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Traduit par Dominique

REVELATION D’UN DIEU LIBERAL

Par Howard Kainz

samedi 9 juillet 2011


La lecture du dernier livre de Neale Donald Walsch, Conversations avec Dieu, Tome 2, longtemps en tête des plus fortes ventes pour le New York Times, nous ouvre les yeux sur ce que nombre de nos contemporains lisent sur Dieu.

L’auteur, qui commence par résumer ce qu’il a déjà écrit dans le tome 1, raconte qu’il a écrit ces livres lors d’une période difficile de sa vie dans les années 90 ; il a commencé par noter les questions qu’il se posait sur Dieu, ses commentaires et les pensées qui lui venaient. (ndt : les trois tomes ont été publiés en traduction française aux Editions Ariane, au Québec, entre 1997 et 1999)

Walsch a reçu une éducation catholique. Il évoque ses souvenirs de catéchisme sur le péché originel, le ciel, l’enfer, le purgatoire, les péchés mortels et véniels, la confession, les jours d’obligation, etc. Dieu (qu’il appelle à l’occasion « elle ») écoute patiemment cette litanie avant de lui indiquer que c’est là ce que l’on appelle religion. La seule chose qui compte est la spiritualité. Or la spiritualité et la religion ne vont pas bien ensemble. « La religion ne supporte pas la spiritualité. EIle ne peut pas la sentir. Car la spiritualité peut vous conduire à des conclusions différentes de celles d’une religion en particulier – cela, aucune religion ne saurait le tolérer. »

Les « conclusions qui diffèrent » sont par exemple : le péché originel n’existe pas ; le diable non plus ; il n’y a pas de bien et de mal, ni de droit et de tort ; pas de Décalogue. Toutes choses étant liées, le travail de la spiritualité est de dépasser toute séparation et de réactiver la conscience de l’unité de chacun (il ou elle) avec le tout. (Dieu est un dieu panenthéiste  ; nous existons tous comme membres de Son corps merveilleux (Il ou Elle), en dépit du sentiment agaçant de séparation.)

Un important catalyseur du développement de cette « spiritualité » est le sexe. Plusieurs pages sont consacrées aux plaisirs de la masturbation, de l’homosexualité, et des « bizarreries sexuelles » ; Dieu recommande l’usage des méthodes du tantrisme hindou/bouddhiste pour atteindre à une spiritualité dynamique par le plaisir sexuel. Dieu suggère à Walsch de se répéter dix fois par jour « j’aime le sexe » pour apaiser son sentiment de culpabilité sexuel latent.

Walsch cependant avait encore un doute sur quelque chose que Dieu lui avait dit dans le tome premier, à savoir qu’Hitler était au Ciel. Aussi Dieu lui explique au long de plusieurs pages pourquoi il en est ainsi : d’abord, le mal n’existe pas. Hitler, comme chacun de nous, était influencé par la psychologie de groupe (y compris du christianisme allemand) et n’a guère fait que pousser l’antisémitisme à sa conclusion ultime. Les morts qu’il a causées ne sont pas l’œuvre du « Mal ». […]

D’autres sections du livre sont consacrées aux questions d’environnement, de la mondialisation économique et politique , l’existence d’une vie intelligente sur les autres planètes, l’éducation à une conscience globale sur le modèle Waldorf (une institution théosophique allemande), l’idée que l’amour universel peut triompher des guerres et de la violence, et comment résoudre les inégalités entre riches et pauvres par la redistribution et la limitation de la richesse excessive. L’objectif final étant la totale élimination de l’argent […].

Vers la fin du livre, Dieu dit à Walsch d’ « oublier la religion ». Il termine par une tirade ardente contre la religion qui fait perdre aux gens toute foi en eux-mêmes, qui leur fait craindre Dieu et l’agnosticisme, qui suscite l’idée que nous sommes « moins » que Dieu, qui nous fait croire que nous avons besoin d’intermédiaires pour approcher Dieu, qui jette la honte sur des fonctions naturelles du corps comme l’activité sexuelle, laquelle ne doit pas seulement susciter notre indulgence mais être fêtée et célébrée.

