Des points non négociables

par Gérard Leclerc

lundi 27 février 2012

Notre confrère Témoignage Chrétien pose la question des points non négociables pour les catholiques dans le cadre de la campagne présidentielle. L’expression est reprise de Benoît XVI qui, le 30 mars 2006, avait défini explicitement trois points non négociables : la protection de la vie à tous ses étages, la reconnaissance de la structure naturelle de la famille et la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants. Il est bien évident que la politique se réfère encore à bien d’autres critères qui concernent l’économie, la vie sociale, la santé, les relations internationales… TC semble regretter qu’on ne retienne habituellement que ce qui concerne «  les questions de morale personnelle et familiale  » au détriment de toutes les autres. L’interrogation ne manque pas de pertinence, aussi mérite-t-elle d’être approfondie.

L’Église, par la voix du magistère, loin d’être indifférente à ces autres aspects n’a cessé d’intervenir à leurs propos dans des textes de grande autorité, notamment les encycliques qui développent sa doctrine sociale. Sans cesse sur la justice sociale, sur la paix entre les nations, sur la faim dans le monde, les papes modernes ont formulé un jugement ecclésial. Serait-ce qu’il y aurait tout de même une hiérarchie dans l’ordre moral qui donnerait la priorité à certaines normes à l’encontre d’autres, qui seraient affectées d’une moindre qualification ? Ce n’est pas du tout ce qui ressort d’une réflexion d’ensemble quant à l’éclairage chrétien du domaine du politique.

Il y a des normes impératives qui affectent tous les aspects de la vie humaine, mais il se trouve aussi qu’en économie, par exemple, la seule énonciation des finalités ne résout pas directement des problèmes pratiques qui ne peuvent être traités que par des médiations diverses, à propos desquelles on peut légitimement hésiter. En quelles proportions l’intervention de l’État doit-elle arbitrer par rapport aux acteurs sociaux et au jeu du marché ? Cette indétermination ne vaut pas dès lors que ce sont les principes eux-mêmes qui sont en cause et où il y va de l’intégrité des personnes, du respect de l’homme et de la femme et du droit inaliénable des parents à l’éducation des enfants. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas d’action ferme à mener sur les grands choix à l’heure de la mondialisation. Mais cette action se doit d’être à la fois inspirée par une haute idée de l’homme et le maximum de sagacité à servir le bien commun.

Messages

  • Je suis fort étonné que l’on fasse passer la liberté d’enseignement avant le droit au logement. Le premier point est une question de vie ou de mort. Ce n’est pas le cas du second, mais c’est un enjeu capital. Le troisième est important, mais pas plus que d’autres droits fondamentaux.

    • Le droit au logement n’est pas un droit fondamental tandis que le droit des parents à choisir, par priorité, le genre d’éducation à donner à leurs enfants est spécifié à l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

    • On a oublié que le droit au logement ne doit pas remplacer son financement. Qu’on soit locataire ou propriétaire (ou de passage à l’hôtel), il faut payer. Trop souvent, on a l’impression qu’il faudrait loger certains gratuitement, tandis que d’autres paieraient pour tous (donc deux fois). Alors qu’on précise bien que chacun a droit à un logement suivant ses moyens.

  • Visiblement ce qui est non négociable, c’est que La France Catholique penche d’un côté, Témoignage Chrétien de l’autre ; non négociable encore, c’est qu’on vote dans l’isoloir, sans représentant de l’un ou l’autre journal ; non négociable enfin, c’est la liberté de vote, pour la droite, le centre ou la gauche, que l’on soit chrétien, chrétien protestant, chrétien catholique, chrétien orthodoxe ou hétérodoxe, musulman pratiquant ou non, bouddhiste, agnostique, athée ou autre, sans qu’aucune de ces croyances ou Eglises puisse obliger leurs fidèles à choisir la droite ou la gauche, quel que soit l’avis exprimé dans La France Catholique ou dans Témoignage Chrétien, avis hyperconnu depuis des décennies, depuis la création, clandestine ou officielle, de ces organes de presse.
    J’ajoute enfin de certains, ne sachant que choisir, annoncent qu’ils glisseront au second tour éventuel un bulletin qui sera aussitôt classé comme nul par les contrôles des bureaux de vote. Les chrétiens, tout comme les autres, ont donc un large choix, c’est ce que veut notre régime séculaire de démocratie libérale et sociale, en vigueur depuis la fin du XIXe, sauf anomalie 1940-44 dont se souviennent bien les Eglises.

