Pierre Simon, eugéniste et figure tutélaire du mouvement pro-euthanasie - France Catholique
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Pierre Simon, eugéniste et figure tutélaire du mouvement pro-euthanasie

« Vous serez comme des dieux », dit le serpent dans la Genèse. C’est bien le projet des partisans de l’euthanasie, dont le docteur Pierre Simon (1925-2008) est une figure tutélaire.
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© Adobe Stock / ArtemisDiana

«L’euthanasie n’est pas une loi neutre : c’est un outil de formatage idéologique. Elle enrégimente la société sous l’autorité d’une doctrine dissimulée, mais rigoureusement étroite – celle d’un matérialisme intégral érigé en vérité officielle. […] Son postulat fondamental, jamais débattu, jamais nommé, est celui-ci : l’être humain se réduit à son corps. Rien d’autre n’existe que ce que l’on peut mesurer, peser, constater. »

Ainsi s’exprime le Père Laurent Stalla-Bourdillon dans le petit livre rigoureux qu’il consacre à la proposition de loi sur « l’aide à mourir », expression parfaitement hypocrite qui vise à supprimer l’un des principaux fondements de la société : «Tu ne tueras pas.» Le titre de ce livre ? L’euthanasie, une religion d’État qui ne dit pas son nom. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’une religion, qui a ses grands prêtres et son clergé.

Au premier rang de ces « grands prêtres » figure un homme aujourd’hui décédé, le Dr Pierre Simon (1925-2008) – «exacte inversion de Simon Pierre», remarque Tristan de Carné dans la préface d’un autre livre, de Charles Vaugirard, La face cachée du lobby de l’euthanasie. Cofondateur du Planning familial, ce gynécologue a fait partie de nombreux cabinets ministériels. Grand maître de la Grande Loge de France, il fut l’un des artisans de la loi Neuwirth sur la contraception (1967) – il décrivait le stérilet comme «une sorte de crosse d’évêque finissant en grain de chapelet» – puis de la loi Veil sur l’avortement (1975). Le Dr Simon fut aussi l’un des fondateurs de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), le fer de lance du mouvement euthanasique en France.

L’intérêt de ce gynécologue pour la mort s’explique par le regard qu’il porte sur la vie : «Cette vie qui nous vint si longtemps d’un souffle de Dieu posé sur notre argile, c’est comme un matériau qu’il faut la considérer désormais. Loin de l’idolâtrer, il faut la gérer comme un patrimoine dont nous avons, un instant, la garde. […] Cette charge de vie a son corollaire; veiller à ce que ce matériau ne se dégrade pas. Ce serait nous dégrader nous-mêmes et ruiner l’espèce.» Voilà ce qu’écrit le Dr Simon dans son autobiographie, De la vie avant toute chose (1979).

Le but eugénique du Dr Simon

Cette réduction de la vie à un matériau que l’homme doit «gérer» – et peut façonner à sa guise – explique qu’il veuille la purger des «tares» qu’un fœtus pourrait porter en « interrompant » la grossesse ; elle justifie aussi qu’on empêche sa dégradation en « interrompant » la vie des personnes âgées, malades et handicapées – Charles Vaugirard le démontre dans son livre. Débarrassé de Dieu et de toute morale, cet humanisme sans transcendance autorise toutes les manipulations que la science permet.

Quoi qu’en disent aujourd’hui ses disciples, en militant pour l’avortement comme pour l’euthanasie, le Dr Simon poursuivait bel et bien un but eugénique : améliorer «l’espèce» – au besoin en éliminant les plus faibles. «Laisser mourir, n’est-ce pas [dans certains cas] préserver la vie?», s’interrogeait-il dans son livre, affirmant par ailleurs que «la santé est devenue propriété collective» : c’est donc à la «collectivité» qu’il revient, selon lui, de décider qui doit vivre et qui doit mourir – mais «si l’État se propose d’être celui qui donne la mesure de la valeur d’une vie humaine, comment ne serait-il pas de facto un tyran?» interroge le Père Stalla-Bourdillon…

L’euthanasie, une religion d’État qui ne dit pas son nom, Laurent Stalla-Bourdillon, Pierre Téqui éditeur, 96 pages, 9,90 €.

La face cachée du lobby de l’euthanasie. L’eugénisme de Pierre Simon, fondateur de l’ADMD, Charles Vaugirard, Pierre Téqui éditeur, 88 pages, 9,90 €.