« Qu’il bénisse tout, de la croix jusqu’au dernier napperon ! » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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« Qu’il bénisse tout, de la croix jusqu’au dernier napperon ! »

Un prêtre, ami de Mgr de Germiny, partage ses souvenirs.
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Mgr de Germiny consacrant un autel du sanctuaire Mater Amoris, le 28 juin 2015.

La charité et la finesse de Maurice de Germiny étaient légendaires. Jusqu’à la veille de sa mort il ne manquait jamais d’envoyer un message pour les fêtes, les anniversaires, pour remercier d’un accueil ou d’une conversation. Il avait célébré les dernières fêtes pascales avec joie au monastère de la Visitation de Nantes.

Quelques souvenirs reviennent à l’esprit. Il y a quelques années, pour les dix ans de Mater Amoris, cette œuvre pour la conversion et la sanctification de la jeunesse à laquelle il avait adhéré depuis sa fondation, c’est sans hésitation qu’il vint en présider la messe et prononça la consécration au Cœur très pur de Marie : « En ce jour, Ô Marie, notre Mère, nous souvenant de tout ce que Vous avez fait pour nous, nous consacrons à votre Cœur Très Pur l’Œuvre de prière que nous formons, les jeunes qui lui sont confiés, les jeunes et les enfants du monde entier, ceux d’aujourd’hui et ceux de demain, ses membres et ses amis. Nous nous consacrons à ce Cœur Très Pur qui est le vôtre. Marie, ma Mère, je me consacre à votre Cœur Très Pur, dans mon âme, dans mon esprit et dans mon corps, aujourd’hui et pour toujours. Très Sainte Vierge Marie, Mère de l’Amour et notre Mère. »

Tout jeune évêque de Blois, un ami lui demanda de venir bénir un centre de vacances à la montagne. Heureux, il accepta immédiatement. Il indiqua qu’il fallait aussi en aviser l’archevêque de Paris. Celui-ci répondit que, ne pouvant se libérer, il déléguait un de ses auxiliaires. Ce dernier fut joint pour préparer l’événement qui consistait en la bénédiction de ce chalet, de sa chapelle, du baptême de sa cloche et de sa consécration à la Sainte Vierge. Pourtant proche par l’âge et la fonction, quand il apprit que Mgr de Blois avait répondu positivement à cet événement, il affirma : « Non, moi seul ! » Malgré l’insistance, rien ne le fit changer d’avis. Maurice de Germiny, qu’il fallait prévenir avec tristesse de cette décision, sut prendre la chose de haut. « Ne t’inquiète pas. Qu’il bénisse tout, de la croix au dernier napperon ! Je viendrai plus tard et longtemps ! » Il vint effectivement pendant tout le séjour suivant, accordant à chacun affection et instruction. À la fin de sa dernière messe, en un 1er janvier, devant tous, il retira sa calotte violette et la remit en souvenir de son passage.

La bénédiction du sanctuaire Mater Amoris

Devenu évêque émérite, il lui fut demandé de venir bénir le nouveau sanctuaire de Mater Amoris et d’y consacrer quatre autels. Il le fit avec une piété et une bonté qui impressionnèrent chacun. Au mois de novembre dernier, on put enfin faire graver sur la tranche du maître-autel, à la manière des basiliques romaines, cette inscription : « ALTAR HOC EXCELLENTISSIMUS MAURICIUS DE GERMINY, EMERITUS BLESENSIS EPISCOPUS, DOMINICO XXVIII IUNII. A.D. MMXV CONSECRAVIT ». Très ému, il écrivit « C’est splendide. Gratias ago tibi ! » en bon latiniste et paléographe qu’il était. Il voulait se retirer dans cette maison. « Je me réjouis bien sûr d’avoir trouvé un lieu pour ma carcasse, mais surtout de pouvoir continuer du ministère dans un lieu aussi porteur. »

Un modèle de pasteur. Un ami fidèle. Aujourd’hui un protecteur au ciel, sans aucun doute.