  • Pour répondre il faudrait relire l évangile du jour tout simplement. J étais. Un étranger et vous m avez acceuilli, j avais faim et vous m avez donne a manger... Ces principes la vous les oubliez souvent. Je regrette votre édito tres court et injustedans famille chrétienne sur le livre courageux d Etienne Pinte et Jack Turck, qui eux rappellent ces principes
    Non négociables.

  • 1. Il faut rappeler que, lorsque le pape Benoît XVI avait formulé ces principes "non négociables" devant les participants aux journées d’études sur l’Europe du parti populaire européen le 30 mars 1986, il avait pris soin de préciser que "ces principes n’étaient pas des vérités de foi, même s’ils recevaient un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi ; ils étaient inscrits dans la nature humaine elle-même et ils étaient communs à toute l’humanité"...Une action de l’Eglise en vue de leur promotion était "d’autant plus nécessaire que ces principes étaient niés ou mal compris, parce que cela constituait une offense contre la vérité de la personne humaine, une blessure grave infligée à la justice elle-même". Le pape venait de rappeler que les interventions de l’Eglise ne visaient qu’à éclairer les consciences, en les rendant capables d’agir de manière libre et responsable.
    On touche là au coeur du devoir électoral. Il n’y a pas de vote "catholique", mais un vote en conscience des uns et des autres. On doit aujourd’hui s’inquiéter qu’en France, ce qu’il est convenu d’appeler l’opinion publique, conditionnée par une longue préparation médiatique, pour ne pas dire un matraquage médiatique, ne soit plus capable de s’inquiéter du taux d’avortement (notamment chez les mineures), du délitement des familles, du faux "pluralisme" des modèles familiaux, de l’usurpation croissante des droits du couple et de la famille par des minorités dites sexuelles, de la légalisation menaçante de l’euthanasie, des manipulations bioéthiques.

    2.Bien sûr, il y a le sous-développement, la fin dans le monde, les énormes écarts de richesse entre pays développés et pays en développement, la question des flux migratoires qui se prête à toutes les instrumentalisations, celle de l’emploi, du logement, celle aussi de l’intégration des Français et immigrés musulmans. Mais comment ne pas voir qu’une société comme la nôtre sera incapable de relever ces défis si elle a perdu la conscience même, ici et maintenant, à l’école, à l’hôpital, au tribunal, à l’université, dans la presse, au parlement et partout où se fait la délibération politique, et il faut bien ajouter : au sein de l’Eglise même, dans chacune de nos paroisses, la conscience du bien et du mal dont Benoît XVI a parlé dans son important discours du Bundestag, la conscience de la nature humaine et de ce qui nie la nature humaine ? Comment ne pas voir que sans ce "coeur docile" dont a parlé le pape (cf 1 Rois 3,9), nous nous faisons complice d’une société assiégée de revendications en faveur de l’affirmation de nouveaux "droits" mais en réalité sans Droit et sans vraie Justice, une société où le gouvernement, même issu d’une majorité, quelle qu’elle soit, risquerait de ressembler à une "bande de brigands" (discours du Bundestag) ? Comment ne pas voir que nous glisserions alors très bas, comme ces Pays-Bas qui ne sont pas seulement sous le niveau de la mer mais sous le niveau d’éthique encore admissible...Ne parlons même pas de la pauvre Belgique, si proche de nous à tous points de vue, qui est en train de devenir un non-pays avec des non-lois...

    3.Si nous en sommes à relativiser ces enjeux, alors vraiment nous n’avons rien appris depuis le temps de l’Occupation où, face aux difficultés du moment, de nombreux Français préféraient relativiser le sort fait aux Juifs, ou plutôt ne pas même voir les étoiles jaunes, ne pas écouter la voix de la conscience...Nous, pourtant, nous n’avons pas l’excuse d’avoir une Gestapo ou une milice aux trousses. Il ne s’agit pas de prendre les armes, seulement de dire dans le secret d’un isoloir : non à la collaboration au mal. Et ce non, nous le refuserions ? Nous serions prêts à voter les pleins pouvoirs à des partis qui vont faire entrer dans les "lois" l’euthanasie, le mariage homo, de nouvelles transgressions bioéthiques, de nouvelles mesures propres à affaiblir un peu plus la famille ? A des hommes politiques qui n’ont pas même fait la preuve qu’ils savaient gouverner leur propre vie, fonder un couple et une famille au "développement durable", et qui prétendent gouverner notre pays ?

