Contre le racisme, l’amitié sociale

par Gérard Leclerc

lundi 8 juin 2020

© Philippe Lissac / Godong

Il fallait s’y attendre. Le drame survenu à Minneapolis et les retombées qu’il a eues en France avec le rebond de l’affaire Traoré suscitent une énorme controverse, qui n’est pas près de s’éteindre. Cette controverse se décline sur différents tons, les uns suraigus, les autres plus modérés. C’est sans doute en raison de l’appréciation que l’on a du phénomène. Pour ceux qui sont persuadés qu’il existe dans notre pays un racisme solidement installé, qui structure les comportements, le problème est dramatique, et il n’y a pas assez de mots pour qualifier une pathologie qui plonge profondément dans la psyché collective. Que les Américains soient confrontés à ce type de phénomène, on peut l’admettre à cause de leur histoire et de ses séquelles. Mais en ce cas, quel remède apporter ? Certains sont d’avis qu’il faut une médication sévère, seule apte à purger les consciences, débusquer les instincts innés.

Cela nous donne le vaste empire du politiquement correct, avec sa surveillance constante. Ses redressements vigilants. Mais on peut se demander si le remède n’est pas pire que le mal, dès lors qu’on considère la situation de beaucoup d’universités américaines, où règne une véritable hystérie qui ressemble beaucoup à l’univers décrit par George Orwell. C’est un totalitarisme mental qui se met en place, avec un système de contrôle universel et une pratique du lynchage particulièrement raffinée. Il circule en ce moment sur le net un document sur une université américaine, littéralement terrifiant.

Est-ce pour autant qu’il faut renoncer à améliorer la situation, corriger les injustices, voire s’opposer aux violences évidentes ? Heureusement, il faut le répéter, notre situation n’est pas comparable à celle des États-Unis, mais elle est à considérer avec attention. Ce qu’on appelle les quartiers perdus de la République relève d’un registre particulier qu’il est de notre responsabilité de traiter au plus vite, même si ce n’est pas évident. Mais d’une façon générale, ce n’est pas la surenchère idéologique qui nous sortira de nos difficultés, mais une stratégie qui développe des rapprochements aptes à reconstituer un tissu social. J’oserais même dire de l’amitié sociale. Si j’observe ce qui se passe dans beaucoup de nos paroisses, il pourrait bien y avoir là une école intéressante de convivialité. Je n’en parle pas en l’air. Le curé de ma paroisse est d’origine africaine, et à la messe, hier matin, on se saluait entre paroissiens de toutes les couleurs avec chaleur, en dépit des gestes barrières.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 8 juin 2020.

Messages

  • Doubler l’affection virale actuelle d’une infection sociale est dangereux.

    Les conséquences collatérales pourraient être insaisissables et risquées pour la convivialité personnelle et civique du pays.

    A l’heure où il faut se dresser tous ensemble contre la pandémie toujours active, la défiance sociale entretenue par des idéologues rompus aux extrêmes menace la concorde d’une nation.

    On sait par les sources informatives les réflexes de défense innés de populations affectées dans le sud de l’Europe par la pandémie.

    On renvoie et voudrait chasse tous les étrangers afro africains vers leur pays d’origine.

    - Cependant l’Espagne envisage de naturaliser une population numérique de migrants venus du détroit de Gibraltar, non par enchantement mais par nécessité.

    La démographie hispanique est au plus bas.
    - La menace d’une récession est aussi inscrite dans le cursus d’une natalité négative, endémique et dangereuse pour tout le pays.

    La France a ses problèmes sociaux, ajoutés aux avatars sanitaires.
    - On ne peut parler pour tout un chacun "d’amitié sociale" quand cette disposition est encore une ambition possible et relative.

    - On libère des milliers de prisonniers dans le pays jugés pour des courtes peines, non par aveu de charité mais par nécessité encore.

    Aux grands fléaux, ambitions supérieures, face aux risques d’un virus social qui ne rendrait pas la Nation capable de dépassement.

    - La vertu espérance et confiance en l’avenir dépassent les abnégations personnelles. Il faut de la hauteur de vue, de la grandeur et de l’audace pour nouer la fraternité.

    - Le pays est à un tournant salutaire pour ce faire, mais chacun comprend que toutes les forces vives, sans renier les forces spirituelles, seront nécessaires et légitimes pour y parvenir.
    La grandeur, le prestige et l’honneur qui appartiennent à notre histoire se doublent de l’humanisme chrétien qui permit en des circonstances douloureuses passées le relèvement et la voie de l’avenir.
    Cet horizon est à venir, et le courage sera bien nécessaire pour franchir les obstacles actuels !

  • Oui, on l’a assez dit et répété, "notre situation n’est pas comparable à celles des Etats Unis d’Amérique" pour reprendre la phrase de G. Leclerc. Pourrait-on ajouter qu’en cette période pré-électorale Outre-Atlantique tous les ingrédients s’invitent pour les attaques, insultes et discrédits mutuels. Comment ne pas se retenir de pouffer (pardon) de rire en entendant et voyant Colin Powell traiter Donald Trump de "menteur" ?! Non que Trump soit un saint homme, mais dans ce contexte il ne manquait à Colin Powell que sa petite fiole brandie à bout de bras et circulant en pleine Assemblée des N.U., geste reconnu quelques années plus tard par le même Mister Powell comme mensonger et imposé...

    Une manifestation rassemblant quelque 20.000 personnes, voire plus, avec un arsenal complet d’enseignes et affiches - pour la plupart rédigées en anglais - accompagnés de moult slogans stigmatisant l’"assassinat" du citoyen US George Floyd (Dieu ait son âme) de l’autre côté de l’Atlantique, une telle manif’ ne saurait relever d’un innocent mouvement spontané. D’autre part, voilà un monsieur juché comme un cercueil sur des épaules, crachant dans son porte-voix des amabilités contre "la France, pays raciste, esclavagiste et totalitaire". Raciste, la France qui laisse au premier venu la possibilité de la salir par une prolifération d’insultes en tous genres ? Contradiction aussi pitoyable que ridicule ! ! Où donc pourrait-on s’en prendre de la sorte à un pays sans encourir la moindre peine ? Comme aussi de, par exemple, jeter à la figure d’un membre de gouvernement une fin de non recevoir à une invitation de rencontre ?

    A aucun de ses niveaux la tolérance ne saurait accepter ni faire accepter tout et n’importe quoi. Il y a, dit-on, des limites et les voir dépassées sans réagir sur le champ et selon le droit risquerait de se rendre comme soupçonné de complicité, même involontaire, d’atteinte grave à la dignité d’une nation.

    Et comme disait l’autre : " Suffit de cracher dans la soupe ! Malgré ses défauts, mon pays, la France, mérite, oh oui et combien, beaucoup mieux que tout ça.!". Que tout ça...

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