Au Louvre, la splendeur de la « Vierge au buisson de roses » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Au Louvre, la splendeur de la « Vierge au buisson de roses »

Le Louvre consacre une très belle exposition au peintre et graveur allemand Martin Schongauer (vers 1445-1491), propice à la méditation.
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La Vierge au buisson de roses, Martin Schongauer, retable sur bois de 1473. Église des Dominicains, Colmar. © Région Grand Est – Inventaire général, Bastien Garnier

Albrecht Dürer, le célèbre graveur, l’avait surnommé « le beau Martin » – jeu de mots sur son nom (schön signifie « beau »), que justifie aussi la délicatesse de son art. L’œuvre de ce peintre et graveur du XVe siècle eut un retentissement considérable en son temps. Tous les maîtres allemands et suisses du début du XVIe – Grünewald, Bosch, Holbein… – ont subi son influence, accrue par la diffusion de ses gravures dans toute l’Europe. On sait par exemple que Michel Ange copia sa Tentation de saint Antoine.

Mais sa vie nous reste mal connue. Son père, Caspar, était orfèvre – ce qui peut expliquer la minutie du dessin de Martin, que l’on trouve aussi chez les peintres flamands : Schongauer était familier de l’œuvre de Rogier Van der Weyden. Avant de s’établir à Vieux-Brisach, en Allemagne, il avait grandi à Colmar, où sont conservées plusieurs de ses œuvres, dont la Vierge au buisson de roses.

Le chef-d’œuvre de Schongauer

Ce chef-d’œuvre date de 1473. Au centre d’un jardin clos, Marie tient l’Enfant Jésus dans ses bras. Une copie ancienne, conservée à Boston, nous apprend que ce tableau était plus grand à l’origine : sans doute à la suite d’un accident, on l’a amputé, notamment, d’une représentation de Dieu le Père et de la colombe du Saint-Esprit.

Si deux anges tiennent au-dessus d’elle une somptueuse couronne, Marie n’est pas assise sur un trône mais sur un simple banc de bois, devant un treillage : c’est une Vierge d’humilité. Par sa beauté, le jardin préfigure le Paradis mais sa clôture fait surtout référence à la virginité de la Mère de Dieu et, déjà, à son Immaculée Conception. Schongauer s’inspire du Cantique des Cantiques, où la Fiancée est comparée à « un jardin fermé ». Différentes fleurs évoquent aussi Marie : la rose, car Notre-Dame est la « rose sans épines », la « rose mystique » dont parlent les litanies de Lorette. Schongauer redouble ce symbole en peignant, avec une extrême délicatesse, une rose blanche parmi les roses rouges semées dans le jardin.

Symbole de la Vierge, un lis blanc, qu’on ne voit plus, était peint dans le coin inférieur droit, ainsi qu’un iris bleu dont les feuilles, en forme de larmes, annoncent les sept douleurs qui perceront son cœur.

La mère et l’enfant ne se regardent pas : Marie sait déjà que Jésus est appelé à sa mission, qui l’éloignera d’elle. Elle semble méditer sur sa Passion, vêtue d’un rouge écarlate rappelant le sang que le Christ a versé pour la rémission de nos péchés. Rouge la robe. Rouges les roses. Rouge aussi la tache sur la tête des chardonnerets, que l’on distingue à droite. Dans ce jardin clos, tout est déjà accompli.

Martin Schongauer, le bel immortel Musée du Louvre, Paris, jusqu’au 20 juillet 2026.