    N’avons-nous rien appris non plus de 70 ans de communisme soviétique, dans ce pays où jusqu’à 25% des électeurs ont pu voter pour le PC, et tout ça pour finir parfois au FN, rien compris au totalitarisme qui est en train de renaître sous de nouveaux habillages libertaires, avec une Pravda qui s’appelle Le Monde ?

    Décidément, "Témoignage Chrétien" a lui aussi dérivé bien loin du TC de 1941, celui du père Chaillet, s’il ne sait pas où il faut se porter afin d’être au coeur du combat pour la personne humaine...Et dire que c’est dans TC qu’on avait pu lire : France, prends garde de perdre ton âme...Il va falloir trouver la flamme de la résistance ailleurs que dans ces "tiédeurs chrétiennes" dont on sait déjà où elles vont finir...

  • Tout est prioritaire, surtout dans la crise, qui affecte tous les secteurs, du culturel au logement, en passant par l’enseignement et l’emploi, le respect de la vie, aussi. Mais, en politique, la seule question qui importe est bien de savoir et de discerner quel système produit le plus de pauvreté de misère et de barbarie, alliée d’ailleurs à la niaiserie qui s’étale sur les ondes et les écrans. Comment la démocratie par le truchement des médias, ne sert aujourd’hui qu’à masquer les véritables intérêts en jeu, à savoir qui spécule, comment, et sur quelle faillite, sur quelle faiblesse des Etats, européens et africains, en particulier, et pourquoi les paradis fiscaux continuent de plus belle à voler les patrimoines nationaux, et à interdire le développement des pays du Sud (voir rapport CCFD- Terre solidaire) : voilà ce qui devrait faire l’objet du débat dans cette campagne qui n’est qu’un rideau de fumée, affligeant et désespérant. Le respect de la vie dès sa conception, il faut certes le défendre, mais sans oublier les conditions qui sont à l’ère post-moderne, imposées à la vie humaine. On ne peut séparer les conditions de la Vie, comme concept et valeur.

  • Monsieur Draghi vient d’enterrer sans tambours ni trompettes le système social des pays européens. L’assemblée nationale française vient de voter, quant à elle, le mécanisme européen de stabilité (MES) : UMP et PS tous unis, même si ce dernier courageusement et laissant faire s’est abstenu. Vous m’amusez tous beaucoup avec vos points non négociables : on aimerait vous entendre sur les vraies questions politiques, mais les chrétiens ont une fâcheuse tendance à botter en touche. La gauche chrétienne, à l’image du PS, va pleurnicher sur les conséquences d’une politique désastreuse choisie et assumée par elle comme par la droite (le logement, l’immigré, les sdf, etc, sujets récurrents chez nos charitables chrétiens qui ont la larme très facile et sélective.). Quant à la droite chrétienne, elle va se réfugier dans les valeurs "non négociables" : sans le savoir, elle est à l’image des libéraux libertaires, le politique étant mort et bien on se réfugie dans le "sociétal". Je note que sur le plan politique, chers frères chrétiens de gauche comme de droite, vous êtes d’accord sur la politique européiste libérale et mondialiste menée depuis 1992, personne ne remet en question cela. Les culs bénits de l’europe ne désarment pas, fussent-ils de gauche ou de droite. Bref, les chrétiens toutes tendances confondues ont des "points non négociables" quant aux conséquences d’une politique qui visiblement, elle, ne pose pas problème pour nos deux tendances. Il y a beaucoup d’hypocrisie dans tout cela : les chrétiens veulent garder les mains pures, on accepte le nouvel ordre mondial mais on se récrie quand on voit près de chez soi les esclaves modernes crever dans la rue : "cachez cette politique que je ne saurais voir". La réponse du chrétien devenu fou à l’inacceptable politique conduite depuis des décennies par tous les dirigeants français, tient dans ces mots : "plus de logements, plus d’europe, plus d’immigration, plus de tout...". Cette réponse a-politique est assimilée par notre bon chrétien à la charité, on va même sans vergogne puiser dans les évangiles pour se donner le bon visage et se rassurer (style le livre bien pensant de Monsieur Pinte et de Monseigneur Turc). Dans toutes ces palinodies chrétiennes, je ne vois qu’une incapacité, à l’image de notre société, à penser le politique et qu’une fuite devant les décisions à prendre parce qu’elles demandent du courage.
    Par le MES, la France vient de perdre totalement toute souveraineté et toute possibilité d’agir, elle s’en remet à d’autres, alors chers amis vos points non négociables, vous pouvez vous les garder, vous me révoltez tous. (je n’oublie pas que l’église en france indirectement fût pour Maastricht, le traité de lisbonne, etc..). Les chrétiens de gauche dorénavant s’adresseront pour apaiser leur bonne conscience à Monsieur Draghi ou à la chancelière Merkel : nul doute qu’on les écoutera....
    Quant aux chrétiens qui à juste titre croient que l’on ne peut transiger avec la vie et la mort, et bien, je pense que le "candidat des valeurs" s’il est élu leur répondra d’ailleurs fort justement qu’il ne décide plus de rien et leur conseillera de s’adresser à bruxelles, francfort, etc.. il est certain que cette europe-là les écoutera aussi, on leur dira peut-être dans un immense éclat de rire que l’europe n’est plus chrétienne.....
    Alors inutile chrétiens de gauche ou de droite de vous disputer, on peut se passer de l’élection de 2012, on peut également se passer de l’assemblée nationale, simple chambre d’enregistrement. Nous ne sommes plus maîtres de notre destin, une oligarchie décide pour nous. Il n’y a plus ni gauche ni droite, ni état français, une france éclatée en mille morceaux. Nous sommes désormais seuls face à Big Brother...
    Cordialement

