En cette période pré-électorale en vue de l’Elysée, le phénomène Macron prend de plus en plus d’ampleur. Ce faisant, de ralliement en ralliement au panache du jeune et fringant Emmanuel, le plan subtil du macronisme se précise enfin dans sa véritable nature. Surtout avec l’arrivée progressive de plusieurs poids lourds du régime décidément persistant de M. Hollande, comme son conseiller personnel Bernard Poignant, dont le discours sans ambiguïté évoque « la fidélité »… La fidélité au « programme du Parti socialiste », en se démarquant des outrances gauchistes de l’ex-frondeur Benoît Hamon, tout en adhérant publiquement aux « engagements d’Emmanuel Macron », en particulier à son attachement supranational de citoyen éclairé au Traité européen de 2005.
Le conseiller particulier de François Hollande suit de près une première équipière du gouvernement sortant, la Verte et déjà mûre Barbara Pompili, Secrétaire d’Etat à la biodiversité auprès de Ségolène Royal, elle-même attirée par le magnétisme croissant de la trajectoire ascendante d’Emmanuel Macron. Et on parle ces jours-ci de l’arrivée prestigieuse du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian dans le cortège macronien… Peut-être pour le dimanche des Rameaux, ou bien à Pâques, après les étapes du Chemin de croix, réservé quant à lui à l’infortuné François Fillon, un rival stigmatisé à maintes reprises par les scribes des médias dominants… Chacun son rôle dans la dramaturgie de cette campagne où les bons, jeunes et beaux, doivent triompher peu à peu des méchants.
Et hier soir, dans l’enceinte du Temple médiatique, grandissant en sagesse et en assurance, le jeune Emmanuel Macron a échangé questions et réponses avec de doctes contradicteurs à l’intention de ses disciples et électeurs présumés non fictifs. Puis, du haut d’une montagne de promesses, futur berger sans exclusive, lui qui aime les Français sinon la France, il a appelé à laisser les petits citoyens venir à lui, tous, même ceux de droite, le bulletin de vote à la main, dans l’isoloir. Cela sous l’œil noir des gars de la Marine, fille de Jean-Marie de la Trinité-sur-Mer, qui lui a reproché vertement d’avoir parlé de l’univers pendant de longues minutes, mais pour ne rien dire…, comme pour emmener les gens en bateau…
Mais voilà tout un monde « en marche » vers un avenir libéral-libertaire « bobo » bien balisé, avec des guides et de bons apôtres déjà nombreux, d’Alain Minc à Pierre Bergé, de Renaud Dutreil, le père Noël du RSI, au charitable Bernard Kouchner toujours prêt, et de Daniel Cohn-Bendit à, peut-être, Alain Madelin, mais aussi avec de plus en plus d’anciens collaborateurs de l’Etat-PS de François Hollande, qui observe tout cela en coulisse, un sourire en coin…
« En Marche », avec les idées sociétales « avancées » et « progressistes » des héritiers de Mai 68, et avec la devise « Enrichissez-vous » proposée en 1843 aux Français par Guizot, voici en ce printemps 2017 Emmanuel Macron.
Macron qui rêve d’être le jeune président inexpérimenté mais étroitement conseillé de la future République oligarchique française multiculturelle, sous pavillon européen et mondial. La France est au bord du gouffre, mais courage, voici qu’elle s’apprête à faire un grand bond en avant.
Pour aller plus loin :
- Le défi du développement des peuples et le pacte de Marrakech - la fuite en avant des Nations Unies
- Totalitarisme, anarchie, et nos désillusions croissantes
- Macron se tait mais les faits parlent désormais
- La paternité-maternité spirituelle en vie monastique est-elle menacée en Occident ?
- Tous contre le nazisme, mais silence sur l’islamisme…
