! Certains catholiques font de même. Ou presque. La nature nous rappelle Dieu car nous sommes des être humains réfléchis et la beauté de la nature irradie la vérité de Dieu, et prépare le chemin vers lui.

Mais nous ne rencontrons pas Dieu dans la nature, seulement par métaphore, ou par référence aux Sacrements quand nous nous réjouissons dans Sa glorieuse création. Nous « rencontrons Dieu » réellement dans les Sacrements, et donc proclamons qu’Il est : « Ce qui était depuis le début, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons regardé et palpé de nos mains touchant le Verbe de vie » nous rendons témoignage et nous vous annonçons la vie éternelle. (1 Jean 1:1)

Le (soit-disant) bon ange que l’on dit avoir dicté les préceptes de l’islam au prophète a oublié certaines choses, ou bien Mahomet a failli dans sa prise de notes. Mahomet enseigne correctement la majesté de Dieu, Son unité absolue, et le jugement dernier.

Même Marie a sa place en islam. Les musulmans considèrent que Jésus est un grand prophète, mais qu’il est un simple homme. Or par son rejet de l’Emmanuel (« Dieu avec nous ») l’Islam jette par dessus bord tout l’ensemble des sacrements catholiques. Ce rejet a un prix élevé.

Il y a certainement beaucoup de bons musulmans et d’innombrables mauvais chrétiens. Mais dans la notion de « bon », comprise consciemment ou non, il y a les 10 commandements et les enseignements du Christ.

Les gens honorables sont ceux qui adorent Dieu, honorent leurs parents, protègent la vie humaine, vivent chastement (les relations maritales sont bien entendu chastes), respectent les biens des autres, et disent la vérité avec charité.

Les gens mauvais ne voient rien de mal à ce que certains portent des vestes à explosifs et font sauter les autres, mentent ou volent, tuent des enfants à naître, ou pratiquent la contraception - pour ne citer que quelques habitudes déplorables. La moralité est inséparable de la foi et pour les catholiques, notre foi nous oriente vers les Sacrements là où le Christ devient vraiment et infailliblement présent dans l’histoire.

Au-de là de la bonté individuelle, chaque culture par définition dépend de pratiques cultuelles. La croyance se manifeste dans les rites et la pratique de la foi. Et la pratique du culte de la foi a un effet cumulatif sur la société. (Ne le dites pas à des athées : les guirlandes de Noël témoignent de l’existence de Dieu, sans commencement ni fin).

La pratique de la foi catholique - la libre rencontre avec Jésus (l’Emmanuel, le Verbe fait chair) dans la célébration des sacrements fait grandir une civilisation de liberté et de sainteté chrétienne - et authentiquement humaine

L’islam nous fournit un contraste total et instructif. Dieu est transcendant, distant - et apparemment peu favorable à la liberté humaine. L’islam avec son déni de l’Emmanuel de l’Incarnation donne naissance à une société qui n’est pas tout à fait libre, exigeant la soumission à la charia. Avec la charia, il y a une soumission brutale à la volonté d’Allah, si nécessaire, au moins l’obligation de forcer les infidèles (par exemple les chrétiens) à payer un tribut en tant que prix pour rester en vie et pour pratiquer sa propre religion.

Toute attaque du système sacramentel de l’Eglise - même provenant du sein de l’Eglise - est une attaque de la croyance de l’Incarnation et de la civilisation chrétienne. En ce moment, la laïcité bourgeoise remplit le vide survenu dans l’Occident « post-chrétien ». Mais le manque de fermeté morale et intellectuelle de la laïcité ne peut pas résister aux attaques concertées de l’Islam qui semblent gagner de la force en Europe et en Amérique.

Des concepts tels que « diversité » et « multi-laïcité » invitent à une sorte de tyrannie sentimentale qui risque non seulement d’être la décomposition et la destruction culturelle mais aussi d’être le cheval de Troie de l’Islam.

Certain peuvent professer d’être heureux de la perspective de la co-existence avec la loi de la charia, même vivants, en tant que chrétien, sous la menace constante de persécution. Mais on devrait considérer l’ensemble de l’histoire de l’islam et ses vues mondialistes, avant d’adhérer ou de pactiser avec son idéologie. Après tout, le credo islamiste ne permet pas la rétractation de l’acheteur..

Les catholiques croient au repentir dans le Christ et au Sacrement de la Pénitence pour les péchés commis. Mais ceux qui se convertissent de l’islam à une autre religion sont coupables d’une offense capitale, sans compter tous les autres crimes pour lesquels le châtiment inclut différentes sortes de démembrements (doit-on évoquer l’excision ? [1]).

Depuis l’élection présidentielle, il semble qu’un sursis partiel a été accordé à notre nation troublée. Il y a des lueurs d’espoir que les attaques laïques contre notre religion diminuent. Même la phrase « Joyeux Noël » pourrait faire son retour. Mais, en dépit de ces espoirs, notre culture restera pour une grande part une coquille vide de la laïcité sans Dieu, à moins que nous ne commencions ni ne continuons à faire quelque chose à ce sujet.

D’après des standards historiques, pendant de nombreuses années, les Américains ont vécus à 99,9 % en terme de plénitude économique et de confort. Bien entendu tout ceci par la Grâce de Dieu, un cadeau dont nous devons faire usage sagement pour le salut de notre âme. Si nous ne pouvons pas trouver les moyens de renouveler notre culture chrétienne, au moins en commençant au sein de nos foyers et de nos familles, Dieu trouvera une alternative, ou une alternative nous trouvera :

Oh ! Viens, toi l’Emmanuel !

Rachète Israël qui est captif

Et qui pleure isolé dans son exil

Jusqu’à ce que le Fils de Dieu apparaisse.

« Dieu avec nous", c’est le Dieu de la crèche et celui de l’Eucharistie, et c’est seulement en Lui que nous pourrons faire quelle chose.

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Source : https://www.thecatholicthing.org/2016/12/19/emmanuel-and-islam/

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Le père Jerry Pokorsky est un prêtre du diocèse de Arlington. Il est le curé la paroisse St-Catherine-of-Siena à Great Falls, Virginie.


[1Ndlt : Elle n’a en effet qu’un rapport indirect avec l’islam

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