    • Bonjour,

      Les catholiques, leurs représentants ou responsables, ceux d’entre eux, en tous cas, qui ont dit, jusqu’à présent, globalement oui à la construction européenne, ont été trompés ou se sont trompés, notamment parce qu’ils ont vu dans la construction de l’Union européenne "la continuation par d’autres moyens" de l’Europe humaniste chrétienne de Schuman, Adenauer, De Gasperi , alors que c’était déjà, à l’époque, la construction d’un édifice européen adémocratique et technocratique, pas encore hédoniste mais déjà techniciste, matérialiste et productiviste, synonyme de vassalisation, vis-à-vis du protecteur / suzerain américain.

      Les citoyens, électeurs, producteurs, travailleurs, consommateurs, contribuables, en un mot : les peuples, ont été trahis, car la construction de l’Union européenne, surtout, en effet, depuis 1992, s’effectue davantage au profit des oligarques des classes médiatiques, patronales, politiques, syndicales, qu’au bénéfice légitime des peuples.

      Sous cet angle là, qui est celui de la confiscation, du détournement de la démocratie effective, au profit du plus petit nombre possible, il est certain que le point non négociable par excellence, c’est la restauration de la démocratie, au sens de : pouvoir du peuple, PAR le peuple et POUR le peuple, comme il est écrit dans la Constitution de la V° République.

      Vingt ans après Maastricht, nous avons encore mieux, ou plutôt pire, à travers, notamment, le MES et le TSCG ; ce n’est plus de l’adémocratie seulement sectorielle comme avec le charbon, l’acier, l’agriculture, c’est de la post-démocratie globale, dont le but

      - n’est probablement pas une amélioration de la situation économique et financière, bien des économistes, y compris des alterlibéraux, car démocrates et responsables (et non des centristes suivistes ou des idiots utiles, relais plus ou mois conscients des ultralibéraux), étant critiques ou sceptiques sur ce point,

      - est probablement la consolidation indéfinie d’une architecture juridico-politique qui prive d’utilité réelle les gouvernements et parlements nationaux, et qui est bien plus soumise aux diktats des lobbies qu’elle ne régule vraiment, au bénéfice légitime des peuples, les différents marchés.

      Dans ce contexte, la première chose à faire pourrait être de demander à nos évêques ce qu’ils en pensent :

      1 - s’ils en pensent quelque chose, mais si ce quelque chose est subordonné à l’angélisme, à l’irénisme et à l’utopisme, pseudo conciliaires ou vraiment conciliaires, qui caractérisent régulièrement leurs prises de positions, depuis un demi-siècle, ce sera une première information ;

      2 - s’ils n’en pensent rien, par ignorance ou par insouciance, ce sera une deuxième information, et je me demande s’il n’est pas préférable qu’un évêque dise clairement

      a) qu’il ne sait pas ce que sont le MES et le TSCG, dans leur philosophie générale comme dans leurs dispositions particulières (ce qui ne serait pas étonnant, puisque la sous-information a été, sur ces questions, organisée)

      b) qu’il ne demande qu’à en savoir plus, afin et avant de se faire une opinion, puis d’exprimer une position, qui soulignerait, par exemple, les mérites éventuels ou virtuels et les limites effectives ou réelles de ces dispositifs.

