Du 8 au 10 mai, un pèlerinage sous le patronage de saint Michel - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Du 8 au 10 mai, un pèlerinage sous le patronage de saint Michel

Du 8 au 10 mai, se tiendra le Pèlerinage de toute la France au Mont-Saint-Michel. Près de 1 000 personnes y sont attendues. Thème de la deuxième édition : « Le mal ne prévaudra pas ». Entretien avec don Pierre Doat, recteur du sanctuaire du Mont et aumônier du pèlerinage.
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Les pèlerins se retrouvent pendant 3 jours et 2 nuits. © Ces clichés

Quelle est la spécificité de ce jeune pèlerinage ?

Don Pierre Doat : C’est un pèlerinage lancé par de jeunes laïcs en 2025, ouvert à tous : nous l’avons appelé le pèlerinage de « toute la France » pour signifier que tout le monde est invité ! Pour la première édition, l’an dernier, nous étions déjà 500 miquelots [nom des pèlerins du Mont, NDLR] ! Et nous l’organisons le 8 mai car c’est, historiquement, la fête de la Saint-Michel de printemps. C’était la fête officielle des archanges dans l’Église jusqu’à la réforme liturgique qui l’a transférée au 29 septembre. Le Mont a conservé le privilège de la fêter aussi ce jour-là.

Pourquoi avoir choisi le thème du combat spirituel pour cette deuxième édition ?

Parce que le pape Léon XIV a été élu le jour même de la fête de la Saint-Michel de printemps, le 8 mai 2025 ! Nous étions en pleine marche vers le Mont ! Nous avons appris alors qu’il avait choisi le nom de Léon en référence à Léon XIII [le Pape qui a écrit et demandé que soit récitée la prière à saint Michel à la fin de chaque messe, NDLR]. Puis, lors de son apparition à la loggia, le soir de l’élection, Léon XIV a déclaré : « Le mal ne prévaudra pas ! » Voilà pourquoi nous avons choisi comme thème cette phrase, qui est directement liée au combat de l’archange. Nous avons tous été profondément touchés de cette magnifique coïncidence…

Quelle est la place de saint Michel dans le combat spirituel ?

L’archange est présenté dans les Écritures comme celui qui nous aide dans le combat spirituel. C’est pour cette raison que, depuis 1300 ans, les pèlerins viennent au Mont lui demander son aide. Aujourd’hui, nous sentons tous que le combat est de plus en plus violent, en nous, dans nos familles, pour la défense de la vie, dans notre pays, dans notre monde et même dans l’Église… Nous voulons donc permettre aux pèlerins de se mettre sous la protection de l’archange et de tous les anges, pour les combats qui traversent nos vies et notre monde. Saint Michel est d’autant plus important qu’il est le patron secondaire de la France.

Pourquoi attachez-vous autant d’importance à l’unité autour de ce pèlerinage ?

Saint Michel est, d’une part, une figure d’unité des chrétiens, partagée avec les orthodoxes et une partie des protestants. Mais aussi une figure d’unité au sein de l’Église, comme on en fait l’expérience tous les jours au Mont : il attire des catholiques de sensibilités très diverses… Tous voient en lui une figure essentielle pour leur vie spirituelle. Ce pèlerinage a vraiment pour but d’œuvrer à cette unité si primordiale pour l’Église, en réunissant notamment des catholiques de différentes sensibilités liturgiques, qui viennent se mettre ensemble sous la bannière de l’archange. C’est tout à fait possible, nous l’avons constaté l’an dernier ! C’était d’ailleurs une des principales motivations des jeunes qui sont venus me voir pour les accompagner dans la création de ce pèlerinage : ils désiraient créer un lieu d’unité pour dépasser les querelles liturgiques. C’est une priorité aujourd’hui.

En quoi ce pèlerinage est-il missionnaire ?

D’une part, les pèlerins sont invités à bâtir leurs propres chapitres, à partir de leurs paroisses, réseaux d’amis, mouvements, etc. Et à faire venir des catéchumènes et des jeunes qui se posent des questions sur la foi, ce qui a été le cas l’an passé. Il y a également un chapitre missionnaire : pendant tout le pèlerinage, il va à la rencontre des personnes que nous croisons, pour leur donner des médailles de saint Michel, leur parler du Christ… Par ailleurs, quand plusieurs centaines de pèlerins arrivent ensemble sur le Mont, cela modifie totalement l’ambiance touristique ! Le dimanche matin, les pèlerins seront invités à aller à la rencontre de ces visiteurs pour faire des petites actions missionnaires.

Comment expliquer le retour de la dévotion à l’archange, notamment avec la reprise de la prière de Léon XIII à la fin de la messe, les neuvaines, les médailles… ?

C’est un signe des temps. Les gens sont marqués par la pauvreté, la peur des guerres, des épidémies, du chômage, l’angoisse de l’avenir, etc. Spontanément, les catholiques se tournent vers saint Michel dont la mission est de nous protéger, de combattre pour nous et avec nous et de nous inciter à résister au mal dans toutes les tentations qui nous entourent… Plus le mal grandit dans le monde, plus nous ressentons le besoin de nous tourner vers l’archange. Je trouve cela très fort que, dans ses premiers mots à l’Église, il y a un an, le Saint-Père nous ait mis tout de suite face à ce combat et, en même temps, face à l’espérance, pour nous rappeler que ce combat n’est pas perdu, parce que nous ne sommes pas seuls et que nous pouvons compter sur le Christ mais aussi sur les anges. Longtemps abandonnés dans la prédication de l’Église, ils reviennent en force : nous prenons conscience qu’ils sont des alliés indispensables dans un combat qui n’est pas que civilisationnel, politique, etc. C’est un combat surnaturel, métaphysique. Ce sont donc bien les anges dont nous avons besoin pour le mener. C’est l’angle fort du pèlerinage. Pour illustrer cela concrètement, nous allons faire témoigner des personnes ayant traversé, avec Dieu et avec l’archange, de grands combats : épreuves médicales, familiales, économiques… Cela va incarner les autres enseignements.  

Informations : www.pelesaintmichel.fr