Léon XIV pèlerin à la chapelle des Carmes - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Léon XIV pèlerin à la chapelle des Carmes

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Frédéric Ozanam. D. R.

Un raccourci saisissant. Le samedi 26 septembre au matin, au cours de son voyage en France, le pape Léon XIV fera une halte discrète à la chapelle des Carmes à Paris. Là, il se recueillera devant les reliques des 115 prêtres martyrs de la Révolution, à proximité de la tombe de Frédéric Ozanam qui, lui, a amplement contribué au renouveau de l’intelligence de la foi.

Dans cette crypte de l’église, le Pape aura ainsi devant les yeux le pire et le meilleur. Le pire, c’est-à-dire une idéologie – celle initiée par les « Lumières » – qui avait « perverti les esprits et corrompu les mœurs, et rempli avant tout la France de meurtres et de ruines », comme le souligna le décret pontifical de 1926 actant le martyre des victimes de la Révolution, et donc leur béatification.

Relèvement de la foi

Le meilleur, c’est la surprenante fécondité de ce même martyre. Car à peine 50 ans après ce sanglant épisode, un brillant intellectuel, Frédéric Ozanam, reprend le flambeau de la foi qui semble alors moribonde. Prenant acte du rationalisme de la Sorbonne, Ozanam crée la première chaire de littérature comparée, et s’attache à y réconcilier foi et raison, en montrant l’apport du christianisme à la civilisation. Mais il veut également nourrir intellectuellement les catholiques, et les rendre fiers de leur histoire. Il lance les fameuses conférences de Carême à Notre-Dame de Paris, qui ont un succès considérable ! Sa vision du combat culturel à mener est claire, et elle est résolument positive ! «J’apprends, écrit-il, à ne pas désespérer de mon siècle en voyant quels périls a traversés cette société chrétienne dont nous sommes des disciples, dont nous saurons au besoin être les soldats.» Et il joint le geste à la parole, devenant un apôtre de la charité et visitant les pauvres du quartier Mouffetard à Paris.

En sera-t-il de même dans les années à venir, à observer le changement générationnel à l’œuvre chez les catholiques, avec certes une minorité – de celles qui changent le monde – de jeunes qui ont soif, et sont prêts à agir à contre-courant. Ce tournant pour l’Église en France serait-il un des enjeux sous-jacents de la venue de Léon XIV ?

Pour cela, il faudra retenir une autre leçon d’Ozanam, celle qui lui faisait opposer «l’esprit de jouissance» à «l’esprit de sacrifice». C’est une autre dimension du personnage, méconnue, celle qui lui faisait dire, lui qui fut fauché à 40 ans par la tuberculose : « Je pense souvent à la mort mais non plus pour en avoir peur. (…) Qu’est-ce qu’un jour de moins dans l’avenir, quand l’avenir est éternel?» Ces mots, criants de vérité, sont d’un chrétien qui sait que son âme est immortelle !

Et c’est la même inspiration qui guidait les martyrs de la Révolution, dont un des tortionnaires ne put s’empêcher de constater le courage : « Je m’abîme d’étonnement, vos prêtres allaient à la mort avec la même joie et la même allégresse que s’ils fussent allés aux noces. »

Ainsi, lorsque le Pape, poursuivant son pèlerinage en France, se recueillera devant la Sainte Tunique d’Argenteuil au Stade de France, après avoir vénéré la Couronne d’épines à Notre-Dame, il pourra saisir quelque chose de cet esprit français dans ce qu’il a de meilleur, quand il ne se résout pas au défaitisme et au déclin !