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L’Église et la crise

par Gérard Leclerc

lundi 7 novembre 2011


L’assemblée plénière de l’épiscopat qui se tient chaque année à l’automne dans le cadre des sanctuaires de Lourdes, est l’occasion de mises au point importantes sur la vie de l’Église, mais aussi sur la marche du monde. Dans son discours d’ouverture, le cardinal André Vingt-Trois n’a pas manqué de traiter de ce qu’il a appelé «  une crise de système  », à propos de la tempête qui secoue — au-delà de l’Europe endettée — la planète entière. La tenue presque concomitante du G20 à Cannes ne pouvait que renforcer l’acuité de l’analyse du président de la conférence des évêques de France. Poursuivant d’ailleurs la réflexion déjà amorcée par un récent document de l’épiscopat sur les enjeux des élections présidentielles, le Cardinal a de nouveau insisté sur le haut degré d’exigence que devrait revêtir le débat politique qui dépasse de loin la dimension personnelle des candidats et les habituelles propositions de programmes.

Un des axes de la réflexion concerne la nécessité de changer de modèle de consommation et donc de modèle de société : «  Nous ne sommes pas dans une situation où quelques faveurs fiscales ou quelques financements exceptionnels pourraient changer brutalement la donne économique.  » Comment alors mettre en œuvre ces «  nouveaux modes de vie  » avec la volonté de parvenir à «  une consommation plus raisonnable  » ? C’est que l’on passe des principes clairement énoncés à la difficulté des solutions pratiques. On pourra, en effet, objecter les contraintes du marché international et leurs dures retombées sur les économies locales. Il est à craindre que les changements de comportement n’interviennent dans les pires conditions, appauvrissant par priorité les plus faibles, privés notamment des moyens de se soigner, voire de se nourrir correctement. Mais le cardinal Vingt-Trois ne veut pas alimenter le pessimisme ambiant. Il rappelle que «  si la dette publique de la France est très élevée, le taux de l’épargne privée y est aussi particulièrement haut  ». C’est donc qu’il n’y a pas de fatalité sur le terrain national pas plus que sur le terrain international. La crainte de voir les peuples s’enfermer dans l’isolationnisme est contrebalancée par l’espoir de définir d’autres règles de l’échange et d’autres perspectives de solidarité. L’Église intervient dans cette conjonction difficile pour éclairer et encourager.

5 Messages de forum

  • 7 novembre 2011 22:05, par Casteman

    Mais que font nos évêques face à la crise de la foi, de l’évangélisation, du témoignage évangélique ? Et face à la christianophobie (plutôt cathophobie disent certains) ?

    Nos évêques sont étonnamment silencieux sur ces questions qui devraient être prioritaires pour eux et pour la mission de l’Eglise en ce monde. Evidemment, c’est plus commode de se pencher sur l’écologie et autres sujets dans le vent !

    Ne serait-ce pas ce silence et cette passivité de nos pasteurs qui expliquent (en partie bien sûr) les interventions tapageuses et maladroites des intégristes face à certaines "oeuvres d’art" ? Car ils sont les seuls à résister...

    Et que dire de l’incroyable conformisme face à l’islamisation de notre société !? Si ce n’est pas l’Eglise qui ouvre un vrai débat là-dessus, à la fois rationnel et respectueux, qui le fera !?
    Là-dessus, le monde jugera sans pitié la naïveté ou la lâcheté de la plupart de nos pasteurs. (cf. le réquisitoire du p. Daniel-Ange, encore et actuellement publié sur http://puteaux-libre.over-blog.com/ )
    Pie XII n’était pas coupable de son silence sous le nazisme. Mais nos pasteurs sont bien coupables de leur silence quand un certain islamisme nous envahit et massacre nos frères chrétiens partout sur la planète !

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  • 8 novembre 2011 15:40, par hélène

    Oui les Evêques ne se sont jamais bien mouillés dans la Catéchèse ces dernières années , où ont-ils mis leur autorité ? Jésus en a usé et n’est-il pas écrit , tu gagneras ton pain à la sueur de ton front !St Paul dit aussi
    que beaucoup sont afférez à ne rien faire ! On fait que se pencher sur le social depuis des décennies ! On veut tout et ne pas se priver ! Quand va t-on éveiller les consciences ! Pauvre monde ! Je comprends de plus en plus pourquoi certains ont rejoins les Lefévristes Un Prêtre nous disait en Retraite spirituelle "Je ne vous dis pas prier mais suppliez !!!!!!" C’est çà que la France et le monde a besoin !!! J’ai 5 enfants tous majeurs et je ne vous dis pas ce que j’ai éprouvé en voyant ce qu’ont leur a fait faire en catéchèse !!! Mais mes récriminations sont restées lettre morte ! Alors on récolte les fruits de ses négligences !Gardons l’espérance !

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  • 9 novembre 2011 10:28, par podhivana

    J’approuve les deux commentaires précédents. Les membres du "corps épiscopal" sont en moyenne plus âgés que l’ensemble des fidèles. Ils ont donc encore dans l’esprit les préoccupations de leur jeunesse, quand le "social" était à la mode. Il est de fait qu’ils abordent la question des violences ethniques et de l’islamisme avec beaucoup d’angélisme. Quant à leur incompétence en matière économique, elle inquiétait déjà jean Paul II, si je me souviens bien ! Et au "KT" également, le "social" et la "citoyenneté" occupent plus de place que l’instruction proppremet religieuse et doctrinale. De tout cela résultent les excès regrettables de certains qui se sentent frustrés dans leur convictions.

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  • 11 novembre 2011 08:34, par Sophie

    Personnellement, je suis choquée par les messages que je viens de lire. Certes, nos évêques ne sont pas des économistes (et vous ???). Mais je me réjouis toujours davantage de les voir fidèles à l’Evangile, qui n’a jamais commandé d’écraser les autres religions ou de mépriser le "social". Jésus a beaucoup donné dans le social (J’étais nu, et vous m’avez habillé... j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli...... Matthieu 26, à relire sans modération), pas dans le Charles Martel...

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  • 13 novembre 2011 18:24, par Melmiesse

    en super-marché, les fruits viennent d’Amérique du Sud, les oranges et les tomates d’Espagne, les légumes de Belgique ou des Pays-Bas, la vaisselle et l’electroménager d’Asie, les vêtements de Turquie ; pour avoir du travail, allez donc chez EADS ou Dassault : on pourra payer nos dettes

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