Billet romain n°2

Bons anniversaires ! Du soleil et du bruit, place Saint-Pierre

mercredi 15 avril 2009

Un tour du monde place Saint-Pierre : c’est le voyage anniversaire de Benoît XVI, venu en hélicoptère de Castelgandolfo, où il se repose, pour l’audience du mercredi. Une internationale de la joie.

Les francophones hurlent, sur le parvis transformé en jardin fleuri aux parfums de la Résurrection (ils sont fidèles les horticulteurs hollandais qui le préparent tous les ans !) Des Bretons de Rennes et de Vannes, des Bayonnais, des séminaristes de Lyon, des jeunes d’Auch, du Pays de Gex, d’Alençon (la paroisse Notre-Dame, où se sont mariés les parents de sainte Thérèse de Lisieux), de paroisses de Metz, de Saint-Etienne du Mont de Paris, du Vésinet, Sainte Jeanne d’Arc du Prytanée de La Flèche, Moûtiers, Biscaros, Ermont-Aubonne, de la Mayenne, de Sarrebourg, des lycées de Beauvais, de Montpellier, des servants d’autel d’Albi, de l’Ecole de Gendarmerie de Montargis et de la Garde Républicaine.

Ils viennent aussi de Belgique (Liège), de Luxembourg (bruyants), de Suisse (Fribourg, Villars sur Glâne), et surtout du Liban (qui chantent et tapent dans les mains, on s’arrête pour les écouter), et du Canada (Montréal).

Mais les Anglophones osent davantage : « Happy Birthday to you ! » : le Pape se lève pour saluer leur chant de bons anniversaires (demain, 16 avril, 82 ans et 4e anniversaire de son élection, dimanche prochain, dimanche de la Miséricorde).

Les Allemands ont été les plus musiciens. Trois morceaux de fanfares aux cuivres sonores. On le sait, le Pape aime la musique, et les écoles de musique se sont fait entendre ! Le drapeau à damier bleu de Bavière faisait des moulinets infatigables tandis que le calicot de Cologne saluait Benoît XVI (« Köln grüsst Benedikt »).

Parmi les Hispanophones, les Mexicains l’emportent en décibels. Mais les Lusophones de Coimbra en dévotion mariale : « Ave Maria », la foule les accompagne. Puis un chant venu d’on ne sait où s’impose : Benoît XVI l’écoute, avant de commencer. Il parle de joie spirituelle, de « gozo espiritual », de la « alegria » du « Pueblo de Dios » !

Les Polonais aux casquettes rouge et blanc ont préparé leurs chants. Slovaques, Croates, Hongrois sont au rendez-vous. Le Pape leur parle dans leurs langues, sourit de leurs manifestations de joie. Les Croates improvisent aussi un chant, aux voix profondes.

Les applaudissements et les ovations les plus longs ? D’Italie ! On n’a pas de foulards ou de drapeau, qu’à cela ne tienne, on agite les parapluies, apportés en guise d’ombrelles. D’ailleurs, en Italie, le parapluie sert d’abord à faire de l’ombre : on l’appelle « ombrello » ! Milan fait très jeune (ils se préparent à la profession de foi) et très « fort ».

Je reste impressionnée par ce pré-anniversaire du Pape, massacré par les médias. Resté serein sous les coups, joyeux au milieu des siens, leur ouvrant largement les bras, disant : « Grazie », « Danke ! ». Ils sont bien là, faisant mentir les baisses de popularité proclamées par les sondages (on dirait qu’on fait des sondages après les campagnes de dénigrement pour vérifier si la « désinformation » – les Africains ont parle de « manipulation » - a marché !).

Dans la tempête, Benoît XVI n’a pas hésité à faire appel à plusieurs reprises à la prière des siens. Une radio catho de Saint-Etienne a consacré son opération de solidarité de carême 2009 à faire comprendre le ministère du Successeur de Pierre et à récolter des offrandes de messes pour ses intentions. Radio Espérance fera parvenir au Pape les cartes des auditeurs et à des prêtres des pays les plus pauvres du monde les offrandes de quelque 3000 messes. Une internationale eucharistique.

Les deniers mots du Pape avant le Notre Père vont aux malades et aux jeunes mariés : Puissiez-vous faire l’expérience de « la joie de sa présence, en vous ! »
En vous…

La bénédiction donne le coup d’envoi. Le soleil brûle. Coup de canon du Janicule : il est midi, déjà. On applaudit, on siffle, on ovationne, on chante… Les évêques saluent le Pape, les vagues des supporters diocésains accompagnent leurs échanges avec lui. La joie de la Résurrection est quasi palpable.

On ne veut pas partir, puisqu’il est encore là ! C’est plus fort que lui, qui se dérobe pourtant à toute forme de culte de la personnalité. Et c’est plus fort qu’eux.

Natalia Bottineau

Billet romain n°2 - 15 avril 2009

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