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Livre de Presse de Brunor 1

lundi 6 octobre 2008


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Brunor

Portrait paru dans le mensuel NOUVELLE CITÉ

Brunor, dessinateur de BD

La foi en bulles… pétillantes !

Il a publié son premier dessin à l’âge de 15 ans, dans le journal des Louveteaux. Des milliers d’illustrations, de croquis, de planches de BD, ont suivi. Depuis les débuts du festival d’Angoulême (*), il y est présent, avec un groupe de chrétiens, catholiques et protestants, qui y exposent en plusieurs lieux, comme la cathédrale.

Bruno Rabourdin (devenu Brunor à cause de l’imprimeur qui oublia un jour le point entre son prénom et l’initiale du nom…) se réjouit de cette présence œcuménique de la Bande Dessinée dans un lieu branché où passent 200 000 personnes chaque année, des jeunes surtout. « Cette année, annonce-t-il, en plus du Prix de la BD chrétienne, il y aura dans cette même catégorie un prix pour les Espoirs car il s’agit d’encourager les nouveaux dessinateurs qui ont le courage d’exprimer les valeurs évangéliques. » Dans un univers graphique où le sexe et la violence sont omniprésents, « en raison de la loi du marché », dit-il, les seules armes de Brunor sont l’humour et la douceur : elles se révèlent efficaces dans son milieu professionnel comme auprès du public qui fait un succès à ses derniers albums : Jésus Qui ? et Histoires de famille 2. Ce dernier opus est largement inspiré de la vie de famille de l’auteur, père de quatre enfants âgés de 20 à 13 ans…

Pub, actualité et foi passionnée

Le trait rapide, l’œil aigu, le mot précis : Brunor est d’abord un journaliste qui a eu la chance de pouvoir illustrer lui-même ses articles par la photo et le dessin. « J’ai travaillé dix ans pour le mensuel A l’écoute, édité pour un large public par les Orphelins Apprentis d’Auteuil (OAA). J’y étais sans cesse au contact des adolescents en formation dans les maisons des OAA, des rencontres qui m’ont beaucoup appris ! Puis je suis entré au Journal de Tintin et chez Dargaud, éditeur culte de la BD. Mais l’arrivée d’une nouvelle direction a causé mon départ et, sans l’avoir voulu, je suis devenu dessinateur indépendant, il y a seize ans maintenant. »

De la publicité aux manuels scolaires en passant par le dessin d’actualité, les commandes ne manquent pas mais Brunor poursuit par son coup de crayon un travail totalement original d’évangélisation. Même si, à ce mot qui lui semble un peu emphatique, il préfère ceux d’information et de partage : « J’ai suivi, explique-t-il une formation théologique personnelle et j’ai trouvé cette nourriture tellement riche que je ne pouvais pas la garder pour moi ! En utilisant la BD et l’humour, dans un monde où les chrétiens ont une image guère attirante, j’aimerais montrer aux gens qu’on peut rouvrir le dossier de l’affaire Jésus trop vite classé aux oubliettes, et que c’est passionnant. »

Brunor parle d’expérience : élevé chrétiennement, il avait pris de la distance religieuse lorsqu’il arriva à Taizé, avec dans son sac à dos cette question de Charles de Foucauld : « Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse. » Il reçoit une réponse intérieure, dans l’église de la Réconciliation, vide de toute présence humaine, à l’exception d’un Frère qui passait l’aspirateur… « C’est sans doute de là que vient mon allergie à tout ce qui est poussiéreux dans l’Eglise », sourit-il… De l’expérience qu’il vécut alors, de la rencontre qu’il fit en ce lieu, Brunor a commencé par se méfier ! « Il a fallu que, deux ans plus tard, un jeune me raconte son expérience spirituelle, la même, pour que je me dise : ‘ça arrive donc aussi aux autres !’ et que je me remette en marche. D’abord avec un groupe de prière, puis en rejoignant quelque temps les artistes de Magnificat, au sein de la Communauté de l’Emmanuel ; mais je me suis lancé aussi dans une recherche personnelle, creusant toujours plus le message de Taizé : simplicité, réconciliation. »

Il constate combien le milieu des créateurs, qu’ils soient graphistes, musiciens ou comédiens, est fragile, facilement tenté par l’ésotérisme mais ouvert au spirituel : « Transmettre des informations sur le Christ, c’est vivre la parole : Consolez mon peuple », dit-il.

