Saint François d’Assise, un saint pour la jeunesse - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Saint François d’Assise, un saint pour la jeunesse

Image :
La Stigmatisation de saint François d’Assise (détail), de José de Ribera, dit il Spagnoletto « l’Espagnol », huile sur toile, 1639.

Saint François d’Assise, un saint pour la jeunesse

Saint François d’Assise, un saint pour la jeunesse

800 ans après sa mort en 1226, la radicalité du Poverello enflamme encore la jeunesse.
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« Le Fou d’Assise »… Saint François était-il donc atteint de folie ? « D’une folie d’amour pour le Christ, oui ! », répond Rogatien Despaigne. Le Fou d’Assise est la nouvelle œuvre musicale composée par le Chœur Ephata, que dirige ce jeune chef de chœur (25 ans). « Saint François est l’un des saints qui s’est le plus conformé au Christ, explique-t-il. C’est donc une belle exigence, pour nous chanteurs, que de nous plonger dans sa spiritualité. » Dans cette œuvre originale, la vie du Poverello sera contée en français. « Nous voulons mettre en lumière la personnalité attachante et édifiante de saint François. Et le plus marquant, c’est cette « folie » de l’amour, que l’on désire transmettre. »

Un amour entier, débordant, touchant. « Dans la vie de saint François, il y a ce qu’il faut pour progresser spirituellement ! Nous avons besoin de ces exemples très exigeants », assure Rogatien.

Saint Carlo Acutis, dans les pas de saint François

Même si le Cantique de la Création tient une place de choix dans sa spiritualité, c’est bien cette radicalité du saint, mystique et stigmatisé, qui enflamme la jeunesse. Ce n’est pas un hasard si saint Carlo Acutis – enterré à Assise et connu pour son sens de l’absolu – imita la grande charité de saint François durant sa courte vie. « Lorsqu’il entendit parler de l’œuvre de saint François pour les pauvres, dirigée par les frères mineurs capucins de Milan, un grand champ d’apostolat et de charité s’ouvrit à lui », raconte sa mère dans Le Secret de mon fils (Artège). Inspiré par cette œuvre, le jeune saint se dépouilla. « La sainteté n’est pas un processus d’addition, mais de soustraction, écrivait-il. Moins de moi pour laisser de la place à Dieu. »

À la fois contemplatif et actif, saint François vivait au plus près de l’Évangile. Une radicalité qui émerveille aussi Alban, 22 ans : « Cette union totale au Christ, jusqu’aux stigmates, cet esprit de pauvreté, cette joie parfaite du détachement, voilà ce qui m’attire profondément chez lui. Les jeunes ont besoin de valeurs solides, d’absolu. Saint François était assez « extrême » dans sa manière de vivre. Et ce dépassement dans l’amour peut parler à beaucoup de jeunes : c’est vécu jusqu’au bout, et non dans la demi-mesure. » Alban a participé à de nombreux camps de jeunes chez les franciscains. « Ce fut la rencontre avec saint François d’Assise : un énorme coup de cœur ! Adolescent, je souffrais de plusieurs maladies de croissance. Durant l’une des veillées, lors d’un camp, j’ai demandé au Bon Dieu de me guérir. Instantanément, mes douleurs se sont arrêtées. Les médecins étaient très étonnés. Cela a contribué à mon amour pour les franciscains… et leur fondateur. »

Priscille, 21 ans, a elle aussi été séduite par la simplicité de saint François, « un modèle de pauvreté et d’abandon », selon cette cheftaine de louvettes. C’est justement cet esprit d’abandon, ce détachement des biens de ce monde qui a fait de lui le patron des louveteaux et des louvettes. « Dans l’éducation que nous donnons aux enfants, nous veillons à ce qu’ils prennent conscience que le confort n’est pas la source de leur bonheur. Nous voulons faire grandir en eux le désir de se dépasser et de s’abandonner. On se rend compte que saint François est édifiant dans tous les domaines de co-éducation que nous approfondissons dans le scoutisme. » Le Cantique de la création, cette louange de la nature comme œuvre de Dieu, est un aspect largement mis en valeur chez les louveteaux et les louvettes : « À l’exemple de saint François, les enfants apprennent à rendre grâce pour la beauté qui les entoure, merveille du Bon Dieu. »

Reconstruire l’Église

Le chemin fut long pour saint François, converti à 25 ans après une jeunesse dissipée. Mais il sut mettre en pratique le commandement de Jésus : « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi » (Mc 10, 21). À la chapelle Saint-Damien, le jeune homme laissa le Christ l’interpeller, et lui demander de réparer son église… et son Église. « Le sujet de la reconstruction de l’Église, par un désir de concentration sur le Christ, est très actuel, explique Clarisse, 25 ans. Je pense qu’il est au cœur des préoccupations de notre génération. Le crucifix de San Damiano est pour moi un exemple d’oraison. Chez moi, je le place à ma hauteur : j’aime ce côté concret et plein d’amour pour le Christ ! »

Clarisse a appris à connaître saint François d’Assise très jeune. « Il était un ami de sainte Claire, ma sainte patronne. Je me suis toujours émerveillée de l’amitié spirituelle qu’ils avaient. Ils se sont sanctifiés l’un l’autre, et cette amitié a probablement aidé au rayonnement de leurs œuvres respectives. »

Déjà, en 2007, à l’occasion des 800 ans de la conversion du saint italien, le pape Benoît XVI l’offrait en exemple à la jeunesse : « On vient à Assise pour apprendre de saint François le secret pour reconnaître Jésus-Christ. Il y a besoin de jeunes qui, comme François, s’engagent sérieusement et sachent instaurer un rapport personnel avec Jésus. » Un appel qui résonne encore aujourd’hui, 800 ans après la mort du saint. 

Le Chœur Ephata interprétera Le Fou d’Assise à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, Paris (Ier).
Entre le 12 et le 20 mars 2026.
www.choeurephata.com/le-fou-d-assise