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Traduit par Grégoire

Ce n’est pas l’heure Américaine

par Robert Royal

jeudi 7 mars 2013


Le premier signe que quelque chose se tramait aujourd’hui est venu de ce qui n’est pas arrivé. Les reporters se sont réveillés mercredi à Rome avec l’espoir d’entendre le cardinal de New York, Timothy Dolan lors d’une conférence de presse l’après-midi au Collège nord-américain (CNA, le séminaire américain de Rome).

De telles conférences de presse s’étaient tenues lors des jours précédents au CNA, mais uniquement là. D’autres groupes nationaux de cardinaux — pour ne rien dire de la Curie du Vatican elle-même — ne sont pas habitués à ces sortes de réunions régulières, en roue libre, avec la presse. Pas plus qu’ils ne les aiment beaucoup. (Certains disent que c’est parce qu’ils ne sont pas aussi bien organisés que les Américains.). Et par conséquent, ils n’ont pas l’habitude d’en tenir.

La première bizarrerie fut l’annonce que le cardinal Dolan ne parlerait pas, mais qu’il serait remplacé par le cardinal à la retraite de Washington, Théodore McCarrick, qui a plus de quatre-vingts ans et qui, par conséquent, ne participera pas à l’élection du nouveau pape. Puis le mot a finalement circulé que l’événement n’aurait pas lieu du tout.

Qu’est-ce c’est que cette histoire  ? Nous ne pouvons que spéculer et voulons éviter la sur-interprétation d’événements mineurs. Mais il ne faut pas sous-interpréter non plus. Bien que les porte-parole aient pris soin de préciser que les Américains étaient libres de prendre leurs propres décisions sur ce qu’il faut faire, il est clair qu’il y a beaucoup de nervosité autour de ce que les cardinaux peuvent dire à la presse au cours de cet interrègne.

Cette nervosité a plusieurs raisons. Tout d’abord, en l’absence de conférences de presse officielles du Vatican, le collège nord-américain a peut-être commencé, aux yeux de certains observateurs, à devenir le centre de l’information publique au cours de cette période de pré-conclave. C’est déjà un problème dans certains milieux (les mêmes milieux ne semblent pas comprendre que leur silence et leur distance vis-à-vis de la presse crée un vide dans lequel se précipitent précisément toutes sortes de folles spéculations qu’ils abhorrent).

En second lieu, si vous ajoutez à cela le fait que les Américains semblent vouloir prendre le temps de faire connaissance avec les candidats à fond, tandis que les Italiens, avec une plus grande influence déjà en place, semblent pousser pour un conclave plus tôt, une autre peur peut se faire jour que plus les loquaces Américains parleront à travers les médias, plus grande sera leur influence.

Cependant, il existe également d’autres contre-courants. Le cardinal Sodano a pris l’initiative inhabituelle mercredi de mettre en garde contre les fuites à la presse — en mentionnant le nom de plusieurs Italiens qu’il pensait avoir franchi les limites. Était-ce une façon de faire une règle générale qui restreindrait les Américains bons connaisseurs des médias  ?

C’est difficile à dire. Tout ce que nous savons avec certitude pour le moment est qu’il n’y aura plus de conférences de presse américaines. Vous pouvez lire dans la presse profane et même la presse catholique que les cardinaux (les Américains ainsi que d’autres) ont été «  bâillonnés  », mais c’est une exagération typique de la presse. Les porte-parole américains disent que c’était une décision libre de suspendre ces événements. Il est probablement juste de dire que les cardinaux américains, comme presque tous les autres, veulent non seulement avoir l’air, mais, être véritablement engagés dans un effort commun avec l’Église universelle.

En dernière analyse, c’est peut-être pour le mieux pour le moment, puisque l’information et le mouvement en avant de décision d’une date pour le début du Conclave semblent tous deux au point mort. Compte tenu de la situation décrite ci-dessus, le choix de la date pourrait nous en dire beaucoup.

***

Un détail curieux - à propos de l’ancien cardinal de Los Angeles, Roger Mahony  : le bureau de presse du Vatican est sorti de sa réserve pour dire que la SNAP et d’autres groupes qui protestent contre les abus sacerdotaux ne seront pas autorisés à dicter qui est autorisé à voter dans un conclave.

Ainsi Mahony, en dépit de récentes controverses au sujet de ses actions sur ces questions pendant son mandat, a le droit d’y participer. Mais le cardinal a été vu hier, mangeant seul dans un restaurant — Rome étant peut-être la ville au monde où il est le plus difficile de dîner seul, surtout lorsque 115 de vos collaborateurs supposés les plus proches sont en ville.

Source : http://www.thecatholicthing.org/dai...

Photo : le cardinal Dolan.

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