Traduit par Charlotte

Contes de la crypte de l’éducation catholique

par Randall Smith

lundi 13 novembre 2017

J’étais sorti l’autre soir et j’ai vu de petits enfants déguisés en sorcières et en monstres, ce qui m’a fait penser à une émission télévisée d’y il a longtemps nommée Tales from the Crypt/Contes de la crypte, une série dérivée de bandes dessinées que j’avais vues des années auparavant. N’étant pas un fan du genre "horreur", je n’ai pas beaucoup regardé le spectacle. Mais chaque fois que je le faisais, cela impliquait généralement l’histoire macabre d’un pauvre malheureux, sans méfiance, qui se faisait prendre dans une affaire macabre. Complotant quelque chose d’horrible, un couple adopte un garçon, mais le garçon s’avère être quelque chose d’encore plus horrible. Ce n’était pas le sang versé qui rendait le spectacle terrifiant ; c’étaient le macabre et l’inattendu.

J’ai eu la même réaction de « Dans quelle-dimension alternative macabre- suis-je ? » de beaucoup de personnages du spectacle quand j’ai entendu l’histoire de mon ami au sujet de son fils et de ses ennuis dans un lycée catholique diocésain. Le jeune homme est diplômé de l’université Magna Cum Laude (mention Très bien) et Phi Beta Kappaiii, a passé plus d’un an à enseigner des enfants au niveau du collège en Irak, et l’anglais à des femmes chrétiennes irakiennes, puis il s’est distingué en tant qu’un des meilleurs étudiants à Oxford où il a co-écrit plusieurs publications avec un Professeur d’Oxford.

Comme le suggère le temps qu’il a passé à enseigner aux catholiques en Irak, il s’agit d’un jeune homme voué à sa foi, à l’étude et au service dans l’Église. Alors, quand il est enfin revenu aux États-Unis, il a naturellement (et oh-combien naïvement) décidé de se consacrer à l’enseignement dans un lycée catholique diocésain.

Il va donc à une entrevue dans un lycée catholique diocésain de sa ville qui avait justement besoin d’enseignants. Quatre personnes l’ont interrogé ; tous l’ont beaucoup aimé ; ceci semble couler de source. Mais, exactement comme dans les Contes de la Crypte, où il semble que les moments de joie soient toujours suivis d’un événement macabre (révélant une malveillance sous-jacente) la même chose se produisit pour notre pauvre jeune étudiant d’Oxford qui ne se doutait de rien.

Soudain, on lui demanda s’il avait un certificat d’aptitude à l’enseignement. (Ces gens ne lisent-ils pas les CV ?) « Oh, désolé. Cela pourrait être un problème. » Les interviewers échangent des regards significatifs. Ils s’éclaircissent la gorge. Ils marmonnent quelque chose à propos d’avoir à demander au bureau diocésain de l’éducation une dérogation pour l’embaucher. Et l’interview se termine.

Le lendemain, les génies consacrés à l’excellence de l’éducation catholique à la bureaucratie diocésaine annulent l’embauche. Pourquoi engager un gars qui a risqué sa vie pour enseigner des femmes catholiques en Irak, a reçu de grands honneurs et un diplôme d’Oxford quand on peut avoir quelqu’un qui a une licence en éducation de l’université locale Southwestern, branche du Village de Springfield et qui a – loué soit Dieu ! – un certificat d’aptitude à l’enseignement.

Je veux dire – bien sûr, le garçon d’Oxford peut être intelligent, mais comment savoir s’il peut enseigner s’il n’a pas de certificat d’aptitude à l’enseignement ? Ce serait comme de penser que quelqu’un pourrait être un grand artiste ou un grand poète sans avoir une de ces licences universitaires des Beaux Arts. Joseph Ratzinger : est un gars brillant, c’est sûr, mais le mettriez-vous devant une classe remplie de lycéens diocésains ? Avez-vous une idée de la quantité de lecture que ce type demande ?

Ce garçon d’Oxford qui n’a pas été découragé par Al-Qaeda en Irak n’a pas réussi à passer outre à la bureaucratie du système éducatif diocésain catholique dans sa propre ville natale. Ces institutions tellement vouées à se tirer une balle dans le pied pour plaire à l’intimidateur de la ville ne devraient pas être étonnées d’avoir tant de difficulté à marcher – et que courir ne soit qu’un souvenir du lointain passé.

Comme je l’ai dit, je n’ai jamais vraiment aimé Les Contes de la Crypte. Je préfère les fins heureuses. Alors, je devrais peut-être mentionner que, deux jours plus tard, une autre école catholique de la région, une école non gérée par le diocèse, a obtenu le curriculum vitae du jeune homme, l’a appelé immédiatement, et l’a engagé après une interview téléphonique de quinze minutes.

Les histoires d’horreur vous poussent à vous demander s’il y a un monstre caché dans votre placard, qui attend que personne ne regarde pour vous sauter dessus. Certes, cette histoire d’horreur particulière est unique, pas un monstre qui traque vos enfants. Combien je voudrais que ce ne soit pas vrai.
Encore une histoire : Une jeune femme douée que je connais était constamment contrecarrée par l’administration du lycée catholique local où elle enseignait la théologie. « La tâche principale du professeur de théologie est d’assister aux matchs de rugby et aux activités des élèves , pour leur montrer que l’Eglise est là pour eux. » « Avec toute cette lecture, vous détruisez la foi de notre enfant. » Elle a quitté cette école et enseigne maintenant dans une des meilleures écoles classiques catholiques du pays, une école beaucoup moins chère que le médiocre lycée diocésain où elle enseignait auparavant.

On dit aux professeurs de l’école où elle enseigne maintenant de rendre leurs élèves responsables de leur propre travail. Ils attendent l’excellence, et l’obtiennent. Et quand elle demande de l’aide, elle l’obtient. L’année dernière, un professeur prlmée, plus âgée, l’avait prise sous son aile et elles avaient des conversations fréquentes sur l’enseignement. Le directeur a mis fin à cela en annonçant : « Elle doit couler ou nager toute seule. »

Pensée intéressante ; mais puisqu’il parlait de « couler, » ce monsieur pourrait se rappeler l’avertissement du Christ :« quiconque fait trébucher
un de ces petits – ceux qui croient en moi – il vaudrait mieux pour lui qu’il ait une grande roue de moulin au cou et qu’il se noie dans les profondeurs de la mer. »

J’appelle ces histoires « Contes de la crypte » parce que cela suggère une institution morte, moribonde. La bonne nouvelle est que ces « gardiens de crypte » font partie d’une entité plus grande qui se spécialise dans la résurrection des morts. Des signes de vie nouvelle et de croissance surgissent partout, généralement pas sur la crypte dure comme la pierre, mais autour d’elle, dans le sol fertile et gras où la graine du semeur peut prendre racine, grandir et se développer.

Je vous en prie, cherchez ces signes de vie et soutenez-les – généreusement.
Image : Le semeur de Vincent van Gogh, 1888 [musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas]

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illustration : Le semeur par Vincent van Gogh, 1888 [Musée Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas]

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https://www.thecatholicthing.org/2017/11/08/tales-from-the-crypt-of-catholic-education/

Randall Smith est le professeur de théologie Scanlan de l’université de St Thomas à Houston. Son livre le plus récent , Reading the Sermons of Thomas Aquinas : A Beginner’s Guide/Lire les sermons de Thomas d’Aquin : Guide du débutant, est maintenant disponible à Amazon et aux éditions académiques Emmaus.

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