Une chronique dans "Réforme" - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Une chronique dans « Réforme »

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Il n’est donc pas trop tard. C’est le premier constat que l’on peut faire en observant le ballet des prélats orientaux convoqués à Rome pour un synode extraordinaire sur le Moyen-Orient (du 10 au 24 octobre).

Pour une fois, tout le monde semble d’accord. Il est nécessaire de faire le point sur la situation de ces communautés chrétienne dispersées entre 17 pays. L’heure est grave : accentuation de l’émigration vers l’Europe et les pays du Nouveau Monde, situation tragique des chrétiens irakiens, périls à venir face à la montée d’un islam politique et fondamentaliste. 185 évêques
ont fait le déplacement depuis l’Égypte, l’Iran, la Syrie, le Liban, l’Irak ou encore la Turquie, chacun représentant les sensibilités de son propre héritage culturel et linguistique. Ce sont des coptes, des araméens, des Arabes, des Arméniens, des Grecs et autres traditions deux fois millénaires.

Des représentants du judaïsme et de l’islam sunnite et chiite ont été invités
(nous pouvons regretter l’absence de protestants).

Situation inhabituelle encore, la presse semble se réveiller. Une chronique
presque quotidienne dans le Figaro et l’apparition du sujet dans les colonnes
du Monde. Rien dans Libération. Il aura donc fallu toute la pompe du Vatican – paradoxe pour un pays laïc comme le nôtre – pour éveiller les consciences. Mais peut-être est-il plus facile d’envoyer un reporter à Sarcelles ou Rome que dans les villages chrétiens du Kurdistan irakien ou à Bagdad, dans le quartier martyr de Duhok, lorsque les dernières familles de chrétiens
ont été obligées de partir ? Mais le blâme est stérile. N’entamons pas les efforts engagés. Faire comprendre qu’il ne s’agit pas de politique mais d’humanisme, des droits de l’homme les plus élémentaires, même pour des communautés qui osent se dire chrétiennes ! Il y a donc de l’espoir, celui d’un avenir meilleur pour ces pays que nous aimons tant, ces terres d’histoire où se mêlent nos origines tant philosophiques que spirituelles. L’abandon
des chrétiens orientaux serait notre propre mise à mort. « Il faut donc, sans
arrière-pensée ni faiblesse complaisante, défendre le droit des chrétiens d’Orient à l’existence », écrit Jacques Julliard dans le Nouvel Obs. À cela, j’ajouterai les mots du patriarche d’Alexandrie prononcés en début de semaine « Ensemble pour le bien commun », chrétiens et musulmans.

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Dans l’hebdomadaire protestant Réforme du 19 octobre 2010