« Madame sainte Geneviève », patronne de Paris - France Catholique
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Le journal de la semaine

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« Madame sainte Geneviève », patronne de Paris

Avec Clotilde et Radegonde, la sainte patronne de Paris a marqué de son empreinte le destin spirituel de la France.
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Sainte Geneviève, patronne de Paris, devant l’Hôtel de Ville. Musée Carnavalet, Paris.

Continuons la Berceuse pour le petit Dauphin, déjà évoquée au sujet de sainte Radegonde :

« Madame sainte Geneviève,
Qui filait en gardant Paris,
Vous file aujourd’hui de beaux rêves
Où l’enfant Jésus vous sourit… »

Geneviève était la fille d’un officier, de vieille famille d’origine romaine, chargé de l’administration de Paris et sa région. Son père reçut la visite d’un de ses anciens camarades de l’armée, Germain, devenu évêque d’Auxerre. Ce dernier avait le don de divination. Il repéra tout de suite la petite Geneviève, qui le recevait en accompagnant son père, et lui promit un destin exceptionnel !

Geneviève se consacra à Dieu dans la prière et le jeûne et fit l’admiration de ses contemporains. On ne sait pas si elle fut vraiment bergère, mais la légende dit qu’elle gardait les troupeaux avec une autorité sans pareil, expliquant ce que dira Péguy : « On la mit à garder un bien autre troupeau. »

Face à Attila

Geneviève édifia par sa foi et sa sagesse une communauté féminine qui la suivait dans ses exercices de piété et de charité. Lorsqu’Attila menaça Paris, en 451, les anciens de la ville décidèrent d’abandonner la cité pour éviter un massacre. Geneviève, contre leur avis, déclara qu’il fallait rester dans Paris, disant que « si les hommes n’ont pas le courage de se battre et de résister, nous, les femmes, nous prierons tant et tant que le ciel entendra nos prières et Paris sera préservé ». Le conflit fut si violent qu’il fut envisagé de la mettre à mort, mais sa réputation de sainteté empêcha cette funeste éventualité. Attila détourna sa route et Paris fut bien épargné.

Plus tard, quand Chilpéric, le père de Clovis, roi des Francs, mit le siège devant Paris et commença à affamer la capitale, Geneviève, dont la famille avait des propriétés dans les environs de Nemours, organisa le ravitaillement de la ville et convainquit Chilpéric d’épargner, une fois encore, les Parisiens. Plus tard, elle accompagna Clovis et Clotilde d’une façon si proche que Clovis souhaita qu’ils fussent réunis dans la même tombe.

Geneviève fut inhumée au sommet de la montagne qui porte aujourd’hui son nom, et ses restes furent placés dans une châsse que l’on voit encore à Saint-Étienne-du-Mont. À la Révolution, cette châsse fut détruite et les os de Geneviève jetés à la Seine. Mais les révolutionnaires n’emportèrent pas tout et, aujourd’hui encore, le 3 janvier, jour de sa fête, les quelques reliques de la sainte qui restent sont montrées en procession dans Paris.

Sainte patronne de Paris

Du 3 au 12 janvier 1913, Péguy écrivit une neuvaine pour sainte Geneviève dans laquelle il la montre accueillant, 920 ans après, son héritière, arrière-petite-fille spirituelle, sainte Jeanne d’Arc.

Canonisée en 1962 par Jean XXIII, elle fut faite patronne de la gendarmerie par Jean-Paul II et fêtée par ce corps d’armée le 26 novembre. Mais elle est surtout la sainte patronne de Paris que Péguy a décrite sous ce titre dans Le Figaro du 16 août 1913 : il la représente à la fin des temps emmenant tout son peuple de Paris dans la dernière « cour de justice et dans la citadelle » :

« On vous regardera comme étant la plus belle.
Le monde entier dira : c’est celle de Paris…
Vous vous avancerez dans votre antiquité.
On vous écoutera comme étant la doyenne.
Et la plus villageoise et la plus citoyenne.
Et comme ayant reçu la plus grande cité. »

Péguy décrit ainsi la mandataire de Dieu rendant ses comptes de tutelle et présentant « la ville démocrate et pourtant feudataire ». Tout le poème est un hymne à Paris dans ses contrastes et ses oppositions mais gardé dans toute son histoire par la houlette et la main de Geneviève.

Ainsi, au berceau du royaume de France, trois femmes qui étaient trois saintes, Geneviève, Clotilde et Radegonde, ont porté notre nation dans les langes et l’ont marquée pour toujours.