À Paris, une drôle de « messe féministe »

propos recueillis par Constantin de Vergennes

mardi 5 avril 2022

Une « messe féministe » et « inclusive », où les femmes peuvent « enfin célébrer Dieu.e » a été organisée à Paris le dimanche 3 avril par le groupe « Féminisme en Église ». Présentée sur l’affiche comme une initiative paroissiale, via le logo de l’église parisienne Saint-Pierre de Montrouge (14e), il n’en est rien, comme l’explique le Père Denis Branchu, curé de la paroisse.

Le logo de votre paroisse figure sur cette affiche pour une « messe féministe »… Est-ce une initiative paroissiale ?

Père Denis Branchu : Non. Saint-Pierre de Montrouge n’a pas organisé cela. Ceux qui l’ont fait sont des paroissiens, qui se réunissent pour réfléchir sur la place de la femme dans l’Église, sujet sur lequel il est intéressant de réfléchir. Ils ont l’habitude de se coordonner avec la paroisse mais là, ils ont agi de leur propre initiative et ont abusé du logo : ils ont fait croire que nous organisons quelque chose que nous n’organisons pourtant pas ! Je n’étais même pas au courant de l’initiative : ils ont pris contact avec des religieuses parisiennes du 15e et ont demandé s’il était possible d’organiser une messe dans leur chapelle. C’est un prêtre de Nice, sans aucune mission à Paris mais qui connaît les sœurs, qui a célébré la messe, durant laquelle il y a eu des interventions d’un certain nombre de participantes. Au-delà du point de vue formel et de l’utilisation du logo, il y a aussi la question de l’organisation, par des paroissiens, d’une messe le dimanche. Car s’il est légitime pour un groupe de catholiques de pouvoir participer à une messe à une intention particulière, le dimanche est le jour de la messe paroissiale.

Comment comptez-vous réagir ?

Je vais revoir ces personnes que je connais et je vais prendre acte de la manière dont elles ont abusé de la situation. Je n’ai pas l’intention de continuer à les accueillir dans ces conditions-là, ni de continuer à promouvoir leur action.

Quelle conception de la messe révèle cette « messe inclusive où les femmes peuvent enfin célébrer Dieu.e autour de l’autel et au service de la Parole » ?

Il y a de la part de ces personnes un problème de fond sur la conception même de la messe, une méconnaissance du mystère et de la cohérence de l’eucharistie. Le prêtre qui célèbre la messe la célèbre du début à la fin. Il n’est pas là juste pour dire les paroles de la consécration, pendant que d’autres personnes interviennent ponctuellement… Cette attitude n’est pas conforme à la célébration de la messe et ne doit pas être promue.

Messages

  • Dans les années 1970, sauf erreur, naissait la "messe des jeunes" bientôt re-baptisée "messe pour les jeunes" ; R.V. en urgence avait alors été pris avec le curé de la paroisse par un groupe de jeunes croyants mais peut-être vieux jeu, eux, pour dire leur point de vue et leur désaccord. Quelque vingt ans plus tard débarquait la "messe de la famille" traduite par un autre curé de la paroisse : "messe des parents et des enfants". Aussitôt tombait dans l’oreille du prêtre via le téléphone : "Bonsoir mon père, je suis unetelle, vous avez bien annoncé pour dimanche la "messe des parents et des enfants" ? "Oui, c’est exact." "Alors à quand svp la messe de l’oncle et de la tante, du grand-père et de la grand-mère, d..." "C’est ainsi et pas autrement !"
    avait-il alors hurlé, furax, avant que le combiné ne lui soit raccroché au nez.

    "Souvenirs, souvenirs" trépassés, dépassés par une nouvelle partition de la messe, bientôt suivie peut-être par les messes "cis", "homo", "bi", "queer", "trans", on ne s’en sort plus !

    Pourquoi toutes ces complications ? Peut-on avancer en marchant sur des oeufs que le coeur de la messe est le seul ouvert à tous puisqu’il accueille sans aucune exception les jeunes et les vieux, les beautés et mochetés, les géants et les nains, les gros et les maigres, les génies et les nuls, les malades et les bien-portants, et aussi les saints et les pécheurs !

  • Chacun réclame "sa" liturgie,mais ou se trouve la foi là-dedans ?
    Il y a peu j’ai vu à la télévision une jeune femme lesbienne discuter avec un prêtre ,elle déclarait être déçue car elle se sentait rejetée,ce n’est pas ce qu’il m’avait semblé,de retour au domicile parental le père déclarait ne plus pratiquer depuis 2013 car à la fin d’une messe le prêtre avait rappelé que les inscriptions à la manif pour tous se faisaient à la sortie.
    Encore une fois je me demande ou se trouve la démarche de foi,nous vivons en permanence dans un état de revendications à l’intérieur même de l’Eglise.
    Je pratique dans la forme extraordinaire car je m’y trouve mieux afin de prier et vivre intérieurement la messe dans la beauté et les temps de silence ,je m’unis au prêtre qui officie à l’autel,je ne revendique rien ,je suis qui je suis avec le Seigneur.
    Toutes ces autres formes liturgiques je les ai laissées derrière moi ,cela appartient aux années 70 -80.

  • Sérieusement, j’ai cru à un canular, une farce, un poisson d’avril. Dieu.e ?!? I.el.les sont cintré.e.s. Et on s’étonne d’entre révéler par Ipsos que la pratique dominicale a chuté de 55% à 2% à cause de Vatican II ! Non, ce n’est pas étonnant. La majorité des gens sont sains d’esprit, eux. D’ailleurs, les très rares à rejoindre l’Eglise au lieu de la quitter vont vers les cathos tradis, ce qui est un signe aussi du complet déraillement de cette institution.

  • "Il y a de la part de ces personnes un problème de fond sur la conception même de la messe, une méconnaissance du mystère et de la cohérence de l’Eucharistie". Ces mots qui risqueraient d’être interprétés comme une "couverture" des personnes incriminées, prononcés calmement et loin de tout jugement décrivent sans doute l’exactitude de la situation. En allant plus loin, le terme "ignorance" - au lieu de ’méconnaissance" - aurait probablement toute sa place. Par ailleurs nul ne pourrait nier qu’il existe une expression formulée par la très grande majorité de catholiques pratiquants : "assister" à la messe la plaçant au rang d’une attraction, d’un "show" quelconque, alors qu’il s’agit d’une participation à la Sainte Liturgie.

    Que l’on soit heurté par des passages de la lettre de saint Paul aux Corinthiens, par exemple, où la place des femmes ne se trouve pas "aux premières loges", c’est possible ; mais lorsque l’Histoire est consultée sur ce qui se passait à Corinthe au temps de Paul, on réalise mieux l’opportunité de ses propos.

    Une autre expression, devenue comme un proverbe, s’invite très souvent : "je suis croyant(e) mais pas pratiquant(e). Comme position de confort, y aurait-il mieux ?

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