Le Zeitgeist rencontre un obstacle - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Le Zeitgeist rencontre un obstacle

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Il est arrivé une drôle de chose au Zeitgeist (l’Esprit du temps) qui traversait le Synode à Rome.

La Machine de la Modernité semblait être prête à démarrer, provoquant un changement salutaire, qui assouplirait la rigidité de l’Eglise sur le sujet du mariage et du divorce.

Le cardinal Walter Kasper avait réveillé le mouvement en 2014 qui devait assouplir la discipline de l’Eglise sur la question d’admettre à la Sainte Communion ceux qui avaient divorcé et s’étaient remarié civilement ensuite.

Les évêques allemands groupés autour de Kasper semblaient former le parti du changement à l’intérieur du Synode. Et ils se montraient tout à fait tenaces, quand « l’esprit du temps » rencontra une résistance bien plus formidable que les kasperistes ne l’avaient prévue.

Le tournant a paru venir dans un discours par le cardinal hongrois Peter Erdö. Il ne tenait pas à ce qu’on voie la question du mariage à travers les « signes du temps ». Comme mon ami George Weigel l’a dit, il tenait à ce que les « signes du temps » soient « lus au travers des lentilles de la révélation divine. »

Le discours d’Erdö posa la question sous un angle nouveau, et avec justesse, et réorienta la question. Les kasperistes durent continuer à reculer, une manoeuvre après l’autre. Il était fascinant, pour l’observateur au moins, de voir comment ces évêques, qui accueillaient si bien le « nouveau », allaient eux-mêmes devoir se retrancher vers quelques-uns des sophismes les plus vénérables en cherchant à sauver leur position.

Et ainsi une des premières lignes de retraite fut d’offrir une espèce de fédéralisme – de donner aux catholiques groupés en différentes nations la liberté de chercher des accommodements avec l’ethos locale. Au sens le plus strict, « fédéralisme » signifie une Confédération, un regroupement assez souple d’Etats indépendants, chaque Etat préservant sa propre souveraineté. La version modifiée de l’Amérique supposait une large latitude pour les régimes des Etats séparés, qui aboutissait à des différences frappantes dans le caractère moral des communautés locales.

Mais dès le début on comprit que les variantes locales seraient contenues dans un gouvernement national intégré, une république, et un des engagements de cette Union était de préserver, dans les Etats séparés, une forme républicaine de gouvernement. On ne pourrait y accepter de monarchies.

Les Pères fondateurs étaient aussi tout à fait conscients de la « tyrannie » des majorités locales qui voudraient faire des choses comme annuler les dettes, confisquer la propriété, et de différentes façons, devenir des sortes de cliques locales. A certaines époques critiques il arriva qu’une administration honnête demanda l’intervention d’une autorité centrale plus lointaine, qui n’était pas sous la coupe de ces majorités locales.

Quand le sujet apparut au Synode, les évêques étaient bien conscients qu’en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en Belgique, dominait déjà une volonté d’offrir la communion à ceux qui étaient divorcés et remariés civilement.

Choisir « l’option » du fédéralisme était faire un pas sur le chemin du démantèlement d’une Eglise catholique en l’orientant vers une autre église, chrétienne de nom, avec une théologie selon les pays, comtés et paroisses. Et pour le paroissien catholique ordinaire, il devait être vraiment assuré que la théologie dans son église ne fût pas modifiée par la majorité locale.

Les kasperistes firent marche arrière alors en invoquant le respect des « consciences «  individuelles. Mais comme Jean Paul II l’enseigna dans un texte fameux, la « conscience » justement comprise, devait être dirigée vers un ensemble de normes morales objectives. Ce n’était pas un slogan sommant de respecter tout ce que les gens professent croire profondément.

Finalement , dans une tentative d’offrir quelque agréable concession aux kaspéristes, le Synode à titre provisoire admit la notion d’ « accompagnement pastoral » des divorcés et remariés. Un règlement pourrait être obtenu de manière privée par le pénitent et le confesseur. Cet arrangement semblait être plus acceptable parce qu’il n’offrait aucune récusation explicite et aucun reniement de la doctrine catholique.

Et pourtant cela peut simplement faciliter l’abrogation de l’éthique de l’Eglise, cas par cas, de facto, tout en préservant la façade de la doctrine de jure. C’est une formule qui permet de démanteler les règles qui gouvernent la vie catholique sans avoir besoin de reconnaître ou de justifier le changement.

Mais tandis que nous traitons ainsi les questions, les kasperistes semblent revenir au sophisme subtil que Pie X mit si vivement en évidence dans sa critique des modernistes dans Pascendi Dominici Gregis (1907). Le Saint-Père fit des observations sur le philosophe qui   « reconnaît la réalité du divin comme un objet de foi », mais « cette réalité ne va pas être trouvée par lui sinon dans le coeur du croyant, comme un objet de sentiment et d’affirmation. »

Le moderniste croyant va affirmer en contraste la « réalité du divin… tout à fait indépendamment de la personne qui croit. » Mais où, demande-t-il, le moderniste va-t-il trouver la base de cette affirmation de croyance ? Et voici la réponse : «  Dans l’expérience personnelle de l’individu. » Toute chose est réfractée à travers l’expérience et le « sens religieux » de l’individu lui-même.

De cette façon, la réalité du divin est transformée en une construction de l’esprit et de l’imagination, et une fois réduite de cette façon, « toute religion,  même le paganisme, doit être tenue pour vraie. »

Les kasperistes sont mus d’abord, j’en suis sûr, par une sympathie pour les difficultés des hommes réels. Mais pour les motifs les plus bienveillants ils reviennent à des sophismes qui vont profond, et ils déplacent la vérité qu’ils étaient appelés à soutenir.

Source : https://www.thecatholicthing.org/2016/01/12/the-zeitgeist-hits-a-bump/