Les interventions de Léon XIV, en ce début de Carême, marquent son souci pastoral de présence auprès de tous ceux que l’Évangile devrait atteindre dans leur vie la plus profonde. Parmi ses conseils, on retient celui qui concerne la façon d’aborder le jeûne : « Demandons la force d’un jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles qui blessent et que grandisse l’espace pour la voie de l’autre. » Un conseil qui rejoint le souci à l’égard de « l’indifférence envers autrui pour mener à la conversion la plus profonde, emplissant nos vies d’amour, de miséricorde et de grâce ». Voilà qui résonne avec une certaine intensité, notamment chez nous alors que le débat politique tend à se durcir à l’extrême, suscitant des tensions dans l’ensemble du corps social.
« Malaise existentiel »
Le Pape a également manifesté sa sollicitude à l’égard des jeunes, notamment lors d’une rencontre avec le clergé de Rome : « Beaucoup d’entre eux vivent sans aucune référence à Dieu et à l’Église. Il s’agit donc de saisir et d’interpréter le profond malaise existentiel qui les habite, leur désarroi, leurs multiples difficultés, ainsi que les phénomènes qui les impliquent dans le monde virtuel et les symptômes d’une agressivité inquiétante, qui débouche parfois sur la violence. » Même si ces paroles se réfèrent au contexte particulier de la capitale de l’Italie, elles n’en revêtent pas moins un caractère plus général qui est en relation directe avec le climat que nous connaissons en ce moment en France. Nous savons à quel point notre jeunesse est en proie aux divisions et que la violence n’est pas étrangère à la partie la plus engagée idéologiquement.
Mais le Pape a aussi souligné, le 18 février, que « de nombreux jeunes, même dans des contextes sécularisés, ressentent plus que par le passé l’appel de ce jour, le Mercredi des Cendres ». Ajoutant qu’ils « saisissent distinctement qu’un mode de vie plus juste est possible et qu’il existe des responsabilités quant à ce qui ne va pas dans l’Église et dans le monde. Il convient donc de commencer là où l’on peut et avec ceux qui sont là. »
Lors de la cérémonie du mercredi des Cendres, dans ma paroisse de banlieue parisienne, l’église était remplie aux deux tiers de jeunes gens, dont la plupart étaient étrangers à toute pratique religieuse. Ce fut l’occasion pour une de leur camarade de les exhorter à venir aux messes du dimanche et aux chemins de Croix du vendredi.
On sait que le phénomène a attiré l’attention des diocèses d’Île-de-France et qu’un synode provincial a été ouvert pour accompagner l’essor du catéchuménat. C’est l’ensemble du peuple chrétien qui devrait se considérer comme mobilisé pour l’accueil de cette population souvent inattendue et qui requiert toute la bienveillance nécessaire.
Cela rejoint l’invitation du Pape qui s’adressait cette fois aux jeunes catholiques de Rome. Il leur a demandé de « vivre véritablement cet esprit d’amitié, de fraternité, de se retrouver ensemble, car nous savons que lorsque nous sommes unis, il n’y a pas de difficultés que nous ne puissions surmonter ».