Sincérité et respect de l’autre

Et c’est la même attitude qui l’inspire dans une seconde carrière de compositeur et chanteur, animant souvent des rassemblements de jeunes. « J’ai appris la guitare pour chanter les chansons du « phare » de mon adolescence, Graeme Allwright, que j’ai fini par rencontrer et qui est devenu un ami. Il se méfie des religions mais c’est un homme très profond et de grande valeur avec qui j’ai des discussions passionnantes. » Brunor, quant à lui, est aussi à son aise devant une assemblée de jeunes JMJistes que dans un LEP (Lycée d’Enseignement Prioritaire) de banlieue où il fait chanter à des jeunes filles voilées un rap sur la grande famille humaine, « avec, à la fin, des paroles sur Jésus ». Sincérité, respect de l’autre et joie communicative forcent le passage, mais toujours dans la discrétion.

Trente ans après, il est retourné cet été, une fois de plus, sur la colline inspirée de Taizé : c’était pour dire Au revoir au fondateur de la communauté, Roger Schutz, assassiné dans l’église par une personne déséquilibrée. « Rien n’a changé, a constaté Brunor. J’ai même retrouvé le Frère qui passait l’aspirateur et j’ai pu lui raconter mon histoire 25 ans après ! Il était très touché. Mais ce n’est pas de la nostalgie que je ressens dans ce lieu qui a changé ma vie. Non, pour moi Taizé c’est l’espérance renouvelée… »

Une espérance dont il est devenu un des messagers les plus appréciés, de 7 à 77 ans, selon l’expression créée pour son ami Tintin.

France de Lagarde

À consulter : le site de Brunor, qui donne un aperçu complet de ses talents : http://www.brunor.fr

À lire : www Jésus Qui ? Éditions du Cerf. Prix international de la BD chrétienne 2005. Un album qui réussit le tour de force de marier l’exégèse pointue des évangiles et la drôlerie d’une BD policière dans un graphisme très contemporain. Histoires de famille (deux volumes) Presses de la Renaissance. C’est « la tribune de la tribu » : petits problèmes et grands moments de Papa, Maman, les enfants et quelques autres, croqués avec humour et tendresse. (*) 33e Festival d’Angoulême de la BD du 26 au 29 janvier 2006. Brunor y recevra la Mention spéciale du Jury œcuménique 2006 pour l’aspect novateur de l’ensemble de son travail en BD « théologique ». Site : www.bdangouleme.com. Pour une information sur le Centre religieux d’information et d’analyse de la bande dessinée (Bruxelles) : www.chez.com/criabd

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1 Message

  • 24 septembre 2009 17:38, par admin

    Qui est Jésus-Christ ? La question interdite Enquête pour l’unité.

    Texte et Dessins de Brunor

    Editions Le Sénevé-François-Xavier de Guibert

    La Trinité en bandes dessinées ? C’est le défi relevé par Brunor. Il déterre une question réputée poussiéreuse. Dans un scénario captivant, il entreprend de désensabler un sujet censé n’intéresser que quelques théologiens universitaires.

    Il nous fait découvrir une épopée théologique étonnante.

    En tant que telle, l’histoire du dogme de la Trinité constitue déjà un sujet passionnant. Une véritable enquête. Avec ses rebondissements et ses coups de théâtre : intrigues, déstabilisations, rivalités de lobbies, déclarations à la presse, provocations, arrestations, falsifications, interventions de l’exécutif.

    On pourrait ne voir dans ces rebondissements que la trace de l’orgueil humain, cherchant à enfermer le mystère de Dieu dans des catégories philosophiques : "substance", "personne", "relation".

    On serait alors tenté de trouver sage, le décret de l’empereur Constant, interdisant en 648 un certain débat concernant la volonté humaine en Jésus-Christ… On s’épargnerait ainsi les débats acharnés contre les Gnostiques, les discussions "byzantines" sur les "hypostases", puis les arguties "scholastiques" sur la subsistance des relations.

    Et pourtant, ce sont ces débats, ces discussions, ces arguties qui ont jalonné la transmission très chahutée de ce trésor de la foi.

    Chaque réaction, chaque inflexion, chaque reposition du problème exprime les difficultés de l’être humain à saisir, sans le réduire, le mystère de la nature divine. Nos réticences, nos projections, nos réflexes humains, trop humains, sont mis à mal par cette extraordinaire proposition de la foi : "Dieu est unique mais non pas solitaire".

