Etats-Unis

Californie : le secret de la confession a été (provisoirement) sauvé

jeudi 11 juillet 2019

Confessionnal (CC / Pxhere)

Le projet de loi visant à obliger les prêtres catholiques à briser le secret de la confession en cas de nécessité a finalement été soustrait à la délibération des élus. L’intense mobilisation des catholiques californiens a finalement porté ses fruits.

Le secret de la confession est sauvé en Californie. Du moins pour le moment. Le sénateur démocrate Jerry Hill a finalement renoncé à déposer le projet de loi du Sénat n°360 ("senate bill 360" ou "SB360"), présenté en février dernier, dont une des dispositions visait à contraindre les prêtres catholiques à révéler aux autorités judiciaires les cas de pédophilie ou de maltraitance d’enfants qui pourraient leur être révélés dans le secret du confessionnal.

Constatant que le projet avait peu de chance d’aboutir, Jerry Hill a fait marche arrière mardi, expliquant dans un communiqué de presse que sa proposition ne "visait nullement à restreindre la liberté de culte", mais à "assurer la protection des plus vulnérables des fidèles : les enfants". Mais, a-t-il tenu à rappeller, le projet "SB360 n’est que suspendu. La loi est en pause. Elle n’est pas retirée".

Vigilance

L’archevêque de Los Angeles, Mgr José Gomez, a exprimé son soulagement à l’annonce de la suspension du processus, et a salué la décision de Jerry Hill. Dans une déclaration, il a rappelé que le texte ne représentait pas seulement une menace pour les seuls catholiques, mais pour les citoyens américains dans leur ensemble, au regard de son impact potentiel sur les libertés publiques. "Si une assemblée élue est en mesure d’imposer que soient révélés les pensées et les sentiments les plus intimes d’un croyant, réservés seulement à Dieu dans le cadre de la confession, alors cela signifierait que plus aucun pan de le vie humain n’est plus à l’abris d’une intrusion gouvernementale".

Les catholiques devraient donc demeurer vigilants, même s’ils voient dans cette suspension le fruit de leur intense mobilisation. L’évêque d’Oakland (baie de San Francisco), Mgr Michael Barber avait ainsi frappé l’opinion en déclarant le 27 mai dans une lettre aux fidèles de son diocèse qu’il préférait aller en prison qu’obéir à cette loi si elle était adoptée. Au total, près de 140.000 lettres auraient été envoyées au Capitole de Californie, à Sacramento. Sans compter les chaînes de prière.

En France aussi

La menace qui pèse sur le secret de la confession n’est pas une spécificité californienne. Le débat est revenu sur le devant de la scène à plusieurs reprises récemment. En France notamment. Au mois de mai dernier, la question a été abordée dans le rapport de la mission d’information parlementaire "sur les politiques publiques de prévention, de détection, d’organisation des signalements et de répression des infractions sexuelles susceptibles d’être commises par des personnes en contact avec des mineurs". Dans leur contribution écrite, les élus du groupe socialiste étaient explicites : " Nous proposons que le code pénal soit modifié pour revoir la définition et le périmètre du secret de la confession. Tout comme pour d’autres professions, l’obligation de dénoncer les crimes et délits sexuels sur mineur.e.s doit primer".

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