Suivre Saint Jean - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Ce jour, l’Église propose un passage de la Première lettre de Saint Jean (V, 14-21) : il y a grand intérêt à le méditer, non pour l’appliquer à mes contemporains pris comme une entité globale, mais pour me l’appliquer d’abord à moi-même.

Premièrement ce verset initial : « … Ce qui nous donne de l’assurance devant Dieu, c’est qu’Il nous écoute quand nous faisons une demande… »

Je m’arrête avant de copier la suite du verset : combien de fois ai-je entendu dire par tel ami, tel proche, que Dieu ne nous écoute pas puisqu’Il ne nous répond pas !… Ce à quoi bien entendu il est aisé de répliquer que sa façon de s’adresser à nous épouse une grande variété de formules, d’images, de silences, d’inspirations (que l’on peut évidemment croire siennes…).

Mais que dit Saint Jean en achevant sa phrase ? « … quand nous faisons une demande … conforme à sa volonté ! », d’où l’on peut conclure que Lui sont présentées le plus souvent des demandes reflétant la volonté de chacun et non la sienne… Mais comment connaître la sienne en ce qui nous concerne ?

Si nous prions en tenant compte de la volonté de Dieu, alors, dit Saint Jean, « nous possédons ce que nous Lui avons demandé ». C’est donc en méditant ce point que nous pouvons savoir si oui ou non notre prière correspond à ce que nous savons de la volonté de Dieu…

Cependant, que sais-je de sa volonté ? Au sommet du Thabor le Père dit : « Il est mon Fil bien-aimé. Écoutez-Le », façon de nous faire comprendre qu’il nous faut tenir compte de l’enseignement de ce « Fils bien aimé », notre Maître : afin de l’accomplir du mieux qu’il nous soit possible. Telle est sa volonté : à nous de prendre conscience qu’elle se trouve parfaitement exprimée dans toutes les paroles prononcées par le Seigneur Jésus, le Christ.

Un autre point d’importance : Saint Jean nous conseille fortement de prier pour nos frères dans la mesure où leur péché « ne conduit pas à la mort ». S’il en est bien ainsi, « Dieu rendra la vie au pécheur » … Il ajoute, afin que tout soit clair et sans ambiguïté : « S’il y a péché qui conduit à la mort, ce n’est pas pour ce frère que je dis de prier ». Parce que l’on ne prie pas pour Satan et ceux qui le servent : je suppose une fois mort et en enfer, car de leur vivant ne peuvent-ils se convertir, notamment du fait de notre prière insistante ?

Existent donc des péchés qui ne conduisent pas à la mort et des péchés qui y conduisent. Est-ce les péchés véniels et mortels de notre Catéchisme dont parle Saint Jean ? Ces catégories sont-elles les mêmes ? Ou bien Saint Jean fait-il ici allusion, quand il parle du « péché qui donne la mort », au péché dit par Jésus ‘’irrémissible’’, c’est-à-dire « celui que le Père ne peut pardonner » ? Je ne choisirai pas pour mon lecteur, je ne choisis que pour moi : le confesseur, dans sa maisonnette en bois, qui assurait autrefois la confidentialité, ou dans l’aquarium de verre, situé souvent à l’entrée des églises, ou encore à la vue de tous, les soirs de grand pardon, ce confesseur entend – parfois seulement ? – l’énoncé de péchés terribles, assurément mortels s’ils ne sont pas rejetés comme on vomit un poison, s’ils son gardés en soi et pour soi : en son âme et conscience il prononce au nom du Christ le pardon qui sauve. Ces péchés-là, si graves soient-ils, sont vraiment pardonnés par Jésus lui-même, qui se tient debout derrière le prêtre comme Il en a assuré sœur sainte Faustine. Mais l’‘’irrémissible’’, même avoué, est-il pardonnable ? Peut-il entrer dans ce pardon octroyé au nom du Christ ? Le prêtre perçoit, vérifie et sait : il est arrivé que des pécheurs repartent sans avoir reçu l’absolution.

Cela s’écrit : mais si personnellement j’avais été invité à quitter le confessionnal non pardonné, mon âme et mon esprit en auraient vacillé. Que serais-je devenu ?

Saint Jean poursuit : « L’homme qui est né de Dieu ne commet pas le péché : le Fils qui est né de Dieu le protège et le Mauvais ne peut pas l’atteindre », indiquant plus loin que « le monde entier est dominé par le Mauvais » Hélas, tout homme né de Dieu que nous soyons – par le baptême, qui nous fait membres du Corps que le Verbe a désiré pour lui-même afin de s’approcher de chacun de nous –, nous ne cessons pas d’être tentés et parfois de succomber à ces tentations sans cesse lancées contre comme en nous par le Mauvais : et c’est bien pourquoi « le Fils né de Dieu » a institué sa Parole de Pardon et en a confié la gérance à son lieutenant qui lui-même en charge ses prêtres. Ainsi quand, par malheur intérieur, un homme sombre dans l’une ou l’autre des différentes façons de perdre pied face au Mal, le seul appel, qu’il soit immédiat pour le mieux ou plus tardif, à ce pardon divin est opérant mais à la condition, deux fois exprimée par Jésus, d’« aller vers les prêtres du Temple » afin de faire vérifier la guérison, témoin de la réalité de la foi, ici du repentir. Alors oui, nous pouvons nous glorifier d’être toujours cet « homme qui, né de Dieu, ne commet pas le péché » : il le commet pourtant, sans pour autant être lié à jamais puisqu’il est saisi d’immédiat repentir et lance aussitôt son appel au secours : telle est l’efficacité de la miséricorde.

D’autres points sont examinés par Saint Jean dans le passage du jour, mais ce serait orgueilleux de ma part de me croire capable de tout savoir expliquer. D’ailleurs, même ces quelques réflexions que je me dis à moi-même sont, je le conçois sans réticence, très approximatives et superficielles : espérant cependant n’avoir pas formulé quelque obscur mensonge déguisé en vérité.

Dominique Daguet