      Pour ma part, dès que je le pourrai, j’interpellerai mon évêque sur cette question : les catholiques doivent-ils

      - plutôt continuer à accepter, à approuver, voire à coopérer activement, avec le parachèvement du démantèlement de notre démocratie,

      ou

      - plutôt commencer à se mobiliser, à s’organiser, pour comprendre et pour faire comprendre pour quels raisons, par quels moyens, il devient vraiment urgent de commencer à résister, au coeur de l’esprit public, puis au sein du corps social, à la construction de l’Union européenne qui est en passe de devenir, non accidentellement, mais intentionnellement, synonyme de destruction des économies et des sociétés, de désunion et de divisions, ne serait-ce qu’entre les riches et les pauvres, parce que cette construction est bien plus propice au capitalisme financiarisé, qu’elle ne lui fait obstacle, comme on le voit depuis au moins vingt ans.

      Quand je pense qu’il y a quelques semaines, la Documentation catholique a rendu hommage à l’action de Jacques DELORS, à qui l’on doit précisément d’avoir amplement contribué à la mise en forme de l’Union européenne, non pour que l’Europe résiste, mais pour qu’elle se soumette à la mondialisation, ultralibérale, c’est-à-dire asservissante pour les peuples et irresponsabilisante pour les oligarques, je me demande s’il n’est pas possible, même pour la "DC" d’être à la fois amnésique et schizophrène.

      http://www.doc-catho.com/sdx/doccatho/document.xsp?qid=sdx_q0&n=6&id=2482_06&

      Pour autant, je reconnais à Jacques DELORS une certaine franchise, quand il a reconnu ce qui suit :

      http://brugeseurope.typepad.com/my_weblog/2008/06/leurope-est-un.html

      " Dans son billet du Figaro-Magazine de ce week-end, Eric Zemmour attribue cette citation à Jacques Delors. Voici le texte complet de la formule, que l’on trouve dans les mémoires de l’ancien président de la Commission :

      "Je connais les mérites, mais aussi les limites, de la méthode des pères fondateurs, une sorte de doux despotisme éclairé. Une méthode saint-simonienne qui consacre la compétence et l’indépendance d’esprit comme principe de légitimité, sans toujours s’assurer à l’avance du consentement des peuples. (…) Cette méthode Monnet se justifiait au début de l’aventure. Mais, n’ayons pas peur de le dire, cette politique – semi-clandestine – n’est plus possible et le moment est venu de rompre avec la méthode des pères fondateurs."

      On sait ce qu’il en est : depuis la publication de ce texte en 2004, l’UE se braque dans une démarche de plus en plus autoritaire.

      Zemmour décrit par ailleurs bien l’impasse politique actuelle :

      Le grand combat politique des vingt dernières années entre fédéralistes et souverainistes s’achève dans un champ de ruines. Tous perdants. [...] Ne restent que des européistes sans le peuple et des eurosceptiques sans le pouvoir. "

      "Doux despotisme" ? Doux pour qui ?

      ou plutôt : Mou avec qui ? Dur contre qui ?

      "Despotisme éclairé ? Eclairé par qui ? Eclairé pour quoi ?

      ou plutôt : Eclairant avec qui ? Aveuglant contre qui ?

      Bonne journée.

      A Z

    • Toute la "Méthode Monnet" est très bien décrite et rappeler la l’excellent ouvrage de Jean-Pierre Chevènement : "La Faute de Monsieur Monnet".

      Elle consiste à donner tous le pouvoir aux technocrates, et faire en sorte que les peuples soient constamment mis devant des "faits accomplis", le seul discours servi à celui-ci étant "Vous n’avez pas le choix !"

      (et quand il "choisit" mal, on le fait revoter, ou on vote à sa place !)

      Avec en prime, le mythe de "L’Europe de la Paix" !
      Depuis 1945, ce n’est pas "l’Europe" qui a assuré la Paix en Europe de l’Ouest, c’est la "Guerre froide" !

