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11 novembre

par Gérard Leclerc

jeudi 10 novembre 2011


Dans trois ans, nous célébrerons le centenaire du déclenchement de la Première guerre Mondiale. L’éloignement dans le temps nous a rendu étrange cette formidable déflagration, où l’Europe s’est trouvée saignée à blanc, avec le massacre de ses garçons de vingt ans. Nous comprenons difficilement, dans l’Europe pacifiée d’aujourd’hui, comment les peuples ont pu se jeter sauvagement les uns contre les autres. Cela paraît si invraisemblable que certains tentent d’opposer les populations à leurs dirigeants, comme si ceux-ci avaient conduit les nations au massacre sans le consentement des citoyens. C’est une pure légende, comme le montre Jean Sévillia dans son dernier ouvrage [1], en dépit des mouvement de révolte de 1917, motivés par l’échec de l’offensive Nivelle. C’est le patriotisme unanime de l’armée française qui a permis l’offensive finalement victorieuse de 1918.

Certes, on peut déplorer cette « guerre civile européenne », en déduire les conséquences désastreuses dont la plus grave est l’invention et l’essor des totalitarismes qui conduiront au second conflit mondial. On accuse les « nationalismes » à juste raison, mais il faut comprendre la genèse de leur éclosion. C’est la disparition de l’Europe ancienne, sous les coups de la Révolution française et de l’Empire napoléonien, qui a conduit à l’instabilité du continent, avec la montée en puissance des idéologies et l’apparition de ce qu’Alphonse Séché (1876-1964) appelait « les guerres d’enfer ». En d’autres termes, l’histoire avançait dans le sens prévu par le stratège prussien Carl von Clausewitz (1780-1831), jusqu’à la monté aux extrêmes.

Heureusement, les nations européennes ont désormais établi entre elles un pacte de paix durable, ayant enfin compris que tout conflit interne à leur continent est suicidaire. Le monde n’est pas pour autant en paix. Nous vivons sous la menace d’autres conflits et notre propre armée est toujours engagée sur des terrains extérieurs, en Afghanistan par exemple. La paix universelle constitue la plus difficile des conquêtes.

Notes

[1] Jean Sévillia, Historiquement Incorrect, Fayard, 360 pages, 20 e.

1 Message

  • 11 novembre 2011 14:13, par Jacques KOTOUJANSKY

    Hélas, encore des bonnes paroles pour ne rien dire, sinon rappeler que Gérard Leclerc n’est pas royaliste pour rien...
    1914-18 fut préparé de longue main par le travail de "balkanisation" de l’Europe, entrepris dès après la guerre franco-allemande de 1870, la guerre austro-prussienne (Sadowa), et la guerre de Crimée (Sébastopol), fruit de la maudite diplomatie de l’Angleterre et du roi Edouard VII, contre l’Allemagne, la France et la Russie.
    Le 23 décembre 1913, subrepticement, était créée à New York la Réserve Fédérale, triomphe de l’oligarchie banquière privée anglo-américaine aidée par la Banque d’Angleterre, et six mois après, c’était Sarajevo, dont sortira la Grande Guerre qui ruinera et décimera l’Europe, l’endettera massivement auprès... des banquiers, et la Révolution soviétique d’Octobre qui éliminera temporairement la Russie des affaires de l’Europe de l’Ouest et lui fera prendre tant de retard alors que Nicolas II et ses ministres l’avaient mise au rang des premières puissances européennes... De tout cela sortit un vingtième siècle américain, avec l’épisode intercalé de l’accession au pouvoir de Hitler, secrètement aidé toujours par les banquiers (Prescott Bush et alii...) Coïncidences ?...
    Aujourd’hui, l’Empire du Mal, devenu anglo-américain, veut rééditer l’exploit avec l’Afrique et les Proche et Moyen-Orients, contre la Russie et la Chine, l’Europe étant déjà suffisamment vassalisée grâce à la chimère bruxelloise.
    Le Vatican quant à lui, en pince pour le Nouvel Ordre Mondial (NOM, NWO en anglais) et une "gouvernance mondiale" (sous domination états-unienne, naturellement).
    Voilà ce qu’on ne lira pas avec France catholique ou le Conseil pontifical, mais qui n’en est pas moins ce que les citoyens qui aspirent à la paix doivent comprendre, et en tirer les conséquences électorales en 2012, en refusant, à gauche ou à droite, les tenants du NOM, et en rappelant à l’Eglise, comme le faisait Jean-Paul II, que les nations, cela existe, et pour longtemps, euro ou pas...
    J’ai dit.
    JK

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