La vérité dans la charité de Léon XIV - France Catholique
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Le journal de la semaine

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La vérité dans la charité de Léon XIV

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© Liam Hoarau / diocèse de Paris

« C’est par la charité qu’il faut ébranler les murailles de Genève. » Ainsi parlait saint François de Sales en son temps. Évêque de Genève en titre, il ne pouvait pénétrer dans sa ville, alors aux mains des protestants, mais par sa douceur et sa fermeté doctrinale, il a entraîné de très nombreuses conversions – on parle de milliers ! Sans préjuger de ce qui s’est produit dans les cœurs lors de la visite  apostolique de Léon XIV, on peut appliquer cette leçon salésienne aux quatre jours de ce voyage qui marquera en profondeur notre pays. C’est par la charité qu’il faut ébranler les murs de la France.

En foulant une terre qui, certes, a vu fleurir la fille aînée de l’Église, le Pape savait qu’il aurait également à compter avec des forces contraires, celles de la Révolution, de la Séparation de l’Église et de l’État, et, aussi hélas, de récentes lois mortifères. Par le choix de la vie comme thème de son périple, Léon XIV a donc visé au cœur du mal français depuis deux siècles, celui de la division des esprits et des cœurs, de la négation de l’âme, pour y insuffler un ferment d’espérance. Sans rien masquer non plus de l’exigence de vérité : il existe un ordre de la Création, et il est supérieur à la loi de la République. Voilà pourquoi « ce qui est légal n’est pas nécessairement moral », comme il l’a soutenu avec autorité. L’objection de conscience n’est pas loin… Mais il ne faut pas s’y tromper : sa venue en France n’avait d’autre raison, a-t-il expliqué dans l’avion du retour vers Rome, que de « prêcher l’Évangile, de proclamer la Bonne Nouvelle, et de réaffirmer ce que Jésus-Christ lui-même dit lorsqu’il proclame : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » »

Pour autant, cette fermeté s’accompagne chez Léon XIV d’une douceur qui frappe beaucoup ses interlocuteurs. C’est que, comme il l’a répété, de Paris à Metz, en parlant des bienfaits du christianisme, la charité est la marque de fabrique de l’Église. Saint Paul l’a magnifiquement exaltée dans son hymne à la charité, et Léon XIV en a donné une image inoubliable lors de sa rencontre avec des malades à Lourdes. Soudain, le discours de l’Église sur le respect de la vie prenait une force irrésistible, celle de l’amour vécu en actes.

La source du Sacré-Cœur

La charité, pourtant, n’est pas une simple solidarité horizontale. « L’Église n’est pas une ONG », disait le pape François. On pourrait ainsi traduire autrement la charité par le zèle pour les âmes, par le souci de leur salut, avec pour horizon l’éternité.

Ainsi c’est par le souci pressant de cette charité qu’à Lourdes, Paris et Metz, le Saint-Père n’a eu de cesse de rappeler ses racines chrétiennes à la France, à travers notamment les saints qui ont jalonné son histoire. En appelant à la conversion du cœur et de l’intelligence, Léon XIV n’a fait que révéler aux Français la soif spirituelle qui se trouve au plus profond de chacun, « dans ce sous-sol obscur et si étrangement éclairé parfois, où la source immense de la Vie infinie silencieusement bouillonne »(1).

En soulignant aussi, par de discrètes allusions, où se trouve la source : le Sacré-Cœur de Jésus. Source qui passe forcément par le Cœur immaculé de Marie, à qui Louis XIII avait consacré le royaume de France. « Dénuder la soif, c’est montrer la source », résumait d’un trait Gustave Thibon.