    Purifier le langage des représentations humaines. Car la Trinité n’est pas seulement un problème, c’est aussi et d’abord un mystère. Pour autant, ne gommons pas le problème. Dans le langage de l’expérience humaine, un père et un fils ne sont pas seulement deux personnes distinctes, mais ils sont deux êtres distincts. Et ce que nous nommons couramment un esprit, c’est une faculté, pas un être à part entière (sauf dans les histoires de revenants). Affirmer que Dieu est un seul être, mais qu’il y a trois personnes, et les nommer le "Père", "le Fils" , "l’Esprit ", demande donc quelques explications.

    En outre, les choses se compliquent, du fait que la "deuxième personne de la Trinité ", appelée "Fils de Dieu", connaît aussi une naissance temporelle dans le sein de la Vierge Marie.

    Brunor débrouille avec enthousiasme le mélange des langages issus de traditions et d’approches différentes et complémentaires. Pourquoi la Parole de Dieu, son "Logos" a-t-elle été appelée Fils de Dieu ? L’affaire est assez complexe, avouons-le. N’y a -t-il pas là-dessous beaucoup de complications inutiles ? Oui et non. Ces subtilités métaphysiques nous rappellent aussi que l’absolue simplicité de Dieu échappe à nos paroles humaines : "Dieu transcende toute créature. Il faut donc sans cesse purifier notre langage de ce qu’il a de limité, d’imagé, d’imparfait pour ne pas confondre le Dieu "ineffable, invisible, incompréhensible, insaisissable" avec nos représentations humaines. Nos paroles humaines restent toujours en deçà du mystère de Dieu" (Catéchisme de l’Eglise catholique, n°32).

    Brunor nous invite à purifier notre langage, en signalant, avec humour, tout ce qui revient à caricaturer Dieu.

    Pourquoi la Trinité ?

    Si l’on vous demandait quel est le mystère central de la foi chrétienne, que répondriez-vous ?

    Honnêtement, j’aurais tendance à répondre que c’est la Résurrection du Christ.

    De fait, si le Christ n’était pas ressuscité, s’il n’avait pas triomphé de la mort, ce ne serait qu’un sage parmi d’autres.

    "Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi" déclare Saint Paul.

    Mais cela ne suffit pas à faire de la Résurrection de, Jésus le mystère central.

    Alors, quel est ce mystère ? L’Incarnation ? L’Eucharistie ?

    Ecoutons la réponse qu’ose le Catéchisme de l’Eglise Catholique : "Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Il est le mystère de Dieu en Lui-même. Il est donc la source de tous les autres mystères de la foi, lumière qui les illumine." (n°234) .

    "La foi de tous les chrétiens, affirmait déjà S. Césaire d’Arles, repose sur la Trinité."

    Mystère central ? Oui, car il remet Dieu au centre. "La raison d’aimer Dieu, dit saint Bernard, c’est Dieu Lui-même".

    Si nous n’aimons Dieu que pour ses bienfaits, notre amour risquera d’être intéressé, et comme - avouons-le- ses bienfaits ne nous apparaissent pas toujours, notre amour risque de s’affaiblir, de s’éteindre.

    Aimer quelqu’un, c’est l’aimer pour lui-même.

    Et si ce quelqu’un est le Bien en personne, qui se diffuse Lui-même au point d’être par Lui-même don, source débordante, courant et fleuve, alors le bienfait suprême sera de nous centrer sur Lui.

    Brunor est donc bien inspiré de nous inviter à nous recentrer sur l’essentiel, à entrer, à travers l’histoire d’un dogme âprement débattu, dans la contemplation de Celui qui nous a faits de rien, mais ne nous a pas faits pour rien.

    La Trinité est le grand rendez-vous de notre vie. Ce livre est une invitation à ce rendez-vous d’amour.

    Paul CLAVIER

    — -

    Paul Clavier, normalien, agrégé et Docteur en philosophie, enseigne à l’Ecole Normale Supérieure, rue d’Ulm, à Paris. Il est l’auteur de plusieurs livres :

    La Cote Argus des Valeurs Morales

    Qu’est-ce que la théologie naturelle ? Dieu Sans Barbe.

    Le Concept de Monde. La Raison.

    Kant, les Idées cosmologiques…

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