Le 26 septembre, Léon XIV rencontrera des catéchumènes et des néophytes à l’Institut catholique de Paris, fondé en 1875 dans les bâtiments transformés du couvent des Carmes, rue de Vaugirard et rue d’Assas. Mais il se rendra aussi à l’église Saint-Joseph-des-Carmes qui le jouxte. Il y a plusieurs raisons à cette visite.
D’abord, se recueillir sur le lieu du martyre, les 2 et 3 septembre 1792, de 115 prêtres, dont plusieurs évêques, sauvagement massacrés par les révolutionnaires. Certains furent tués dans l’église, d’autres furent forcés à sortir, un par un, d’une pièce où on les avait enfermés, et massacrés sur les quatre marches du petit escalier menant au jardin, qui existe encore et où le Pape va se recueillir. Une plaque en fait mémoire avec l’inscription en latin : « Hic ceciderunt » (Ils tombèrent
ici).
Dans la crypte – où sont conservés les restes des martyrs –, se trouve aussi le tombeau du bienheureux Frédéric Ozanam (1813-1853), béatifié en 1997 à Paris par Jean-Paul II. Ce grand intellectuel et universitaire réputé, professeur de littérature à la Sorbonne, fut aussi le fondateur de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul et le précurseur de la doctrine sociale de l’Église. Il eut toute sa vie le souci des pauvres.
Le lieu de vie de Frère Laurent de la Résurrection
Mais il est aussi une autre motivation, chère au cœur du Saint-Père, qui est de découvrir le lieu de vie, au XVIIe siècle, de Frère Laurent de la Résurrection, un de ses guides spirituels depuis toujours. Le Pape a révélé, six mois après son élection, que le livre de Frère Laurent, L’expérience de la présence de Dieu, était un de ses livres de chevet depuis toujours. Le cardinal Aveline, un des maîtres d’œuvre du voyage pontifical, quand il a invité Léon XIV à venir en France, lui a révélé que le réfectoire n’avait pas changé depuis l’époque de Frère Laurent, cuisinier du couvent. Le Pape s’en est réjoui à l’avance.
L’église Saint-Joseph-des-Carmes, elle non plus, n’a pas beaucoup changé par rapport à ce que Laurent a connu. Son entrée est rue de Vaugirard. Elle fut fondée en 1613, pour accueillir des Carmes récemment arrivés à Paris. C’est une église conventuelle classique, dans le style romain du XVIIe siècle d’avant le baroque, très simple. Le tableau du maître-autel, de Quentin Varin, représente la Présentation au Temple. Le chef-d’œuvre est la coupole, représentant le prophète Élie, patron des Carmes, montant au ciel dans un char de feu. Il lance son manteau vers son disciple Élisée. Le manteau semble flotter en l’air en trompe-l’œil et est attrapé au vol par Élisée, qui est peint sur le tambour – la partie verticale à la base de la coupole.