Effacer l’Occident ?

par Gérard Leclerc

jeudi 18 novembre 2021

Une institution accusée d’être un lieu d’élection de la culture « woke ».
© Celette / CC by-sa

Un mot a traversé l’Atlantique, le mot « woke », qui correspond à une véritable dénégation de la civilisation occidentale, coupable de tous les malheurs du monde. Notre université est particulièrement touchée. Mais il y a désaccord à ce propos.

Un nouveau directeur, Mathias Vicherat, vient d’être désigné comme directeur de Sciences Po. Il est passé par l’ENA, dans la promotion Léopold Senghor, celle d’Emmanuel Macron. On s’accorde à reconnaître que sa tâche ne sera pas facile, à la tête d’une institution marquée par certains scandales et accusé d’être un lieu d’élection de ce qu’on appelle le « wokisme ». Un terme emprunté au monde universitaire américain et qui a traversé l’Atlantique. J’ai fait allusion plus d’une fois à cette idéologie aux effets souvent ravageurs, dans la mesure où elle signifie la mise en accusation définitive de notre patrimoine culturel.

Tout est jugé sous l’angle de l’effacement, du bannissement ou encore de l’anéantissement d’une civilisation dénoncée comme criminelle et discriminatoire. Bien sûr, il y a lieu de faire œuvre de discernement. Tout n’est pas à rejeter dans le réquisitoire « woke ». L’Occident a commis bien des fautes, certains très lourdes. Mais de là à le condamner définitivement, il y a une marge sérieuse.

Il est vrai qu’il y a désaccord à ce propos. Pour prendre l’exemple de deux quotidiens de référence, Le Figaro et Le Monde, les appréciations sont contradictoires. Pour Le Figaro, la menace est réelle et grave, pour Le Monde, le danger ne doit pas être surestimé et il faut se garder de tout complotisme. Tel n’est pas l’avis de la journaliste américaine Bari Weiss, qui vient de démissionner de la rédaction du New York Times, dont le climat woke était à son avis asphyxiant. Je ne suis pas persuadé pour ma part que le monde catholique français soit épargné par un tel climat, mais je ne demande qu’à être démenti.

Chronique diffusé sur Radio Notre-Dame le 18 novembre 2021.

Messages

  • - Effacer l’Occident voudrait-il présager de exalter l’Orient ?
    - Effacer l’Occident serait-il le prélude du woke out de l’histoire et de la tradition culturelle de nos classiques latin grec et suivants ?
    - Effacer l’Occident serait-il faire place libre à toutes les transgressions d’une culture virtuelle, exotérique et cryptée dont on ne connaitrait ni l’origine, ni les intentions de leurs auteurs, ne pouvant au demeurant jauger de l’usage de leurs écrits sur leurs lecteurs.

    Ce pourrait à terme représenter une révolution sociétale bien plus large que celle de Mai 68 dont le profil contestataire et révulsif était de défaire un socle culturel établi et conventionnel.

    La force des réseaux sociaux irriguant une forte concentration virale de données incontrôlables, on peut imaginer le risque de voir la propagation de ces revendications somme toutes politiques sous le couvert d’un relief culturel ou parfois cultuel. et les conséquences sur les populations.

    Les responsables publics de quelque pays miné de la sorte de l’intérieur de ses bases, auraient bien des raisons de tirer la sonnette d’alarme, car les idées menant le monde, le travail de sape et souterrain des acteurs de ce labeur de l’ombre savent ou le pressentent, les effets possibles sur les institutions des états.
    DANGER

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