      Monsieur Monnet et ses amis ont simplement installer une oligarchie doublée d’une démocratie en trompe-l’oeil !

      Mais "l’Europe" est largement une affaire de "cathos", certains veulent mêmes faire de Robert Schumann, un des "Pères fondateurs", un saint !

      L’Europe rêvée par les cathos à accoucher l’Europe des Marchés, dans laquelle L’Eglise Catholique est marginalisée !

      Jacques Chirac a même refusé que les racines chrétiennes de l’Europe soient mentionnés dans la Constitution Européenne !

      Mais qui sème le vent, récolte la tempête !

      Les cathos qui ont été aux responsabilités dans l’UE n’ont pas défendus les intérêts des européens, mais celui des marchés !

      La construction Européenne est une pure escroquerie, qui enrichit les riches européens et étrangers et pénalisent les travailleurs européens (et ironie de l’histoire : sauf les allemands...) !

    • Pour ce qui est de nos évêques, ils se sont prononcés. Il me souvient avoir vu, lors des précédentes élections un papier émanant de la C.E.F. et qui m’avait fort irrité. Bien qu’ayant eu l’intention d’y répondre, je ne l’ai pas conservé : a quoi bon chercher querelle à nos pasteurs, même si elle paraissait légitime.

      Le texte faisait une apologie assez prononcée et sans nuances de l’Europe, non pas l’Europe historique et géographique traditionnelle mais bien cette Union Européenne à 27.

      Pour ma part, je ne peux pas accepter les abandons successifs de souveraineté goupillés en catimini par des gouvernements soucieux de stratégies personnelles et à vocation partisane et électoraliste.

      La réconciliation franco-allemande était nécessaire. Le Marché Commun a peut-être procuré en son temps des avantages à notre économie (un bilan objectif reste néanmoins à réaliser).

      L’Europe humaniste chrétienne de Schuman & consorts était, elle, une utopie concoctée par la D.C. et très largement soutenue en sous-main par les USA dont les intérêts bien compris passaient par une construction fédéraliste (parée d’humanisme). Leurs services spéciaux ont mis la main à la pâte pour s’assurer qu’elle levait dans le bon sens...

      L’acceptation de l’entrée de la Grande-Bretagne a mis en évidence, par tous les compromis alors imposés à ses partenaires, les premières grandes fêlures et les vices du dispositif en cours.

      Aujourd’hui, seuls les idéologues patentés et tous ceux qui ont un intérêt personnel à la bonne marche de l’U.E. se refusent encore à opérer un constat négatif.

      Pourtant, c’est clair. Seules des manoeuvres bafouant l’expression démocratique et la liberté des peuples à disposer d’eux-même ont pu permettre l’acceptation de traités que les résultats des urnes auraient vraisemblablement rejetés. Qu’on se souvienne. En 2005, la France et les Pays-Bas ont dit non, sans ambiguïté, au travers des référendums concernant l’adhésion au Traité.

      Ce n’est que par une sorte de mini coup d’Etat que le Président en exercice a réussi à faire passer, deux ans plus tard, son prétendu "mini-traité", en s’appuyant sur un Parlement dont les positions sont à angle droit avec celles des Français qu’il est censé représenter !

      Que nos évêques soutiennent cette Europe des marchands, cette Europe des technocrates (qu’est-ce d’autre que cela, cette Commission qui prétend à la toute-puissance) et qu’ils cautionnent les dénis flagrants et répétés de démocratie ne peut que susciter un large étonnement. Les lobbies y sont à l’oeuvre, ouvertement, pour soutenir des intérêts qui sont très loin d’être convergents avec ceux des peuples.

      En fait, la sauvegarde des intérêts des Français passe par un désengagement de quelques-uns des processus contraignants et totalitaires que nous impose l’Union européenne. Pour redevenir maîtres, autant que faire se peut, de nos destins, il faut en passer par là.

      Sinon, d’abandons de souveraineté en abandons de souveraineté, notre sujétion va devenir servage pur et simple. Les oligarques se frottent les mains...

    • Merci beaucoup pour vos avis experts d’aînés que je lis avec grand intérêt... contre tout espoir, gardons l’espérance qui nous fait avancer malgré tout charnellement vers le souverain Bien

      votre petit frère dans le Christ

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