En toute logique, le livre aurait dû s’appeler simplement Mon idée de Dieu, bien que ce titre ne soit pas suffisamment « vendeur ». Il est difficile d’imaginer que des millions d’Américains achètent ce genre d’ouvrages avec le sentiment qu’ils sont éclairants. Mais il est utile pour clarifier l’idée que les libéraux au sens religieux, New-Age et Nouvelle-Conscience, se font de Dieu. Il révèle pourquoi toute personne qui mentionne quoi que ce soit qui rappelle de près ou de loin une « règle » religieuse passe aujourd’hui, aux yeux des personnes « éclairées », pour un être, au mieux pitoyable, au pire dangereux.

Les chrétiens authentiques pensent que le Fils de l’Homme est la meilleure voie pour se former une idée objectivement vraie de ces choses. Quand Philippe demande à Jésus de nous « montrer le Père » (Jean, 14, 8), Jésus le reprend parce que qui voit Jésus voit aussi le Père. Jésus, au long des Évangiles, décrit les attributs du Père – Sa providence, son amour de chacun, son désir de pardon, comme sa justice et son jugement -. Matthieu, chap. 6, détaille les qualités de Dieu le Père.

Walsch mentionne ici et là des passages sur le fait de donner aux pauvres, ou de ne pas juger, etc. Il ne dit mot de ceux où Jésus parle de l’Enfer, ou traite de la sexualité – par exemple où il égale le désir avec l’adultère (Mt, 5, 28). L’invention par Walsch d’un Dieu « libéral », permissif et inclusif, est conçue pour dissiper toute survivance d’une quelconque crainte de l’Enfer et pour reléguer les règles sexuelles et autres péchés potentiels à quelque royaume archaïque et antérieur aux Lumières.

Sa présentation de ce qu’il espère être la spiritualité est contradictoire, confuse et dénuée de substance. Mais c’est sans doute ce que beaucoup de nos contemporains, paradoxalement, veulent dire quand ils parlent de leur « spiritualité ».

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Source :

http://www.thecatholicthing.org/col...

7 Messages de forum

  • 9 juillet 2011 18:58, par henri

    Merci pour l’article intéressant. C’est édifiant !Tellement, que je laisse à d’autres le soin de commenter les affirmations de cet individu , qui au lieu de parler avec Dieu, ne fait que soliloquer avec lui-même, pour se bâtir une spiritualité consumériste.

    On atteint le point ultime, où toute transcendance et révélation est évacué au profit de sa petite personne, qui parle de Dieu comme d’un salon de beauté, qui doit vous ravaler le portrait, et on se demande si on ne préfère pas la spiritualité de ceux qui refusent Dieu ou se révoltent contre lui ,comme Ivan, (le héros désespéré des frères Karamasoff qui en incarne bien d ’autres.) Eux au moins, ils cherchent, ils ne sont pas dans la béatitude consumériste, couperosée d’un Dieu ramené à un pur objet de consommation individuelle. Ils sont dans la fièvre de l’absolu, même s’ils tombent dans le nihilisme ; Est-ce le profil du New-York Times, d’une tendance lourde en Amérique ? On en frémit, mais d’autres peuvent changer la donne… Espérons….

    • REVELATION D’UN DIEU LIBERAL 9 juillet 2011 23:48, par fred

      Je voudrais détruire l’enfer et le paradis afin que Dieu fût aimé pour lui-même.

      Sainte Thérèse d’Avila

    • REVELATION D’UN DIEU LIBERAL 10 juillet 2011 08:55, par mathostaquin

      En quoi cette conception de Dieu , banale et mille fois répétée, est elle " libérale" ? Au sens américain du mot sans doute , c’est à dire de Gauche et libertaire, mais pas au sens de Hayek ou de tous ceux qui voient dans Jesus " le premier des liberaux" ( Charles Gave) Les Evangiles font-tils en effet une seule fois mention de l’usage de la violence d’Etat pour punir les pécheurs ? Jesus se réfère -t-il à une notion de Bien et de Mal définie par la Loi des hommes ?

      Article inutile et approximatif.

  • 9 juillet 2011 21:26, par François Volff

    Rien de nouveau. Des millions de "chrétiens" libéraux croient de telles sornettes, ou des semblables. La paresse de lire la Bible, probablement.

