Comment la dévotion à la Sainte Face s'est diffusée grâce à deux religieuses - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Comment la dévotion à la Sainte Face s’est diffusée grâce à deux religieuses

La dévotion à la Sainte Face remonte aux premiers siècles de l’église. Mais elle s’est développée aux XIXe et XXe, grâce à deux religieuses
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De gauche à droite. Maria Pierina De Micheli (1890-1945) ; Véronique présentant le visage du Christ et Sœur Marie de Saint-Pierre (1816-1848).

  1. Maria Pierina De Micheli et le Saint-Suaire

    « Je veux que mon Visage qui reflète les blessures de mon âme, et l’amour de mon cœur, soit davantage honoré. Qui me contemple me console » entend, en 1936, Maria Pierina De Micheli, membre de l’Institut des Filles de l’Immaculée Conception. Cette religieuse italienne, béatifiée en 2010 par le pape Benoît XVI, a depuis son enfance une grande affection pour le visage du Christ. Elle rapporte encore ses paroles : « Contemplez mon visage et vous pénétrerez les profondeurs de la douleur dans mon cœur. Consolez-moi et cherchez des âmes qui se sacrifieront avec moi pour le salut du monde. » Jésus lui suggère une date pour honorer sa Sainte Face : « Je veux qu’elle soit honorée d’une fête spéciale le mardi de la Quinquagésime », c’est-à-dire le Mardi gras, qui suit le dernier dimanche avant l’entrée en Carême. Pour répandre la dévotion, Maria Pierina De Micheli fait frapper une médaille dont l’endroit représente la Sainte Face telle qu’elle apparaît sur le linceul de Turin, avec l’inscription tirée du psaume 66 : « Illumina, Domine, vultum tuum super nos » – « Que ta face Seigneur s’illumine pour nous. » Durant la Seconde Guerre mondiale, elle se répand dans toute l’Italie et protège tous ceux qui la portent.
  2. Le voile de Véronique

    Jusqu’à la fabrication de cette médaille, la Sainte Face n’était pas associée au visage du Saint-Suaire mais au voile de Véronique (du latin vera icona : la vraie image), la courageuse femme venue essuyer le visage de Jésus souillé par les crachats et les blasphèmes lors de sa montée au calvaire. La Face outragée du Sauveur s’est imprimée d’une façon très nette sur le linge de la sainte femme.
  3. Sœur Marie de Saint-Pierre

    La dévotion pour le voile de Véronique remonte donc aux premiers temps du christianisme mais l’expansion du culte sera tardive. C’est seulement au XIXe siècle qu’il se répand vraiment, là encore demandé par le Christ lui-même à une religieuse de Tours : Sœur Marie de Saint-Pierre.
    En 1843, Jésus confie à cette carmélite sa tristesse d’entendre son nom blasphémé. Il lui donne une prière qu’il évoque comme une flèche d’or pour conjurer les outrages : « Qu’à jamais soit loué, béni, aimé, adoré, glorifié le très saint, très sacré, très adorable, très inconnu, très inexprimable Nom de Dieu au Ciel, sur la terre et dans les enfers par toutes les créatures sorties des mains de Dieu et par le Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ au très saint sacrement de l’autel. Ainsi soit-il. » Sœur Marie de Saint-Pierre assure que cette prière contribue à essuyer la boue que tous les blasphémateurs jettent au visage du Christ. La jeune carmélite reçoit un autre message à même de l’aider à œuvrer pour la dévotion à la Sainte Face de Jésus. Le Christ lui confie : « Ceux qui contempleront mon Visage blessé sur la terre, un jour contempleront la gloire et la majesté avec laquelle il est entouré dans le Ciel. »

    Ses paroles furent reçues par Léon Papin-Dupont et particulièrement méditées par la famille Martin qui vivait à Alençon (Orne). Les époux Louis et Zélie s’inscriront à l’archiconfrérie de la Sainte-Face créée par Sœur Marie de Saint-Pierre. Leur fille Thérèse baignera dès l’enfance dans cette dévotion et se montrera bien curieuse de découvrir la vie de Léon Papin-Dupont, appelé aussi l’apôtre de la Sainte Face de Jésus. Ce fut donc tout naturel, pour la future sainte, de devenir, lorsqu’elle prononcera ses vœux le 8 septembre 1890, Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face.