Combat écologique

par Gérard Leclerc

lundi 4 juin 2018

Où en est-on du combat écologique, qui est reconnu très largement par l’opinion publique et les autorités comme une grande cause mondiale ? Si l’on prête l’oreille aux organisations les plus mobilisées sur le sujet, le bilan est plus que mitigé. Ainsi le refus d’inscrire dans la loi l’interdiction du glyphosate est dénoncée comme une reculade inadmissible de la part du gouvernement. Nicolas Hulot n’aurait-il pas été, une fois de plus, désavoué et même bafoué ? Une fois encore, la perspective d’une démission est évoquée. Yannick Jadot est catégorique : « Macron, ce sont les grands discours et à la fin, ce sont les lobbies qui gagnent. Hulot est asphyxié, aujourd’hui il est totalement impuissant, il est dans les cordes. Quel est l’intérêt pour lui de rester au gouvernement et de servir de caution au pire ? »

Mais, plaidera-t-on par ailleurs : l’art de gouverner passe par de nécessaires compromis. Dans l’affaire du glyphosate, il a bien fallu tenir compte de l’avis des agriculteurs, et en premier lieu de la FNSEA. La présidente du syndicat majoritaire, Christiane Lambert, a réussi à faire valoir l’intérêt de la profession. Elle réfute catégoriquement l’idée selon laquelle l’agriculture française serait hostile aux objectifs écologiques et elle met en avant les efforts réalisés en faveur de la biodiversité et du développement durable.

Plus généralement, on sait que l’hostilité farouche de Donald Trump à l’accord réalisé à Paris entre tous les pays, sous son prédécesseur Barack Obama, a apporté un trouble général, qui renforce le pessimisme des militants et des organisations. Cependant, d’autres avis viennent modérer un tel pessimisme. L’ancien maire de New York, Michael Bloomberg explique ainsi au Journal du Dimanche que « ces dix dernières années, les États-Unis ont réduit leurs émissions de carbone bien davantage que n’importe laquelle des grandes puissances économiques ». La prise de conscience des dirigeants industriels amènerait à des décisions irréversibles à l’encontre de la pollution. Il ne faut pas oublier non plus désormais le combat de l’Église. Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, vient de publier une lettre pastorale sur la protection de la création à l’heure où un projet minier dénommé « la montagne d’or » met en grave péril la forêt guyanaise.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 4 juin 2018.

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