  • 9 juillet 2011 23:51, par Réginald de Coucy

    Walsch a reçu une éducation catholique. Et alors ? Staline a bien été séminariste...

    S’il fallait recenser tous les gens qui racontent ou écrivent des co...ries et qui ont reçu une éducation catholique (encore faudrait-il définir ce que ça recouvre précisément) on pourrait remplir quelques annuaires.

    L’opposition spiritualité/religions est une grande constante au sein de la nébuleuse Nouvel-âge. Une espèce de dialectique de fond de corbeille à papiers destinée à démontrer la nocivité des religions et leur infériorité face à l’élévation supérieure de l’individu qui sait se libérer de leur emprise et accéder à La "spiritualité".

    Le piège fonctionne d’autant mieux que le néophyte peut mettre tout ce qu’il veut dans ce concept de spiritualité très largement syncrétiste et ouvert à tous les vents.

    C’est d’ailleurs bien ça le problème des adeptes du new-age sous toutes ses formes : la confusion un peu niaise du vent avec l’esprit.
    Autant confondre un pet de lapin avec le son qui sort des cuivres d’un concert.

    Que faire face à ce fatras d’âneries ? Démonter les mécanismes les plus grossiers. Mettre l’imposture à nu. Mais pour cela, encore faut-il faire l’effort de savoir soi même ce que signifie le terme de spiritualité, les réalités qu’il recouvre et les limites du concept.

    Le Père Verlinde a, pour sa part, fourni un gros travail en ce qui concerne les nouvelles religiosités. Il est bon de s’y référer pour mieux comprendre les courants qui traversent le nouvel-âge.
    Mgr Vernette a, quant à lui, écrit de nombreux ouvrages traitant de ce nouvel-âge et de l’ésotérisme (on retrouve toujours l’ésotérisme sous une forme ou sous une autre dans ces entreprises de construction de "spiritualités" nouvelles).

    Le mérite de ces imbécillités (qui nous viennent souvent d’outre-Atlantique) est qu’elles nous obligent (devraient, en tout cas) à se replonger dans les trésors de la spiritualité chrétienne.

    Entre les Marthe Robin, Bénedicte de la Croix, Padre Pio, Robert de Langeac, Silouane de l’Athos, Elisabeth de la Trinité, Thérèse de Lisieux, Bernadette de Lourdes, Seraphim de Sarov, Catherine de Sienne, Teresa d’Avila, Jean de la Croix, Hildegard de Bingen, Jean et Barsanuphe de Gaza, Augustin d’Hippone et la foule immense des mystiques et maîtres en spiritualité chrétienne, il y a vraiment de quoi faire face à l’indigente pensée des Walsh et autres théoriciens à la gomme qui prétendent parler de spiritualité et qui tout au plus arrivent à reconstruire le règlement intérieur d’un phalanstère ou d’une maison de tolérance...

  • 10 juillet 2011 17:30, par Melmiesse

    ce qui pose problème dans ce texte c’est qu’il a reçu une éducation chrétienne que lui a-t-on appris ? il n’a pas perdu la foi, il ne l’a jamais eu car extérieure à lui ; cet écrivain crée sa propre philosophie cela ne va pas loin : quelle est sa conception de l’être humain,quelle société batir avec quelles valeurs ? seuls comptent ses ressentis nerveux surtout sexuels il imagine Dieu à son image et lui prete l’approbation pour ses élucubrations.
    "comme un cerf altéré cherche l’eau vive.." car pour savoir si une maison est habitée il faut téléphoner ou sonner à la porte cela s’appelle prier. Zachée voulut voir Jésus il monta sur un sycomore et Jésus lui dit "descend vite il me faut demeurer chez toi""si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi". au moyen-age les principaux évèques étaient pris dans un monastère ou ils priaient Dieu par Jésus : Grégoire le Grand moine avant d’etre pape, Saint Martin moine puis evèque à Tours, Saint Césaire d’Arles et tant d’autres celui qui a le mieux compris est CH de Foucaut après une vie de plaisirs cherche Dieu au Sahara