La Corédemption, un nouveau joyau à la couronne de Marie  - France Catholique
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Le journal de la semaine

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La Corédemption, un nouveau joyau à la couronne de Marie 

La Vierge Marie peut-elle être couronnée du titre de Corédemptrice ? La question a été débattue tout dernièrement à Rome, avec des interventions des cardinaux Burke et Müller.
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« La Vierge en gloire » (ou « La Glorification de la Vierge »), panneau principal du Triptyque de Moulins, Jean Hey, 1502.

Tous les mystères de Marie peuvent être contemplés comme des joyaux de sa Couronne : « Dans le très saint Rosaire médité, le cinquième et dernier Mystère glorieux contemple le Couronnement au Ciel de la Vierge Marie… Dans sa couronne royale scintillent les quatre dogmes mariaux déjà proclamés par l’Église catholique : Theotokos (Mère de Dieu), Perpétuellement Vierge, Immaculée Conception et glorieusement élevée au Ciel lors de son Assomption » (Marie corédemptrice,
Mère, Médiatrice et Avocate
, Via Romana). Or, si ces dogmes sont des joyaux scintillant dans sa couronne, sa Corédemption en est un autre. Nous pouvons l’admirer dans une œuvre d’art.

La Corédemption en image

Le splendide Triptyque de Moulins de Jean Hey, peint en 1502 pour la cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation, illustre la glorification céleste de Marie comme récompense de sa Corédemption. Nous y contemplons la Vierge et l’Enfant entourés d’anges. Marie est représentée comme la Vierge de l’Apocalypse, siégeant sur son trône de gloire, avec le croissant de lune sous ses pieds, et enveloppée d’une mandorle irisée symbolisant le soleil. La Reine du Ciel est entourée de quatorze anges, dont deux séraphins en haut, aux ailes déployées, qui s’apprêtent à placer une couronne de douze étoiles sur sa tête, et deux anges en bas qui portent un phylactère avec un texte inspiré du Livre de l’Apocalypse (12, 1) : « Voici celle dont les Écritures saintes chantent l’éloge : enveloppée du soleil, ayant la lune sous les pieds, elle a mérité d’être couronnée de douze étoiles. »

Dans ses écrits, saint Jean Eudes décrit la femme de l’Apocalypse qu’on voit dans ce tableau : « Elle paraît dans le ciel… parce que c’est le plus illustre chef-d’œuvre du ciel… Elle est revêtue du soleil éternel de la Divinité, et de toutes les perfections de la divine essence, dont elle est tellement environnée, remplie et pénétrée, qu’elle est toute transformée en la lumière, en la sagesse, en la puissance, en la bonté, en la sainteté de Dieu… La lune est sous ses pieds, pour montrer que le monde est au-dessous d’elle, n’y ayant que Dieu seul par-dessus elle, et qu’elle a une puissance absolue sur toutes les choses créées. Elle est couronnée de douze étoiles, pour représenter […] tous les privilèges et prérogatives que Dieu lui a donnés, dont le moindre surpasse incomparablement tout ce qu’il y a de plus brillant dans le firmament… Mais pourquoi est-ce que le Saint-Esprit lui donne cette qualité : Signum magnum, “un grand miracle” ? C’est […] pour l’exposer aux yeux de tous les habitants du ciel et de la terre, comme un spectacle d’admiration, et pour la rendre l’objet des ravissements des Anges et des hommes » (Le Cœur Admirable de la Très Sacrée Mère de Dieu, livre premier, chapitre I).

Cette gloire de Marie Reine se présente comme le fruit de sa Maternité divine, car elle est représentée non avec son Fils tel qu’il est au Ciel, dans la perfection de l’âge adulte, avec les stigmates de sa Crucifixion, mais tel qu’il était sur terre à son enfantement par la Sainte Vierge. Puis, ce couronnement est aussi représenté, grâce aux paroles peintes, comme le fruit de ses mérites, depuis son fiat à l’Annonciation jusqu’à son fiat à l’immolation de son Fils au Calvaire. L’œuvre lie donc la gloire céleste de Marie Reine et le mystère de sa Maternité corédemptrice.

Un perpétuel sacrifice d’amour

En effet, celle dont la vie et la mort furent un perpétuel sacrifice d’amour pour Dieu et pour nous, celle qui par ses souffrances au pied de la Croix mérita le titre glorieux de Reine des martyrs, après avoir accompli sa mission sur terre, ne peut qu’être honorée par son Fils de la manière la plus parfaite. C’est pourquoi, après avoir été élevée corps et âme au Ciel, elle est couronnée par le Christ comme Reine du Ciel et de la terre, comme le montre ce tableau de Jean Hey. Ce couronnement, cette glorification céleste de Notre-Dame, est le fruit ultime, la récompense céleste de sa Corédemption au Calvaire, et de toute une vie de sacrifice depuis l’Annonciation jusqu’à sa culmination lors du Saint Sacrifice de la Croix.

Que la gloire céleste soit le fruit de sa Corédemption, c’est ce qu’affirme le Magistère, notamment Léon XIII qui dit : « Dans la cité céleste de Dieu, elle sera assise éternellement, la couronne sur la tête, à côté de son Fils, parce que constamment, pendant toute sa vie, plus constamment encore sur le Calvaire, elle aura bu avec lui le calice d’amertume » (Magnæ Dei Matris, 1892). Pie XII affirme également que le Couronnement céleste de Notre-Dame est la digne récompense de sa Corédemption : « Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l’offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d’une manière toute spéciale » (Ad Caeli Reginam, 1954).

Les Splendeurs de Marie corédemptrice,Sous la direction de Karen Darantière, avec la contribution de Mgr Athanasius Schneider,
Éd. Via Romana, 262 pages, mai 2026, 24 €.

Marie corédemptrice, Mère, Médiatrice et Avocate, Guy Barrey, préface de Mgr Athanasius Schneider, Éd. Via Romana, 235 pages, mai 2026, 24 €.